L’Iran défend son droit à se défendre contre les Etats-Unis.
L’Iran a estimé ce dimanche qu’il existait de « bonnes chances » de parvenir à un accord avec les Etats-Unis, avec de possibles nouveaux pourparlers jeudi à Genève. Les précédentes discussions entre les deux pays, indirectes, avaient été stoppées net en juin 2025 par la guerre déclenchée par Israël contre l’Iran et appuyée par les Etats-Unis.
L’Iran, tout en affirmant son « droit à se défendre » en cas d’attaque américaine, a déclaré ce dimanche qu’il existait de « bonnes chances » de conclure un accord avec les États-Unis, des négociations étant envisagées jeudi à Genève.
Les deux nations adverses ont mené depuis début février deux sessions de dialogue sous l’égide d’Oman dans le but de résoudre leurs différends, notamment en ce qui concerne le programme nucléaire iranien, source de tensions persistantes.
Pour parvenir à un accord, le président Donald Trump menace d’intervenir militairement et a déployé dans la région deux porte-avions ainsi qu’une dizaine de navires de guerre.
« Je crois qu’il existe encore de bonnes chances de parvenir à une solution diplomatique sur un mode gagnant-gagnant », a déclaré ce dimanche le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi. « Nous poursuivons nos négociations en travaillant sur les éléments d’un accord et sur un premier projet de texte », a-t-il ajouté sur la chaîne américaine CBS, en prévision d’une rencontre avec les négociateurs américains, « probablement jeudi à Genève ».
Cependant, l’Iran a « le droit de se défendre », a-t-il poursuivi : face à un « acte d’agression », toute réponse est, selon lui, « justifiée et légitime ». « Nos missiles ne peuvent pas atteindre le sol américain. Nous devons donc trouver une autre solution […] et frapper la base américaine dans la région », a répété Abbas Araghchi, sans préciser laquelle.
Par le passé, des responsables iraniens ont également menacé de bloquer le détroit d’Ormuz, un passage stratégique pour le commerce mondial de pétrole.
Les précédentes discussions entre les deux pays, indirectes, avaient été interrompues brutalement en juin 2025 par la guerre déclenchée par Israël contre l’Iran, soutenue par les États-Unis, durant laquelle des installations nucléaires iraniennes avaient été ciblées.
En quête d’un assouplissement des sanctions internationales qui étouffent son économie, l’Iran a affirmé vendredi vouloir un accord « rapide », suite à un ultimatum lancé par Donald Trump.
Selon le média Axios, citant un responsable américain anonyme, les États-Unis, dirigés par l’émissaire spécial Steve Witkoff et le gendre de Donald Trump, Jared Kushner, sont ouverts à de nouveaux pourparlers « s’ils reçoivent une proposition iranienne détaillée dans les 48 heures à venir ».
Abbas Araghchi, qui représente la délégation iranienne dans les négociations, a déclaré vendredi qu’un projet de texte serait prêt « d’ici deux ou trois jours » et qu’il serait ensuite présenté aux États-Unis, Donald Trump ayant de son côté fixé un délai de 10 à 15 jours pour prendre une décision.
Alors que le président américain réclame un « zéro enrichissement » d’uranium sur le sol iranien – un point central des divergences – Washington envisage selon Axios de permettre « un enrichissement symbolique et limité », qui ne lui donnerait pas la capacité de développer une arme nucléaire.
« En tant que pays souverain, nous avons pleinement le droit de décider par nous-mêmes », a déclaré le ministre Araghchi ce dimanche. « Nous avons développé cette technologie nous-mêmes, grâce à nos scientifiques, et elle nous est chère ».
Les pays occidentaux craignent que l’Iran ne se dote de l’arme atomique, tandis que Téhéran plaide pour la promotion de l’énergie nucléaire civile.
Ces nouvelles tensions entre Washington et Téhéran se sont accentuées après la répression d’un important mouvement de contestation en Iran. Donald Trump avait exprimé son souhait d’intervenir militairement en soutien aux manifestants avant de promouvoir un règlement diplomatique des différends.
Pour la première fois depuis la répression de janvier, des slogans appelant à la mort du guide suprême iranien, Ali Khamenei, ont de nouveau été entendus cette semaine dans plusieurs villes d’Iran. Ce dimanche, des étudiants pro et anti-gouvernement se sont affrontés pour la deuxième journée consécutive lors de rassemblements en hommage aux manifestants tués. La veille, des échauffourées ont eu lieu entre les deux camps, selon des médias iraniens.

