France

Pluies et inondations : un printemps et été ensoleillés ? Pas sûr…

Entre le 14 janvier et le 17 février, Météo-France a enregistré 35 jours de pluie consécutifs, qui ont entraîné des inondations et crues exceptionnelles dans l’ouest de la France notamment. Le mois de février a été le plus arrosé depuis le début des mesures à l’échelle de la France, et il a succédé à un mois de janvier qui a également connu des records de pluviométrie.


Entre le 14 janvier et le 17 février, Météo-France a enregistré 35 jours de pluie consécutifs, entraînant des inondations et crues exceptionnelles, en particulier dans l’ouest de la France. Bien que les parapluies soient encore nécessaires ici et là, ce début de semaine semble plus clément.

Cette amélioration n’a pas échappé à certains, qui sur les réseaux sociaux ou à la machine à café ce lundi matin, ont affirmé que le ciel s’était « enfin vidé » et qu’un tel déluge présageait un printemps radieux et un été sans nuages. Une idée reçue que le quotidien 20 Minutes a cherché à vérifier.

Aucun rapport entre les saisons

« Oui, nous avons eu affaire à une période exceptionnelle, confirme François Jobard, prévisionniste chez Météo-France. Le mois de février a été le plus arrosé depuis le début des mesures à l’échelle de la France, et il a succédé à un mois de janvier qui a également connu des records de pluviométrie. »

Le ciel est-il donc vide pour de bon ? Hélas non. « Une forte période de pluie en hiver ne permet pas d’affirmer que le printemps et l’été seront plus secs. Ça n’a, en fait, aucun rapport », précise le météorologue, tout en apportant une note rassurante : « Pour cette semaine et le début du mois de mars, nous n’avons a priori pas de gros signaux d’une reprise de la pluie. »

François Jobard est clair : « On ne peut pas définir la tendance d’une saison par rapport à une autre. » Les prédictions de ce type ne sont que des spéculations : « Beaucoup ont essayé de prévoir la météo à long terme grâce à des modèles statistiques poussés, mais ça n’a jamais fonctionné. »

Des prévisions possibles seulement à court terme

Une certitude demeure : le réchauffement climatique change la donne. « C’est la dynamique atmosphérique qui pilote au premier ordre les intempéries : le réchauffement climatique perturbe cette dynamique et aggrave les intempéries », explique le prévisionniste.

Pour simplifier, la chaleur engendre l’évaporation de l’eau dans une zone, et cette vapeur est transportée par des « rivières atmosphériques ». « Ces derniers jours, nous avons récupéré l’humidité atmosphérique en provenance des Caraïbes, exploitée par des perturbations très actives, provoquant ainsi un cumul de pluie conséquent », décrypte François Jobard. Il mentionne aussi les inondations dramatiques au Portugal et dans le sud de l’Espagne : « Quelques jours avant, on battait des records de chaleur dans les Caraïbes. Tout est lié. »

« Les dépressions hivernales sont plus “douces” et donc plus chargées en eau aussi », ajoute François Jobard, avant de préciser : « quand il pleut, il pleut plus. »

Pour plus d’informations, Météo-France publiera début mars les tendances attendues pour les semaines à venir.