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En Iran, nouveaux slogans anti-pouvoir contre la menace américaine.

Des étudiants iraniens ont scandé samedi à Téhéran des slogans contre le pouvoir, lors de rassemblements organisés dans plusieurs universités de la capitale. Vendredi, le plus grand porte-avions au monde, le Gerald Ford, a été photographié en train de traverser le détroit de Gibraltar et d’entrer en mer Méditerranée, accompagné par trois destroyers.


Des étudiants iraniens ont exprimé leur mécontentement samedi à Téhéran en scandant des slogans à l’encontre du pouvoir, marquant ainsi une nouvelle démonstration de colère après le mouvement de contestation de janvier, alors que les États-Unis intensifient leur pression militaire malgré des négociations en cours.

Les rassemblements dans plusieurs universités de la capitale surviennent après les vastes manifestations réprimées dans le sang en janvier. À la suite de cette répression, le président américain Donald Trump menace d’intervenir et accroit le déploiement militaire dans la région, tout en indiquant vouloir un accord surtout sur le programme nucléaire iranien.

Celui-ci est au cœur des tensions persistantes entre Téhéran et les pays occidentaux, ces derniers redoutant que l’Iran ne développe des armes nucléaires. Pour la première fois depuis le début des manifestations, des slogans appelant à la mort du guide suprême iranien, Ali Khamenei, ont été entendus cette semaine dans plusieurs villes d’Iran, lors de rassemblements en hommage aux manifestants décédés.

Samedi, des étudiants se sont rassemblés dans des universités de Téhéran, où des incidents ont éclaté avec des contre-manifestants. Des vidéos partagées sur les réseaux sociaux, géolocalisées par l’AFP à l’université de technologie de Sharif, montrent des altercations au sein de la foule. Selon l’agence de presse iranienne Fars, ce qui était censé être « une manifestation silencieuse et pacifique » a été perturbé par des individus scandant « mort au dictateur ».

Une vidéo publiée par Fars montre un groupe agitant des drapeaux iraniens face à de nombreux manifestants masqués, chaque camp tenant des portraits en hommage aux morts. Les altercations ont entraîné des blessés, certains d’entre eux ayant été touchés par des jets de pierre, a rapporté l’agence.

Parallèlement à cette contestation, le gouvernement iranien fait face à la pression des États-Unis, qui ont déployé dans la région une « armada », selon les mots de Donald Trump. Vendredi, le plus grand porte-avions du monde, le Gerald Ford, a été photographié traversant le détroit de Gibraltar pour entrer en mer Méditerranée, accompagnée de trois destroyers, portant le total à 17 navires de guerre américains dans la zone.

Un autre porte-avions était déjà arrivé fin janvier, et il est peu fréquent que deux porte-avions soient déployés simultanément par les États-Unis au Moyen-Orient. De son côté, l’Iran a mené cette semaine des exercices militaires en mer d’Oman, en collaboration avec son allié russe.

Malgré les menaces échangées, les deux pays ont repris des pourparlers indirects début février après l’échec des discussions précédentes, interrompues en juin 2025 par le conflit déclenché par Israël contre l’Iran, soutenu par les États-Unis. L’Iran, en quête d’une réduction des sanctions internationales qui étouffent son économie, a déclaré vendredi vouloir un accord « rapide », faisant suite à un ultimatum de Donald Trump.

Ce dernier a afirmé qu’il se donnerait « dix » à « quinze jours » pour décider s’il y avait une possibilité d’accord ou s’il allait recourir à la force. Interrogé sur la possibilité d’une attaque en cas d’échec des négociations, il a répondu : « Tout ce que je peux dire… c’est que je l’envisage ».

L’Iran conteste avoir des ambitions militaires, mais affirme son droit à un programme nucléaire civil, notamment pour la production d’énergie, conformément aux dispositions du Traité de non-prolifération (TNP) dont il est signataire. Donald Trump a plusieurs fois plaidé pour une interdiction totale de l’enrichissement d’uranium par l’Iran, une exigence que Téhéran considère comme une ligne rouge, représentant un obstacle majeur à tout accord.

Washington n’a pour l’instant « pas exigé zéro enrichissement », selon M. Araghchi. D’après le site Axios, qui cite un haut responsable américain anonyme, l’administration Trump envisage la possibilité d’autoriser « un enrichissement symbolique et limité », qui empêcherait l’Iran de développer une arme nucléaire.

« Nous ne céderons à aucune épreuve, même si les puissances du monde se dressent devant nous », a averti samedi le président iranien Massoud Pezeshkian, cité par la télévision d’État. Face au risque de frappes américaines, l’Australie, la Suède, la Serbie et la Pologne ont appelé leurs ressortissants à quitter l’Iran.