France

Pourquoi les crues persistent-elles malgré l’absence de pluie ?

La météo s’est légèrement améliorée ce samedi en Bretagne et dans les Pays-de-la-Loire. Cependant, trois départements demeurent en vigilance rouge aux crues et le service Vigicrues a décrété que « les crues vont se poursuivre ce week-end, voire au-delà ».

Le soleil a parfois fait son apparition. En Bretagne et dans les Pays-de-la-Loire, la météo a connu une légère amélioration ce samedi. Cependant, des pluies sporadiques ont continué, ajoutant à la série record de 38 jours de pluies consécutives. Néanmoins, une accalmie est annoncée. Comme prévu par Météo-France, le pays devrait connaître des périodes plus sèches durant quelques jours, une bonne nouvelle pour les régions de l’Ouest touchées par les inondations. Toutefois, ce samedi, trois départements demeurent en vigilance rouge en raison des crues, une situation qui perdurera dimanche, a averti Vigicrues. Pourquoi cette alerte persiste-t-elle alors qu’il n’y a plus de pluie ? Explications.

« Ce n’est pas parce que les pluies s’arrêtent que les crues s’arrêtent », a répété Lucie Chadourne-Facon toute la semaine. La directrice du service Vigicrues s’inquiète de ce que les habitants s’approchent trop près des cours d’eau ou tentent de s’y aventurer. « Souvent, quand il cesse de pleuvoir, les gens ont tendance à aller voir. C’est normal. Mais il faut surtout rester éloigné des cours d’eau car les débits demeurent très élevés », avertit-elle. Son service a également martelé ce message au début d’un week-end légèrement plus sec : « les crues vont se poursuivre ce week-end, voire au-delà ».

La décrue sera lente car toutes les rivières de l’Ouest, et pas seulement les grandes rivières et fleuves, connaissent des débordements. Il faut attendre que toute l’eau des bassins versants s’évacue pour que les niveaux d’eau baissent. Les sols étant saturés, ils n’absorbent plus rien. De ce fait, la moindre pluie rejoint les affluents, qui se déversent dans les rivières plus importantes, et ainsi de suite. Dans le Maine-et-Loire, par exemple, la Loire « crée une sorte de bouchon », explique la directrice de Vigicrues. Son niveau est tellement élevé qu’il empêche l’écoulement normal de la Maine. En conséquence, le niveau de la Maine augmente. D’autres rivières sont également en crue, comme la Sarthe, qui a entraîné l’évacuation du village de Cheffes.

Des zones inondées qu’il faudra vider

Avant d’envisager une amélioration, il sera nécessaire d’évacuer l’eau des zones d’expansion des crues. Cela inclut des champs, des parcs, des prairies, ainsi que des voies sur berges qui ont été intentionnellement inondées pour servir de tampon. Des millions de litres d’eau devront donc être évacués. Étant donné que ces territoires sont relativement plats, l’écoulement se fera lentement, voire très lentement. De plus, avec la saison actuelle, l’évaporation ne suffira pas.

Il faudra plusieurs jours, voire plusieurs semaines pour vider l'eau de la ville de Saintes, en Charente-Maritime
Il faudra plusieurs jours, voire plusieurs semaines pour vider l’eau de la ville de Saintes, en Charente-Maritime - D. Niviere/SIPA

Un autre facteur limitant l’évacuation de l’eau est le phénomène des marées. Toutes les douze heures, à chaque marée haute, l’eau remonte dans les rivières, entravant l’évacuation par l’estuaire. C’est notamment le cas à La Roche-Bernard, dans le Morbihan, malgré un barrage à Arzal. « Cela empêche la remontée des marées et limite les inondations dans le secteur de Redon, sans toutefois les empêcher quand les débits sur la Vilaine et l’Oust sont très élevés », précise l’établissement public Eaux et Vilaine. Néanmoins, une bonne nouvelle est à noter : les coefficients de marée, qui ont été très élevés ces derniers jours, vont progressivement diminuer, facilitant ainsi une meilleure évacuation dans les estuaires.

Cependant, la moins bonne nouvelle concerne les prévisions météo de la semaine prochaine, qui sont incertaines. Météo-France n’exclut pas le retour d’une perturbation à partir de jeudi ou vendredi. D’ici là, il faudra avoir épongé tout ce qui peut l’être.