France

Municipales à Marseille : Vassal et sa référence à Pétain, gaffe ou coup préparé ?

Martine Vassal (LR), entrée en politique en 2001 comme adjoint au maire de Marseille, a énuméré ses valeurs, affirmant : « Mes valeurs, elles n’ont jamais changé : c’est le mérite, le travail, la famille, la patrie », lors d’un débat organisé par BFMTV pour les municipales 2026 à Marseille. Le communicant politique Philippe Moreau Chevrolet a qualifié la sortie de Martine Vassal d’« extrêmement maladroite », soulignant que cela pouvait « montrer que l’union des droites est en train d’être faite sur le plan idéologique ».


Elle commence à émerger sur la scène politique nationale. Martine Vassal (LR), qui a débuté en politique en 2001 en tant qu’adjointe au maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin, et qui est également présidente du département et de la métropole d’Aix-Marseille, a attiré l’attention médiatique nationale depuis ce vendredi matin.

« Mes valeurs, elles n’ont jamais changé : c’est le mérite, le travail, la famille, la patrie », a déclaré la candidate divers droite, soutenue par les LR, Horizons, la Macronie et le centre pour la mairie de Marseille, lors d’un débat organisé par BFMTV pour les municipales de 2026 à Marseille. Elle a cité le tiercé de Philippe Pétain et de la France de Vichy dans l’ordre, face à ses concurrents pour le poste de maire, Payan (DVG), Delogu (LFI) et Allisio (RN), assumant pleinement ses propos par la suite, lorsque le maire actuel lui a fait remarquer son imprudence.

Cela a eu pour effet, sinon de secouer, du moins d’agiter la course aux élections municipales, dont la campagne entre dans sa phase finale. Martine Vassal s’est engagée dans un sprint, ce qu’a qualifié Philippe Moreau Chevrolet, communicateur politique, de « dérapage », tandis que l’entourage de la candidate s’est efforcé d’apaiser la situation auprès de l’AFP, voyant cela comme une « fausse polémique » et soulignant que « si l’ordre des mots a choqué, […] Martine Vassal est aux antipodes des valeurs pétainistes ».

« Mais ces “dérapages” ne sont pas si inédits en période de campagne électorale. On se souvient du “bruit et de l’odeur” de Jacques Chirac, par exemple. À la grande différence qu’à l’époque, l’extrême droite pesait peu électoralement alors qu’aujourd’hui elle domine à droite », rappelle un politiste.

Dans ces Municipales à Marseille, le paysage politique est dominé par Benoît Payan et Franck Allisio, selon les sondages. Il n’est donc pas exclu que la sortie de Martine Vassal soit « un coup préparé à l’avance », envisage Philippe Moreau Chevrolet. « En un sens, ça lui permet de dominer médiatiquement les retombées du débat. À ce titre, cela a fonctionné. »

Néanmoins, « cette tentative d’exister face au RN » est « extrêmement maladroite. C’est une gaffe monumentale, soit à dessein, soit par inculture politique. Cela permet aussi de continuer à normaliser l’extrême droite et montre que l’union des droites est en train d’être faite sur le plan idéologique », souligne le communicateur, pour qui cette référence, si elle fait réellement partie d’une stratégie, « reste une erreur et ne produira pas d’effet électoral positif, sauf éventuellement pour retenir une poignée d’électeurs LR tentés par le RN ».

Aussi, il est difficile d’ignorer le contexte médiatique dans lequel s’inscrit cette référence à Pétain, surtout après la mort du militant nationaliste Quentin Deranque. Dominique de Villepin parle de « moment Charlie Kirk », affirmant que cela « prépare la prise de pouvoir par l’extrême droite », comme cela a pu être observé aux États-Unis.