Tensions au Moyen-Orient : l’Iran promet une riposte « avec force » à toute frappe américaine, « même limitée »
L’Iran a averti ce lundi que toute attaque américaine, y compris une « frappe limitée », le pousserait à répondre « avec force ». Les deux pays ont tenu le 17 février en Suisse une deuxième session de pourparlers indirects via une médiation omanaise.
L’Iran se déclare prêt à répondre à toute agression. Ce lundi, la république islamique a averti qu’une attaque américaine, y compris une « frappe limitée », provoquerait une réponse « avec force ». Le président américain a mentionné cette option si les négociations avec Téhéran échouaient.
Donald Trump a également ordonné un déploiement naval et aérien important au Moyen-Orient, et Téhéran affirme qu’il est prêt à réagir à toute intervention militaire des États-Unis. « En ce qui concerne l’éventualité d’une frappe limitée, il n’y a pas de frappe limitée », a déclaré lors d’une conférence de presse le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, en présence de l’AFP. « Un acte d’agression sera considéré comme un acte d’agression. » Cette déclaration faisait suite aux propos de Donald Trump qui, vendredi dernier, a déclaré « envisager » une frappe limitée contre l’Iran si ce dernier ne parvenait pas rapidement à un accord nucléaire avec les États-Unis.
### « Droit à la légitime défense »
« Tout État réagirait avec force à un acte d’agression en vertu de son droit inhérent à la légitime défense, et c’est donc ce que nous ferions », a souligné Esmaïl Baghaï. Donald Trump s’interroge aussi sur les raisons pour lesquelles l’Iran ne se serait pas déjà « rendu » face à ce déploiement militaire massif, a rapporté Steve Witkoff dans une interview à la chaîne Fox News, réalisée jeudi et diffusée samedi. Esmaïl Baghaï a rétorqué ce lundi que les Iraniens avaient toujours refusé de se rendre au cours de leur histoire.
Les deux pays ont tenu, le 17 février en Suisse, la deuxième session de pourparlers indirects, avec la médiation d’Oman, dans un contexte de tensions croissantes où Washington a déployé deux porte-avions. De nouveaux pourparlers, confirmés par l’Iran et Oman, mais pas encore par les États-Unis, sont prévus jeudi. Pour l’Iran, les pourparlers sont menés par le chef de la diplomatie, Abbas Araghchi, tandis que les États-Unis sont représentés par l’émissaire Steve Witkoff et Jared Kushner, le gendre du président américain.
### Nouvelles tensions après des manifestations anti-gouvernement en Iran
Le président américain avait indiqué jeudi qu’il se donnerait un délai de « dix » à « quinze jours » pour décider ou non d’utiliser la force contre Téhéran. Malgré cet avertissement, le chef de la diplomatie iranienne a déclaré dimanche qu’il existait « de bonnes chances d’arriver à une solution diplomatique sur un mode gagnant-gagnant ».
Les pays occidentaux craignent que Téhéran ne développe l’arme atomique, alors que l’Iran soutient qu’il vise uniquement à développer son programme nucléaire civil. Ces tensions entre Washington et Téhéran ont surgi à la suite de la répression d’un vaste mouvement de contestation en Iran. Donald Trump avait alors promis de « venir en aide » au peuple iranien.

