Manque de sommeil durant Ramadan : quelles solutions ne pas envisager ?
Durant le mois du jeûne, la majorité des Tunisiens écourtent leurs heures de sommeil, ne s’adonnant au sommeil qu’à l’aurore ou ayant un sommeil discontinu. Les spécialistes soulignent qu’il est important de ne pas accumuler les dettes de sommeil, car un manque de sommeil peut avoir des effets néfastes sur la santé physique et mentale.

Au cours du mois de jeûne, les rythmes de sommeil sont fréquemment perturbés. Beaucoup se réveillent jusqu’à très tard et ne dorment que quelques heures après le repas du S’hour, ce qui impacte leur horloge biologique de manière significative.
Les carences en sommeil peuvent néanmoins avoir des conséquences sérieuses sur la santé. Pour de nombreux Tunisiens, la journée ne débute réellement que trente minutes après l’Iftar.
Certains se rendent aux mosquées, lisent le Coran, prient durant les tarawih, tandis que d’autres se régalent de sucreries devant la télévision, ou vont au théâtre, participent à des veillées, passent de longues heures au café, assistent à des soirées ou profitent de la nature, d’autant plus que le climat est clément ces jours-ci.
Cependant, peu importe le programme nocturne, la majorité des Tunisiens, par manque de temps, réduisent leurs heures de sommeil.
La majorité des jeûneurs ne s’accordent le sommeil qu’à l’aube, ou bien souffrent d’un sommeil fragmenté. Bien que certains puissent faire la grasse matinée, ceux qui travaillent se contentent généralement de 3 à 4 heures de sommeil nocturne avant de se réveiller à nouveau pour aller travailler.
Une bonne qualité de sommeil est essentielle
Les experts soulignent que le manque de sommeil nuit à la santé. « Il est vrai que la durée de jeûne semble plus longue, amenant les gens à préférer rester éveillés pour profiter pleinement de la nuit où ils peuvent s’hydrater et manger. Pourtant, cela ne doit pas se faire au détriment de la qualité du sommeil et du temps qui lui est consacré », précisent-ils.
Ils ajoutent que si l’organisme ne bénéficie pas du temps de sommeil adéquat, une horloge biologique dérangée pourrait entraîner des dommages physiques et psychiques.
En outre, ils argumentent que « les jeûneurs qui travaillent ont du mal à obtenir le capital sommeil nécessaire ! De plus, se contenter de quelques heures de sommeil nocturne n’est pas une solution durable. Il est essentiel, même en cas de veillées nocturnes, de compenser le manque de sommeil avec deux nuits complètes de repos consécutives, ou au minimum, une bonne sieste.
Dans le cadre d’un mois, il est possible de dormir un peu moins que d’habitude, mais le corps ne pourra pas supporter des nuits où le sommeil est inférieur à six heures pendant plusieurs jours d’affilée.
Accumuler des dettes de sommeil ne doit jamais être envisagé. Sinon, les individus ressentiront une grande fatigue, ce qui pourra affecter leur santé physique et mentale », ajoutent-ils.
Marche et boissons diurétiques
« Immédiatement après l’Iftar, même si l’on est tentés de dormir, il est impératif de ne pas céder à cette envie ! Il est également déconseillé de consommer thé et café après 21 heures, car ce sont des excitants qui nuisent au sommeil, en plus d’être des boissons diurétiques.
Elles peuvent entraîner des réveils nocturnes dus à un besoin pressant d’uriner et peuvent même perturber le sommeil plusieurs fois durant la nuit, le rendant fragmenté et de piètre qualité », soulignent-ils.
« L’adage dit ‘déjeune et dors, dîne et sors’, mais les spécialistes préfèrent reformuler cette maxime : ‘déjeune et sors marcher, dîne et sors marcher’.
Une bonne marche après les repas est idéale, surtout pendant le Ramadan où l’on consomme déjà des plats riches, salés et sucrés ! De retour à la maison, on se sentira détendu et apte à dormir », concluent-ils.

