Fast-fashion : Le gouvernement ne soutient pas le recyclage des vêtements usagés.
L’État français a annoncé ce samedi un soutien financier exceptionnel en faveur des opérateurs de collecte et de tri de la filière de recyclage des vêtements, qui sera porté à 268 euros par tonne en 2026, contre 228 actuellement. Le Relais a récupéré 270.000 tonnes de vêtements l’an dernier, tout en faisant face à la saturation des marchés africains de vêtements importés de Chine.
Ils avaient sollicité de l’aide. L’année dernière, plusieurs entreprises du secteur du recyclage des vêtements avaient même interrompu leur collecte pour dénoncer le prix de rachat très bas imposé par l’éco-organisme Refashion. Submergé par les tonnes de vêtements provenant de Chine, le Relais avait fermé ses bennes de collecte pendant plusieurs semaines pour protester contre ces tarifs jugés trop faibles. L’État français était intervenu pour éviter que cette entreprise sociale, qui emploie 2.000 personnes en France, ne fasse faillite. La collecte avait pu reprendre, mais des inquiétudes demeuraient. Ce samedi, le gouvernement a annoncé qu’il allait renforcer son soutien à la filière française de collecte de vêtements.
Le ministère de la Transition écologique « a décidé de mettre en place un soutien financier exceptionnel » en faveur des opérateurs de collecte et de tri de la filière. Ce soutien « exceptionnel » atteindra 268 euros par tonne d’ici 2026, contre 228 euros actuellement. « Il vise à couvrir une part significative des coûts nets de tri constatés sur le terrain, dans un contexte de déséquilibre économique durable ».
Ce déséquilibre est en grande partie créé par l’augmentation démesurée des quantités de vêtements jetés par les Français, de plus en plus nombreux à se tourner vers l’ultra fast-fashion, à l’image de Temu ou Shein. L’année dernière, Le Relais a récupéré 270.000 tonnes de vêtements supplémentaires, sans réellement savoir quoi en faire.
Le système français repose encore à plus de 60% sur l’exportation, notamment vers l’Afrique. Cependant, le continent est saturé, et les marchés africains sont désormais inondés de vêtements importés de Chine. En conséquence, les prix s’effondrent, les trieurs rencontrent des difficultés, et les stocks continuent d’augmenter. Les opérateurs traditionnels de la collecte (Emmaüs, Le Relais, La Croix-Rouge…) doivent également faire face à la concurrence des plateformes comme Vinted, qui leur enlève les pièces les plus recherchées.
Le soutien annoncé samedi « vise à sécuriser la filière et à préserver ses capacités industrielles, dans l’attente d’une réforme structurelle indispensable que nous menons », a précisé le ministre délégué à la Transition écologique, Mathieu Lefèvre, dans le communiqué. À plus long terme, l’État souhaite effectivement accélérer l’émergence d’une industrie du recyclage textile, en respectant la hiérarchie des traitements : réemploi en premier lieu, recyclage ensuite. Certains ont choisi de transformer les textiles en isolant, mais cette activité reste pour l’heure marginale.

