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France – Italie : « Un jeu moins flamboyant », les Bleus restent invincibles

La France a battu l’Italie avec un score de 33-8, réussissant à s’imposer avec un point de bonus offensif grâce à cinq essais marqués. Malgré une avance de 19-0 au bout d’une demi-heure, les Bleus n’ont pas réussi à mettre en place un jeu flamboyant similaire à celui des précédents matchs, en partie à cause du forfait de Matthieu Jalibert.

Il en faut peu pour nous enthousiasmer. Un ballon pour Antoine Dupont, un coup de pied à suivre, la rapidité de Louis Bielle-Biarrey, qui transforme une Peugeot 103 en simple draisienne pour marquer le premier essai dès la 4e minute de jeu… Le ton est donné : l’enfant s’exclame de joie, les Anglais préfèrent changer de chaîne pour revoir un passage de M. Bean, et la France s’attend à une autre démonstration de rugby.

Cependant, cette démonstration n’a pas eu lieu dimanche à Lille contre l’Italie. Comme l’a annoncé Fabien Galthié toute la semaine, nos voisins italiens ont été de véritables contrarieurs. Et même plus que cela. Ce n’est pas tant au niveau du score (33-8), les Bleus s’imposant avec un bonus offensif grâce à cinq essais, mais les coéquipiers de l’infortuné Ange Capuozzo, blessé, ont été très résistants.

En première mi-temps, les Italiens ont réalisé ce qu’on attendait des Français : imposer le rythme, contrôler le terrain, faire en sorte que la paire de centres déchire la défense adverse. Heureusement pour les Bleus, les joueurs de Gonzalo Quesada ont été trop désordonnés, maladroits (voire mauvais en touche), malchanceux et sanctionnés à la moindre occasion. Cela a débuté par le premier essai de Bielle-Biarrey suite à une mauvaise réception d’un ballon haut et s’est terminé par un essai de Ramos après un coup de pied raté de LBB qui a profité à Gailleton.

Les Bleus sanctionnés en mêlée et dans le jeu au sol

« Ça vient trop de nos erreurs, on savait que la France se nourrissait énormément de ces petits turnovers », a déploré le sélectionneur de l’Italie. « Ce ne sont pas des situations en général construites ou organisées, et ils ont été très forts. » Deux essais presque faciles pour les Bleus, qui n’en demandaient pas tant, alors qu’ils ont été vraiment mis à mal dans le jeu au sol et en mêlée (trois pénalités) par les Italiens, comme l’a souligné Fabien Galthié sur France 2 à la fin du match.

« Ça a été un match difficile, comme on l’attendait, très fermé, avec un adversaire qui nous a mis en difficulté sur nos possessions, notamment dans le jeu au sol, et qui a été bon sur les duels aériens. »

Malgré une belle avance après une demi-heure de jeu (19-0), les Bleus n’ont jamais réussi à mettre en place ce jeu dynamique observé face à l’Irlande et au pays de Galles. Cela est probablement dû au forfait de dernière minute de Matthieu Jalibert, brillant depuis le début du Tournoi des VI Nations, remplacé en tant que numéro 10 par Thomas Ramos, lui-même soutenu par Théo Attissogbe.

Un seul être vous manque et…

Interrogé sur France Télévisions avant le match, l’ouvreur bordelais, espérant revenir face à l’Ecosse, se montrait confiant quant à l’association entre le Toulousain et le Palois : « Depuis le début de la préparation, nous travaillons beaucoup avec les rotations et la disponibilité de chaque joueur à certains postes. Je ne pense pas que cela va énormément changer. Ce sont des joueurs talentueux, ils vont s’adapter à ce système. »

Cependant, Ramos a rencontré quelques difficultés à diriger le jeu de l’équipe de France, sans « deuxième ouvreur » à ses côtés pour l’aider dans l’élaboration du jeu des Bleus. « Il y a eu des erreurs sur certains placements, sur certains lancements », a reconnu Fabien Galthié. « Est-ce que le fait de faire monter Thomas au dernier moment a impacté le fonctionnement ? Même si nous travaillons ensemble, on se rend compte que lors du démarrage du match, ce n’est plus la même chose. »

Les Bleus sont conscients de leur performance moins accomplie que lors des deux précédents matchs, comme l’a précisé Antoine Dupont en conférence de presse : « C’est intéressant de gagner avec un jeu moins flamboyant et tout aussi efficace. Nous avons marqué sur des éclats, des turnovers, mais nous avons eu du mal à construire notre jeu. »

Une défense impériale

Impressionnant sur une charge depuis son camp, le capitaine des Bleus a fourni des efforts, notamment en seconde période où les maladresses et fautes de main se sont multipliées. Grâce à leur persévérance, les Bleus ont fini par faire plier physiquement les Italiens, avec deux essais dans les dix dernières minutes, dont un de l’ailier toulonnais Gaël Dréan pour sa première sélection, appelé en renfort après le forfait de Jalibert.

« À un moment donné, nous sommes entrés dans un bras de fer », a expliqué Galthié. « Nous nous sommes crispés, mais nous avons réussi à trouver un supplément d’énergie pour renverser les Italiens et obtenir le bonus offensif en fin de match. » Surtout, malgré un petit passage à vide face à l’Irlande, les Bleus ont encore été remarquables en défense, même si cela a souvent tenu à peu de choses.

Mais, avec zéro point encaissé en deuxième période, et des Italiens tentant de relancer certains ballons depuis leur camp, le XV de France a une fois de plus brillamment résisté sans trop être pénalisé (sept au total), illustré par les placages monstrueux de Dréan en début de match ou par l’action superbe de Dupont, déterminé à défendre sa ligne lors d’un temps fort italien.

Fabien Galthié a souligné « la formidable prestation défensive collective au milieu de terrain. Nous avons été très bons dans le jeu sans ballon, ce qui nous a confortés dans la partie, et près de nos lignes, nous avons eu deux ou trois possessions italiennes à défendre, et nous les avons remarquablement défendues. » Cela sera également nécessaire en Ecosse, où Finn Russell et ses coéquipiers devraient offrir un nouveau défi aux Bleus. Le Grand Chelem passe par là.