Guerre en Ukraine : Paris juge Poutine, Hongrie freine sanctions européennes
Le ministre hongrois des Affaires étrangères, Peter Szijjarto, a annoncé ce dimanche qu’il allait bloquer l’adoption du 20e paquet européen de sanctions contre la Russie. Ce dimanche, 50 missiles et 297 drones russes ont visé l’Ukraine, touchant des installations énergétiques et ferroviaires, avec respectivement 33 et 274 missiles et drones abattus par l’armée de l’air ukrainienne.

Vous n’avez pas suivi les derniers événements concernant la guerre en Ukraine ? 20 Minutes fait le point tous les soirs. Voici l’essentiel de ce dimanche 22 février, au 1.459e jour du conflit.
Le fait du jour
Le ministre hongrois des Affaires étrangères a annoncé ce dimanche qu’il allait s’opposer à l’adoption du 20e paquet de sanctions de l’Union européenne contre la Russie, en raison de l’interruption des livraisons de pétrole russe via l’oléoduc Droujba.
« Demain, il est prévu que le Conseil des ministres des Affaires étrangères adopte le 20e paquet de sanctions. Nous nous opposerons à cette décision », a déclaré Peter Szijjarto sur Facebook. « Tant que les Ukrainiens ne permettront pas les livraisons de pétrole à la Hongrie, nous n’autoriserons pas l’adoption de décisions importantes pour eux », a-t-il ajouté.
Selon l’Ukraine, l’oléoduc Droujba, qui passe par son territoire avant d’acheminer du pétrole russe vers la Slovaquie et la Hongrie, a été endommagé le 27 janvier par des frappes russes à Brody.
L’Union européenne (UE) a proposé début février de nouvelles sanctions contre la Russie, visant les secteurs bancaire et énergétique. Ce nouveau paquet serait le 20e depuis l’invasion russe de l’Ukraine le 24 février 2022. De nouvelles interdictions d’exportation et d’importation vers la Russie sont également à l’étude.
Le chiffre du jour
50. C’est le nombre de missiles, ainsi que des centaines de drones russes, qui ont ciblé l’Ukraine ce dimanche, touchant des installations énergétiques et ferroviaires dans plusieurs régions et provoquant des explosions à Kiev, à deux jours du quatrième anniversaire de l’invasion.
Le pays a été frappé dans la nuit par 50 missiles et 297 drones, dont respectivement 33 et 274 ont été interceptés, selon l’armée de l’air ukrainienne. « Les cibles russes comprenaient non seulement des installations énergétiques mais aussi des infrastructures logistiques, en particulier ferroviaires et municipales d’approvisionnement en eau », a précisé le président ukrainien Volodymyr Zelensky.
Cette attaque a causé la mort d’au moins une personne dans la région de Kiev. Les habitants de la capitale et de cinq autres régions du sud et du centre-est de l’Ukraine font face à des coupures de courant, d’après le ministère de l’Énergie, qui a exhorté la population à utiliser l’électricité disponible « avec parcimonie ».
La déclaration du jour
« Un échec cuisant et humiliant »
« L’armée ukrainienne vient d’accomplir un acte de bravoure et de courage en libérant 300 kilomètres carrés. Il faut reconnaître qu’après quatre ans [de guerre en Ukraine], le bilan de Vladimir Poutine est un échec cuisant et humiliant », a déclaré Jean-Noël Barrot, invité de l’émission dominicale conjointe de France Inter/France Info/Le Monde.
Dans un entretien avec l’AFP vendredi, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a affirmé que ses troupes avaient repris aux Russes 300 kilomètres carrés lors de contre-attaques en cours dans le Sud.
« La Russie a subi plus d’un million de pertes humaines dans cette guerre, ce qui est supérieur aux pertes soviétiques et russes depuis 1945 », a souligné Jean-Noël Barrot. « Et aujourd’hui, ce sont 1.000 soldats russes qui sont tués (quotidiennement) sur le front pour des gains qui sont microscopiques », a-t-il ajouté.
Il a également mis en lumière les difficultés économiques de la Russie : « la Russie va entrer en récession, les finances russes sont épuisées, l’essence est rationnée dans de nombreuses régions russes et maintenant ce sont les télécommunications, les communications et les applications qui sont bloquées ».
La tendance
La paix en Ukraine « ne peut être repoussée » et est « une nécessité urgente », a affirmé ce dimanche le pape Léon XIV, à deux jours du quatrième anniversaire de l’invasion russe. « C’est une nécessité urgente qui doit se faire entendre dans les cœurs et se traduire par des décisions responsables », a ajouté le pape depuis le balcon du palais du Vatican.
« Je renouvelle fermement mon appel : que les armes se taisent, que les bombardements cessent, qu’un cessez-le-feu soit conclu sans délai et que le dialogue soit renforcé pour ouvrir la voie à la paix », a poursuivi le pape américain.
Mardi, jour où le conflit entrera dans sa cinquième année, le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique Keir Starmer coprésideront une réunion par visioconférence de la « coalition des volontaires » en soutien à l’Ukraine.

