«Â Bordel, la Chine est en train de gagner » : une journaliste abandonne sa Ford Mustang pour la Xiaomi SU7.
Après deux semaines au volant de la Xiaomi SU7 Max, Joanna Stern, journaliste au Wall Street Journal, note un retard technologique de l’industrie automobile occidentale par rapport aux constructeurs chinois. Xiaomi annonce une autonomie de 810 kilomètres pour la SU7 Max sur une seule charge, selon le cycle d’homologation chinois CLTC.

Le récit commence presque comme une séparation. D’un côté, il y a la Ford Mustang Mach-E, un SUV électrique américain classique. De l’autre, la Xiaomi SU7 Max, une berline électrique riche en technologies, temporairement importée au New Jersey par un ami de la journaliste Joanna Stern.
Après avoir conduit la voiture pendant deux semaines, le retour à sa Ford a été difficile pour la journaliste. « Je n’arrête pas de penser à toi – à ta grande autonomie, ton intérieur modulaire, ton écran d’infodivertissement absurdement grand », écrit-elle, s’adressant directement à la voiture de Xiaomi.
Ce récit confirme une tendance forte dans le secteur : l’avance marquée des constructeurs asiatiques en matière de logiciels, d’intégration d’écosystèmes et de prix.
Une voiture semblable à un smartphone (qui fonctionne vraiment)
La première impression avec la SU7 est l’approche radicalement différente des constructeurs traditionnels. Comme l’écrit Joanna Stern : « Le SU7 Max ressemble à ce que l’on attend d’une entreprise technologique construisant une voiture, et non d’un constructeur automobile intégrant de la tech. »
Dans l’habitacle, un écran géant de 16,1 pouces fonctionne avec HyperOS, un système d’exploitation maison basé sur Android. L’interface est aussi fluide que celle d’un smartphone haut de gamme, et la voiture gère parfaitement Apple CarPlay, affiché en grand sur l’écran central.

Cependant, la véritable innovation en matière d’ergonomie de Xiaomi est la modularité. De nombreux conducteurs se plaignent du tout-tactile proposé par des marques comme Tesla. Xiaomi a répondu en proposant une barre de commandes physiques optionnelle.
« Avec Xiaomi, vous n’avez pas à choisir », affirme Joanna Stern. « Ils vendent une barre de contrôle fine qui se fixe magnétiquement au bas de l’écran, offrant de véritables boutons physiques pour la musique et la climatisation. Les miracles existent. »

L’attention portée aux détails s’étend même au son : les indications GPS sont diffusées uniquement dans les haut-parleurs intégrés à l’appui-tête du conducteur, permettant aux passagers de continuer à écouter de la musique ou des podcasts sans interruption.


Votre production solaire dépasse votre consommation ? Le SolarFlow 2400AC+ dirige automatiquement le surplus vers vos batteries pour l’utiliser le soir. Réduisez votre facture 24h/24.
Pour les familles, l’écosystème Xiaomi prend toute son importance : des tablettes tactiles se clipsent à l’arrière des sièges avant pour contrôler la climatisation ou jouer, tandis que la marque propose des accessoires tels que des micros de karaoké sans fil, des talkies-walkies et un mini-réfrigérateur intégré entre les sièges arrière.
Sur la route : performance et conduite autonome
Au-delà de l’aspect « centre commercial technologique », la SU7 Max se distingue également par sa conduite. La journaliste souligne que la berline se déplace en douceur et en silence, tout en offrant une expérience de conduite plus sportive que celle de sa Ford Mustang ou du Tesla Model Y testé précédemment.
Les aides à la conduite (ADAS) sont particulièrement efficaces. La journaliste constate : « La voiture a freiné, braqué et accéléré plus doucement que ma Ford Mustang Mach-E. Cela m’a particulièrement frappé dans le Holland Tunnel, un scénario que j’ai vécu de nombreuses fois dans ma Mustang. »

Concernant l’autonomie, les chiffres sont impressionnants. Xiaomi annonce 810 kilomètres sur une charge pour la SU7 Max (selon le cycle d’homologation chinois CLTC, qui est généralement plus optimiste que la norme WLTP européenne, ce qui donne concrètement plus de 600 km réels). Lors d’un trajet de 80 kilomètres (50 miles) par temps froid (qui réduit généralement l’autonomie), la voiture n’a utilisé que 30 % de sa batterie.
« Le gorille de 300 kilos de l’industrie »
Cette démonstration de force technologique suscite l’inquiétude des constructeurs historiques. Joanna Stern cite Jim Farley, PDG de Ford, qui a récemment déclaré après avoir conduit une SU7 et ne pas vouloir s’en séparer : « La réalité concurrentielle est que les Chinois sont le gorille de 300 kilos de l’industrie des véhicules électriques. Tesla, GM ou Ford n’offrent pas de véritable concurrence face à ce que nous avons vu venir de Chine. »
Pour aller plus loin
« Fantastique » : le patron de Ford tombe amoureux de cette voiture électrique chinoise et ne veut plus la rendre
La conclusion de la journaliste américaine est sans appel : « Bordel, la Chine est en train de gagner la course aux voitures électriques. »
Le facteur décisif reste le prix. « En Chine, son prix de lancement a commencé à 299 900 yuans, soit environ 43 000 dollars, se situant dans la même gamme qu’un Tesla Model Y. Pourtant, l’expérience Xiaomi semble plus premium », affirme-t-elle.
Connaissant le fait que la Chine produit ses voitures environ 40 % moins cher qu’en Europe grâce à une gestion complète de la chaîne d’approvisionnement et des subventions importantes, la qualité du produit final est impressionnante.
Chez Frandroid, un constat similaire a été fait lors de notre essai de la nouvelle YU7 ou de la radicale SU7 Ultra de 1 500 chevaux.
Une arrivée prochaine aux États-Unis (et en Europe) ?
Actuellement, la Xiaomi SU7 est bloquée sur le marché américain, en raison de droits de douane de 100 % sur les véhicules électriques chinois, associés à des restrictions fédérales sur les technologies intégrées pour des raisons de sécurité nationale.
Cependant, cette situation pourrait changer. Des experts du secteur, comme Michael Dunne, PDG de Dunne Insights, affirment : « Vous aurez absolument une voiture comme la Xiaomi SU7 ici – cela ne fait aucun doute. »
Cette arrivée se ferait non pas par importation, mais par l’implantation d’usines chinoises sur le sol américain ou mexicain. Comme le souligne l’expert cité : « Les constructeurs chinois sont prêts à bondir dès que la porte s’ouvrira – et cette porte ne s’ouvre pas par le biais des importations, mais par la fabrication sur place. »

En Europe, la situation est similaire : le continent a imposé des droits de douane punitifs pour les fabricants chinois. En réplique, ces derniers établissent des usines en Europe pour contourner ces droits. Xiaomi prévoit de commencer la vente de voitures électriques en Europe dès 2027, tandis que certains modèles sont déjà disponibles en France via l’importation.
En attendant, Joanna Stern conclut son essai sur une note d’espoir pour sa berline préférée : « Je t’attendrai, Xiaomi. Nous serons de nouveau ensemble un jour. » Cela constitue un avertissement clair pour les constructeurs occidentaux : le public est prêt pour ces nouvelles voitures, il ne reste plus qu’à faire tomber les barrières commerciales.
Pour aller plus loin
Après le solaire, l’automobile ? Ce rapport officiel met en garde contre un crash industriel de l’Europe face à la Chine
Cependant, l’industrie automobile européenne doit rester vigilante afin d’éviter un scénario similaire à celui de l’industrie du panneau solaire, qui a entraîné de nombreuses faillites sur le continent.
