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Municipales 2026 : Un mois avant le premier tour, les imprimeurs font « un pic de production »

A un mois du premier tour des élections municipales, les professionnels de l’impression doivent livrer tous les documents électoraux au plus tard le 27 février. La Contemporaine n’accepte plus les sollicitations « au risque de ne pas respecter les délais ».


À un mois du premier tour des élections municipales, les imprimeurs sont en pleine effervescence. Profession de foi, circulaires, bulletins de vote… Les spécialistes de l’impression doivent livrer tous les documents électoraux au plus tard le 27 février, une véritable course contre la montre qui a débuté il y a environ quinze jours.

Alexandre Raud, dirigeant de l’imprimerie La Contemporaine à Sainte-Luce-sur-Loire (Loire-Atlantique), a anticipé ce « pic de production » en prévision du 15 mars. Cette augmentation de la demande nécessite des modifications des horaires de travail pour ses employés et un approvisionnement en papier éco-certifié conforme au code électoral.

Cependant, il n’y a pas matière à s’affoler. Les salariés sont habitués à ce rythme, comme à chaque élection locale. « Nous étions déjà dans ce cas de figure lors des dernières législatives », rappelle le patron. Tandis que les candidats des « grandes villes » ont passé leurs commandes « il y a au moins six mois », ceux qui éprouvent des difficultés à finaliser leur liste s’y prennent « un peu à la dernière minute », plaisante l’imprimeur. Actuellement, La Contemporaine n’accepte plus de nouvelles commandes « au risque de ne pas respecter les délais ».

### Secret professionnel

Bien qu’il soit très probable que les têtes de liste nantaises aient passé commande à cette imprimerie, pas question de dévoiler des noms. « Nous avons validé des impressions de plusieurs candidats de l’agglomération, cela va des petites communes aux plus grandes », confie Alexandre Raud. Rien ne l’empêche officiellement de divulguer les noms, mais « nous ne faisons pas de politique », insiste-t-il.

Pas de politique ? La Contemporaine admet avoir déjà décliné certaines commandes pour des raisons de valeurs divergentes. « C’est notre droit de refuser des listes, cela nous est déjà arrivé. Parfois, nous ne sommes pas d’accord avec les idées d’un candidat, donc nous bottons en touche », glisse le directeur.

En période électorale, les employés de l’imprimerie font preuve de discrétion, surtout lorsque les commandes concernent des candidats opposés d’une même commune. « Le terme de norme de confidentialité peut sembler un peu exagéré, disons qu’il en va du professionnalisme et de l’éthique de l’imprimeur », explique Alexandre Raud. Il ajoute : « Quand on travaille pour deux listes concurrentes, nous veillons à ne pas communiquer les données de l’une à l’autre ».

### Essor du marché en ligne

Depuis plusieurs semaines, des sites d’impression en ligne tels qu’Exaprint ou Print O Clock proposent également des rubriques « élections » ou « municipales 2026 », facilitant l’impression de programmes, affiches et autres supports de communication. « Nos candidats viennent d’un peu partout en France », explique une employée d’Exaprint, dont les demandes ont explosé depuis un mois et demi.

Sur Internet, les normes restent strictes : « Les circulaires et les bulletins sont imprimés sur un papier de 70 grammes, conforme au code des marchés publics », assure cette dernière. « Pour les municipales, nous faisons le maximum pour respecter les délais ; le temps de livraison dépend généralement de la quantité de supports souhaitée mais ne dépasse pas quatre jours », ajoute-t-elle.

Si tous les imprimeurs semblent donner la priorité aux commandes électorales, le respect du calendrier sera moins aisé entre les deux tours. Néanmoins, « nous recevons les directives des candidats le lundi, et tout doit être livré le mercredi matin », confie Alexandre Raud. Pour ce qui est des vacances, ce sera après le 22 mars.