Meta investit 100 milliards de dollars dans AMD pour concurrencer Nvidia.
Meta a scellé un accord de 100 milliards de dollars avec AMD pour sécuriser des puces IA MI450, s’engageant à acheter ces puces pour alimenter ses centres de données sur les cinq prochaines années. En janvier 2026, Meta a fondé Meta Compute, une entité dédiée exclusivement à la gestion de son infrastructure technologique.
Mark Zuckerberg vient de débloquer un budget colossal, et ce n’est pas pour la création d’un nouveau réseau social. Meta a conclu un accord de 100 milliards de dollars avec AMD. L’objectif est de sécuriser des puces IA MI450 tout en devenant l’un des principaux actionnaires de l’entreprise.
L’accord, révélé par le Wall Street Journal, est ahurissant : 100 milliards de dollars. Pour donner une idée, cela dépasse le chiffre d’affaires annuel de nombreuses entreprises du CAC 40. Meta s’engage à acquérir des puces de la série MI450 d’AMD pour alimenter ses centres de données sur cinq ans.
Meta vise une capacité de calcul de 6 gigawatts. La société prévoit de consommer le premier gigawatt dès cette année. Un chiffre colossal, qui explique pourquoi le groupe multiplie les contrats dans le secteur de l’énergie nucléaire aux États-Unis.
Examinons à présent les conditions de cet accord. Il ne s’agit pas simplement d’une transaction commerciale. AMD a accepté d’octroyer à Meta des bons de souscription pour acquérir jusqu’à 160 millions d’actions au prix symbolique de 0,01 dollar par action. Autrement dit, si Meta achète suffisamment de puces et que le cours de l’action d’AMD augmente, Zuckerberg pourrait détenir 10 % du capital de l’entreprise.
Cette démarche s’apparente à une stratégie de verrouillage réciproque. Lisa Su, la PDG d’AMD, souligne que l’objectif est de fidéliser Meta pour qu’il ne se tourne pas vers d’autres concurrents, notamment Nvidia. « Je tiens à m’assurer que nous soyons toujours un partenaire fiable », a-t-elle déclaré. En effet, AMD a besoin de cette quantité garantie pour financer sa recherche et développement et rester compétitif face à Nvidia.
Ce montage financier suscite des critiques chez les concurrents. Nvidia a dénoncé ce qu’il appelle du « financement circulaire ». Le principe : Meta investit de l’argent chez AMD pour acheter des puces, et AMD renvoie une partie de sa valeur sous forme d’actions. Cette manœuvre est perçue comme une inflation artificielle des carnets de commandes et de la valorisation boursière. Quoi qu’il en soit, les investisseurs semblent indifférents tant que les puces sont livrées.
Cet accord s’inscrit dans une restructuration majeure de l’empire de Mark Zuckerberg. En janvier 2026, la société a créé Meta Compute, une entité spécifiquement dédiée à la gestion de cette infrastructure massive. On ne parle plus seulement de réseaux sociaux, mais d’une entreprise d’infrastructure capable de gérer sa propre énergie et son matériel.
Le choix des puces MI450 d’AMD n’est pas anodin. Celles-ci constituent l’élément central que Lisa Su oppose aux architectures Blackwell et Rubin de Nvidia. En garantissant un accès prioritaire à ces composants, Meta parvient à éviter les pénuries qui ont touché le secteur par le passé. Avec des contrats pour obtenir jusqu’à 6,6 gigawatts d’énergie nucléaire d’ici 2035, le groupe se constitue une véritable forteresse technologique que peu de concurrents peuvent contester.
Face à géants comme Google et Microsoft, Meta devient une entreprise intégrée verticalement, contrôlant tout, de ses modèles d’IA aux composants qui alimentent ses processeurs. Cet accord avec AMD représente la pièce maîtresse d’un puzzle qui va bien au-delà de Facebook ou Instagram.

