L’USFP n’a pas besoin de certificat de vie, faut-il rappeler ?
L’Union socialiste des forces populaires (USFP) a été la cible de tentatives d’assassinats et d’exclusion en raison de sa légitimité nationale et militante, ainsi que de son attachement à la souveraineté démocratique et populaire. Feu Abdelouahed Radi a mis en garde contre toute tentation de suicide collectif au sein du parti, soulignant l’urgence d’éviter une marche vers le précipice.

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Doit-on rappeler une fois de plus que l’Union socialiste des forces populaires (USFP), en tant que véritable formation porteuse d’une mission historique, n’a pas besoin d’un certificat pour justifier son existence ? Naissant du mouvement national et animée par un engagement militant, elle demeure fidèle à sa vocation originelle. Depuis ses débuts au sein de la dynamique de libération nationale, d’indépendance et de lutte pour la démocratie et les droits humains, l’USFP a tracé un long parcours pour revendiquer une existence digne et éclatante, sans jamais solliciter reconnaissance ou gratitude. Au fil du temps, elle a affronté de redoutables adversaires et résisté à des tentatives d’élimination, telles que des assassinats, des exécutions, des exils, des dispersions, des guerres idéologiques, de la désinformation et des anathèmes. À de nombreuses reprises, des ennemis ont tenté de décréter sa fin, mais ils ont échoué, car son enracinement populaire, national et social a toujours garanti sa pérennité. Toutes les armes ont été utilisées contre elle, pourtant elle est restée debout, résistant aux tempêtes et aux complots d’exclusion. L’USFP fait partie des rares mouvements politiques du tiers-monde ayant connu une direction et une base soumises à une répression violente. L’USFP a estimé que la lutte qui définit son existence exigeait de lui une résistance. De plus, la conscience de cette épreuve a forgé son identité : sa lutte pour exister est indissociable de l’expérience de la répression. C’est également au regard des tentatives d’éradication qu’il discerne ses alliés de ses ennemis, les justes des rancuniers. Cependant, l’USFP n’a pas été épargnée par des tensions internes. À plusieurs reprises, ses dirigeants ont été soumis à des surenchères et à des critiques souvent douloureuses. Cela a été le cas pour feu Abderrahim Bouabid, qui a été la cible d’attaques ignobles, tout comme Abderrahmane Youssoufi, qui a été abandonné par plusieurs militants et s’est retrouvé seul face à des résistances au changement, ainsi que pour Abdelouahed Radi et Mohamed Elyazghi. Cela perdure encore aujourd’hui sous différentes formes. Les modalités ont varié, mais la constante demeure la mise en doute de sa légitimité militante, les accusations de compromission, d’abandon de ses tâches historiques ou l’annonce répétée de sa disparition imminente. Parfois, les chocs internes ont coïncidé avec des stratégies extérieures d’affaiblissement, provoquant trouble et suspicion. Cependant, ces épreuves ont paradoxalement renforcé sa cohésion. Comme l’a rappelé le Premier secrétaire Driss Lachguar, les scissions qui ont affecté le parti ont contribué à son affaiblissement, pour des raisons politiques, organisationnelles ou idéologiques, parfois liées à des ambitions électorales ou à des rivalités internes. Ces réalités sont incontestables et nul militant lucide ne peut les ignorer, mais elles ne sauraient justifier une proclamation de mort collective. La mémoire nationale, celle des organisations de défense des droits humains et l’histoire officielle du pays conservent le souvenir de ce parcours difficile et douloureux. Mais pourquoi, alors, l’USFP a-t-il souvent été la cible d’assassinats symboliques et de tentatives d’exclusion ? Tout d’abord, pour sa légitimité nationale, ensuite pour sa légitimité militante, et enfin pour son attachement à la souveraineté démocratique et populaire. Ce ciblage est également dû à sa capacité à poser les vraies questions utiles au pays, à son identité réformatrice et à son attachement à son indépendance décisionnelle. Son ancrage dans le temps, célébré lors du cinquantième anniversaire de son Congrès extraordinaire qui a marqué une nouvelle étape dans son histoire, sa présence sur l’ensemble du territoire et dans toutes les catégories sociales, son rayonnement dans les milieux socioprofessionnels ainsi que sa position unique dans les instances progressistes internationales (l’Internationale socialiste, l’Alliance progressiste, COPPPAL, l’Alliance démocratique arabe, l’IUSY, l’Internationale socialiste des femmes, le Comité socialiste africain) témoignent de sa vitalité. Toutefois, l’élément essentiel réside dans sa capacité à renouveler son souffle réformateur à chaque moment national crucial : défense de l’État social, amélioration de l’arsenal constitutionnel et politique, mobilisation des intellectuels et des experts pour construire un Maroc nouveau, refus de la routine organisationnelle qui épuise les énergies et ignore les nouvelles réalités sociales d’un pays en pleine mutation. Voilà les critères d’une évaluation objective des partis politiques. Certes, l’action politique nationale présente ses fragilités, ses impasses et ses dérives. L’USFP n’est pas isolé à cet égard et évolue dans un environnement marqué par l’argent, le populisme et des pratiques électorales dévoyées, dont il a souvent été l’une des principales victimes. Face aux attaques dont l’USFP est la cible à l’aube de délais internes et électoraux cruciaux (mise en œuvre des recommandations et décisions du Congrès), il est légitime pour ses militantes et militants de défendre leur existence et de se questionner sur le timing de ces attaques qui visent clairement à créer des écrans de fumée pour détourner l’attention des militants des véritables problématiques qui nécessitent tous leurs efforts intellectuels et physiques. Feu Abdelouahed Radi, qui a accompagné tous les dirigeants de l’USFP et y est demeuré fidèle jusqu’à ses derniers instants il y a deux ans, mettait en garde contre toute tentation de suicide collectif et contre le désir profond de sombrer ensemble dans l’abîme. Témoin privilégié de ces épreuves, il a soutenu ses successeurs tout en insistant sur l’urgence d’endiguer cette marche quasi volontaire vers le précipice et les appels qui la légitiment. Aujourd’hui encore, les militantes et militants n’ont rien perdu de leur ardeur ni de leur énergie. Ils poursuivent le combat dans un contexte peu favorable à l’engagement civique et politique, sans se laisser intimider par les succès des forces hostiles au progrès et à la démocratie. Fidèles à l’héritage de leurs dirigeants, de leurs martyrs et de générations d’engagés sincères, ils poursuivent la mission historique qui leur incombe. Inébranlables et déterminés à mettre en œuvre les décisions du Congrès et à poursuivre la réforme ! Et que chacun le sache : l’USFP n’a pas besoin de certificat de vie, car c’est bien elle qui en délivre !
