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Pourquoi mon prochain écran aura la technologie G-Sync Pulsar de Nvidia (pas le vôtre)

Nvidia promet d’offrir un ressenti à 1000 Hz sur un écran LCD avec sa technologie G-Sync Pulsar. G-Sync Pulsar se désactive au-dessous des 90 images par seconde (ou 90 Hz), avec un réglage possible à 75 images par seconde.

Nvidia annonce une expérience de 1000 Hz sur un écran LCD grâce à sa technologie G-Sync Pulsar. Nous avons pu la tester sur l’écran AOC AG276QSG2 et avons beaucoup à en dire. Voici notre évaluation.
Source : Chloé Pertuis pour Frandroid

Présentée il y a deux ans par Nvidia, la technologie G-Sync Pulsar a demandé du temps. Cette évolution de la norme G-Sync promet une clarté de mouvement quasi équivalente à 1000 Hz, ciblant cependant un type de joueurs bien spécifique.

Après avoir testé la technologie lors de divers salons, avec des sessions trop courtes pour un verdict définitif, nous avons enfin eu l’occasion d’évaluer G-Sync Pulsar sur l’un des premiers modèles dédiés.

Voici nos retours concernant cette technologie sur l’écran AOC AGON PRO AG276QSG2, un modèle LCD à 360 Hz entièrement compatible avec celle-ci.

Quel est le problème avec les écrans LCD ?

La technologie G-Sync est la solution de rafraîchissement variable (VRR) de Nvidia. La fréquence de votre écran s’adapte à celle de votre jeu, évitant tout effet de déchirement d’image. Qu’il s’agisse de 60 FPS ou de 180, un écran compatible G-Sync se synchronisera avec toutes les variations de framerate.

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Bien que sa technologie VRR propose une expérience visuelle plus fluide et robuste lors de variations de performance, G-Sync Pulsar répond à un autre besoin. Cette technologie vise à éliminer l’un des inconvénients des écrans LCD et Oled : le flou de mouvement.

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Le temps de latence d’un écran fait référence à la persistance des pixels, créant le flou de mouvement.

Le flou autour des objets en mouvement résulte de deux facteurs sur un écran LCD : la lenteur relative des transitions des cristaux liquides et la persistance de l’image sur la rétine pendant que l’œil suit un mouvement.

Plus précisément, alors que le rétroéclairage est continuellement actif, l’image affichée reste fixe pendant toute la durée d’une image. C’est ce que l’on appelle la méthode sample and hold, utilisée tant sur les écrans LCD que sur les modèles Oled. Lorsque l’image suivante est affichée, les résidus de l’image précédente sont perçus comme un flou de mouvement par l’œil humain.

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Le fonctionnement d’un écran traditionnel sans G-Sync Pulsar // Source : Nvidia

Pour remédier à ce problème, les fabricants d’écrans ont proposé, depuis plusieurs années, des solutions basées sur la « pulsation » du rétroéclairage, notamment en alternant une image noire avec une image standard (principe de la Black Frame Insertion sur certains modèles).

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La technologie « Black Frame Insertion » vise à réduire le flou de mouvement sur les écrans et téléviseurs.

Cela permet « d’effacer » les éventuelles images rémanentes pour repartir sur de bonnes bases. Le souci, c’est que ces solutions de « Backlight Strobing » ont leurs propres limitations, notamment l’impossibilité d’activer le rafraîchissement variable. G-Sync Pulsar a pour objectif de résoudre précisément ce problème.

Le fonctionnement de G-Sync Pulsar

Nvidia avait déjà proposé une technologie de Backlight Strobing avec l’ULMB / ULMB 2 (pour Ultra Low Motion Blur) sur certains écrans compétitifs. G-Sync Pulsar arrive comme une évolution ou une alternative plus moderne et flexible.

Cette technologie repose sur trois techniques interconnectées qui fonctionnent ensemble pour offrir une clarté d’image nettement supérieure sur un écran LCD.

La première est le balayage progressif (ou rolling scan). Lors du rendu d’une image, le balayage s’effectue de haut en bas, chaque ligne de pixels se dessinant à très grande vitesse. Avec G-Sync Pulsar, l’écran est divisé en sections horizontales que le rétroéclairage peut éclairer indépendamment. Chaque section est « pulsée » à une vitesse constante juste avant que les pixels de l’écran LCD ne soient mis à jour pour la prochaine image.

Pour contrer le scintillement causé par la variation du taux de rafraîchissement, Pulsar va ajouter une brève impulsion secondaire à chaque segment de l’écran, mais uniquement lorsque le taux de rafraîchissement varie. En théorie, cette impulsion supplémentaire permet de rendre ce scintillement imperceptible.

Enfin, tous les écrans G-Sync Pulsar sont dotés de la fonctionnalité d’Overdrive Variable, qui ajuste la pression sur les cristaux liquides pour accélérer leur transition vers un autre état (couleur / luminosité). Ici, le réglage s’adapte à la fréquence de rafraîchissement et s’applique section par section pour garantir une clarté de mouvement optimale dans chaque contexte.

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G-Sync Pulsar promet de réduire considérablement le flou de mouvement des écrans LCD // Source : Nvidia

Selon Nvidia, G-Sync Pulsar divise par quatre le temps de persistance rétinienne d’image et donc, multiplie par quatre la clarté de mouvement perçue. En théorie, l’écran à 360 Hz que nous testons pourrait dépasser les 1000 Hz en ressenti une fois cette fonctionnalité activée.

Et une fois en jeu, quel est le rendu ?

L’écran AOC AG276QSG2 que nous testons est un modèle à 360 Hz qui offre une fluidité très agréable. Tester G-Sync Pulsar sur un tel écran confirme que la technologie s’adresse principalement aux joueurs compétitifs ayant un regard aiguisé et des exigences élevées.

J’ai personnellement testé ce moniteur pendant plusieurs longues sessions de jeu sur trois titres : Overwatch 2, que je pratique depuis 2016 (et qui retrouve son popularité ce mois de février), Counter-Strike 2 et un jeu de gestion, Anno 117. Bien qu’il soit pertinent de tester Pulsar sur des jeux compétitifs, la technologie peut aussi s’avérer bénéfique sur des jeux présentant des scènes relativement complexes et des mouvements de caméra dynamiques.

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Source : Chloé Pertuis pour Frandroid

Notez que vous ne constaterez pas nécessairement les avantages sur un jeu solo et immersif, mais les « fast FPS » ne sont pas les seules catégories de jeux qui peuvent en bénéficier.

J’ai joué une petite heure sans G-Sync Pulsar sur ces trois titres, pour habituer mes yeux aux 360 Hz. Bien que je teste parfois des modèles aussi rapides, mon écran principal ne dépasse pas les 165 Hz. Il faut dire qu’avec cet écran AOC, le confort visuel offert par sa clarté de mouvement naturelle est déjà très satisfaisant.

La dalle de cet AOC est de fait excellente niveau temps de réponse : entre 1 et 3 ms. Au-delà des 360 Hz, vous entrez dans une zone de « rendements décroissants » : plus vous augmentez en fréquence, plus le bénéfice devient difficile à percevoir.

En activant G-Sync Pulsar via le menu de l’écran, l’affichage devient noir pendant quelques secondes, sans altérer le contenu affiché. L’écran adopte alors son réglage le plus lumineux à 500 cd/m², réglage qui pourra être ajusté par la suite.

Les tests sur Overwatch 2, CS2 et Anno 117

Avec 10 ans de gameplay sur Overwatch, même le plus petit gain de confort est notable. Ici, je peux affirmer que Pulsar apporte une clarté visuelle indéniable, même à 360 Hz, mais cela se ressent davantage comme un bonus que comme une correction majeure.

C’est également le cas pour Counter-Strike 2, dont le gameplay, bien que moins chaotique, bénéficie aussi de la technologie Pulsar. À plus de 600 FPS, tout en restant à 360 Hz, la technologie offre un confort appréciable, combiné à un input lag quasi inexistant.

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Source : Chloé Pertuis pour Frandroid

Sur un jeu tel qu’Anno 117, avec ses décors denses et détaillés ainsi que des travellings souvent complexes, on constate également quelques points positifs. Naviguer sur une carte ne génère plus de flou de mouvement, notamment pour des villes élaborées.

Bien que nous puissions tester les temps de réponse de l’écran dans ses réglages de base (entre 1 et 3 ms), il est actuellement impossible de mesurer synthétiquement cette clarté de mouvement sans équipement supplémentaire.

G-Sync Pulsar utilise en effet un réglage d’overdrive variable, ce qui rend difficile la capture des temps de réponse à différentes fréquences.

Qu’en est-il des fréquences inférieures ?

Par défaut, G-Sync Pulsar se désactive en dessous de 90 images par seconde (ou 90 Hz), avec un réglage possible à 75 images par seconde. Nvidia indique qu’à ces fréquences « basses », un scintillement pourrait être perçu en raison de la pulsation du rétroéclairage.

Nous avons testé l’écran à 240, 120 et même 100 Hz. À 240 Hz, l’expérience est comparable à celle de 360 Hz, avec une fluidité et une perception légèrement inférieure. C’est principalement autour de 100 images par seconde que l’impact de G-Sync Pulsar devient manifeste.

Attention, vous ne gagnerez pas en fluidité en activant Pulsar, cela dépend de la fréquence de rafraîchissement. Cependant, en conservant la sensation d’un 120 Hz, l’apport de G-Sync Pulsar est bien plus évident. Les éléments les plus dynamiques (texte, personnages, effets) ne provoquent plus de flou de mouvement pour une amélioration du confort visuel global.

Je pense que c’est dans ce segment que la technologie de Nvidia sera la plus bénéfique pour une plus large audience, plutôt que sur des écrans à 360 Hz. Mais là encore, il faut avoir un œil suffisamment affûté pour en apprécier les avantages.

Pour l’Oled, passez votre chemin

G-Sync Pulsar est une technologie basée intégralement sur la pulsation du rétroéclairage d’un écran LCD. En revanche, les pixels des écrans Oled émettent leur propre luminosité, sans nécessiter de rétroéclairage.

Si vous « éteignez » ces pixels, vous réduisez littéralement la luminosité de moitié (ou plus). Sur les écrans LCD, la baisse de luminosité causée par ce strobing peut être compensée en inondant temporairement le rétroéclairage, de sorte que l’image reste lumineuse pour l’œil humain.

Les écrans Oled, bien qu’ils fonctionnent également selon le principe de sample and hold et pourraient bénéficier d’une technologie comme G-Sync Pulsar, disposent déjà d’un temps de réponse quasi instantané, constitue une force à tout niveau de fréquence de rafraîchissement.

S’ils peuvent utiliser la fonctionnalité Black Frame Insertion mentionnée plus haut, celle-ci reste incompatible avec toute solution de rafraîchissement variable.

Une technologie prometteuse, mais pas pour tous

Après de longues heures de test, les atouts de G-Sync Pulsar sont clairs : meilleure clarté de mouvement et lisibilité, tant sur des FPS rapides que sur des jeux de gestion. Un constat qui n’est cependant pas aussi marquant à très haute fréquence, car ce niveau de performance est destiné à une niche de joueurs compétitifs.

G-Sync Pulsar corrige une limitation réelle des écrans LCD et répond donc à un besoin d’une part significative des joueurs. Si vous vous jugez sensible aux avantages visuels qu’un écran peut vous apporter, notamment en ce qui concerne les problèmes de flou et de ghosting, alors Pulsar pourrait vous convaincre.

Cependant, il se peut que vous ne soyez pas le public ciblé par Nvidia. Bien qu’il soit facile de repérer les différences une fois G-Sync Pulsar activé sur deux écrans côte à côte, elles sont moins évidentes en situation de jeu.

Nous espérons sincèrement que Pulsar devienne un standard pour les écrans LCD compétitifs à l’avenir et qu’elle s’intègre à d’autres types de dalles comme le Mini-Led ou même l’Oled.