Jean-Baptiste Kempf menace de quitter la France et tacle Darmanin.
Jean-Baptiste Kempf, l’un des fondateurs de VideoLAN, menace de quitter la France en raison du manque de considération pour le travail effectué sur VLC. Selon lui, le ministre de la Justice Gérald Darmanin ne prend pas en compte le numérique et le droit du numérique dans le cadre judiciaire.

Il est rare de souligner que VideoLAN est un groupe français qui a une influence considérable sur la scène technologique mondiale. VLC est reconnu à l’international et ses technologies sont intégrées dans de nombreux projets et produits.
Le logiciel de décodage AV1 le plus rapide du monde, dav1d, est développé par VideoLAN. Il est utilisé sur des centaines de millions d’appareils, notamment sous Windows 11 et Android.
Ce travail a valu à son fondateur, Jean-Baptiste Kempf, de recevoir l’ordre national du Mérite, entre autres distinctions. Néanmoins, il a récemment exprimé son mécontentement en déclarant : « J’envisage de quitter la France, et c’est intégralement la faute de M. Gérald Darmanin ».
« VideoLAN a dû se battre contre la CIA »
Jean-Baptiste Kempf parle ici au nom de son épouse, Audrey Prévost, qui « décidé de passer le concours de l’École nationale de la Magistrature pour devenir juge ».
Pour ce faire, elle s’engage dans un concours professionnel nécessitant « une activité professionnelle particulièrement qualifiante pour exercer la profession de juge ». Déjà titulaire d’un mastère en droit, elle mise sur son expérience chez VideoLAN. La charge de travail est considérable : « je reçois des attaques juridiques contre VLC depuis vingt ans, environ trois fois par mois ».
Nous avons subi des attaques de centaines d’avocats pour violation de brevets, de droits d’auteur, ainsi que d’autres accusations parfois peu fondées. VideoLAN a été contraint d’attaquer le gouvernement indien, de se battre contre la CIA, de faire des saisines de l’État français, notamment HADOPI, de gérer des contrats internationaux complexes avec les grandes entreprises de la technologie, de déposer des marques et de les défendre, de recevoir des réquisitions d’Interpol, et de témoigner devant les cours américaines…
Nous sommes en présence de questions relatives au droit des contrats, du travail, à la consommation, au droit d’auteur, aux brevets, aux marques, à l’interopérabilité, ainsi qu’au droit pénal et aux saisines administratives… Le juridique dans VideoLAN est plus compliqué et complexe que dans la plupart des entreprises que je connais, avec un champ d’application beaucoup plus large. Et devinez qui m’a aidé avec tout cela pendant dix ans ? Audrey, bien sûr. Personnellement, je n’ai aucune formation scolaire en droit.
Cependant, la candidature d’Audrey a été rejetée : « au motif d’une prétendue insuffisance d’activité juridique qualifiante ». Le couple décide alors d’introduire des recours, jusqu’au ministère.
VLC ne serait pas considéré comme professionnel
En réalité, le travail effectué avec VideoLAN ne serait pas reconnu car il serait considéré comme bénévole. Selon Jean-Baptiste Kempf, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, minimiserait le domaine numérique en général : « le numérique […] et le droit du numérique ne sont pas utiles au magistrat de l’ordre judiciaire ».
Des propos qui semblent en contradiction avec les déclarations publiques du Garde des Sceaux. Ce dernier avait en effet confié en 2024 à un groupe de travail la mission de « développer l’IA et ces technologies dans la Justice française ».
Aujourd’hui, Jean-Baptiste Kempf se dit exaspéré par cette situation : « J’envisage de m’expatrier de France, à cause de M. Gérald Darmanin ».

