Mort de Quentin Deranque : Hollande dénonce la « double faute » de Mélenchon.
L’ancien président socialiste François Hollande a critiqué Jean-Luc Mélenchon sur RTL pour son manque de responsabilité politique suite à la mort de Quentin Deranque, survenue le 14 février. Une enquête est en cours et sept personnes, dont deux assistants de Mélenchon, ont été mises en examen pour homicide volontaire et complicité.
« C’est une faute, une double faute ». Lundi, l’ancien président socialiste François Hollande a critiqué le chef de La France insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon, à propos des conséquences politiques de la mort du militant identitaire Quentin Deranque. « Plutôt que de reconnaître qu’il a manqué de clairvoyance en soutenant la Jeune Garde, plutôt que de condamner le fait qu’un député de son groupe ait des collaborateurs impliqués dans une rixe ayant entraîné la mort d’un jeune, plutôt que de faire amende honorable pour tenter de retrouver une forme de responsabilité politique qui lui permette de solliciter le suffrage universel », a déclaré le socialiste sur RTL, « il se met dans une position, si je puis dire, de tortue : on se carapace (sic) pour essayer de tenir bon ».
Jean-Luc Mélenchon, ancien socialiste et adversaire historique du député de Corrèze, « le paiera forcément » dans les urnes, a-t-il prédit. Pour la présidentielle de 2027, « il ne peut plus […] espérer être le candidat qui pourrait représenter ce qu’il considérait comme la gauche au second tour », contrairement à « ses démarches en 2017 et en 2022 ».
« Ça ne peut plus être lui, c’est terminé », a jugé François Hollande, évoquant « une forme de marginalité politique » dans laquelle, selon lui, le leader de La France insoumise se « complaît » et « restera ». Il a dénoncé la « responsabilité morale et politique » de Jean-Luc Mélenchon, notamment dans cette affaire.
Une enquête en cours
Quentin Deranque, 23 ans, est décédé le 14 février, deux jours après avoir été agressé au sol par des militants d’ultragauche à Lyon. Les Insoumis ont été accusés par leurs adversaires d’avoir un lien indirect avec cette agression mortelle, accusation qu’ils rejettent fermement. Sept personnes ont été mises en examen pour homicide volontaire et complicité, dont deux assistants du député LFI et fondateur du groupe antifasciste dissous, la Jeune Garde, Raphaël Arnault.
Rappelant que LFI n’avait « aucun rapport avec la mort de ce jeune identitaire », le député insoumis Éric Coquerel a déclaré sur TF1 que « ce qui se passe politiquement vise à affaiblir, voire éliminer […] la principale formation de gauche du pays ». Il a réaffirmé que Raphaël Arnault ne devait pas démissionner de son siège de député. « C’est quelqu’un de menacé, c’est quelqu’un déjà quasiment condamné à l’avance alors qu’il y a une enquête », a-t-il insisté.

