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« Un acte monstrueux » : un bébé malade et sa famille expulsés par l’ICE au Mexique

Un bébé de deux mois, Juan Nicolás, a été expulsé et envoyé au Mexique avec sa famille, après avoir été détenu par l’ICE pendant trois semaines au centre de Dilley, au Texas. Le département de la Sécurité intérieure (DHS) a déclaré que la famille avait refusé une aide de 2.600 dollars pour quitter les Etats-Unis.


C’est une nouvelle affaire qui relance le débat sur la police de l’immigration aux États-Unis. Selon plusieurs médias américains, un bébé de deux mois a été expulsé et renvoyé au Mexique avec sa famille, alors qu’il souffrait d’une grave bronchite. Le petit Juan Nicolás était sous la garde de l’ICE depuis trois semaines dans le centre de Dilley, au sud du Texas. Il avait été hospitalisé en urgence lundi soir, après avoir perdu connaissance.

Finalement, le nourrisson, ses parents et sa sœur de 16 mois ont été conduits à la frontière avec seulement 190 dollars en poche, soit le montant restant dans leur cantine. « Expulser sans raison un bébé malade et toute sa famille est odieux », s’est indigné l’élu démocrate Joaquin Castro sur ses réseaux sociaux. « Mon équipe et moi-même sommes en contact avec la famille de Juan. Nous mettons tout en œuvre pour les retrouver et demander des comptes à l’ICE pour cet acte monstrueux. »

De son côté, le département de la Sécurité intérieure (DHS) a assuré dans un communiqué que la famille avait refusé une aide de 2.600 dollars pour quitter les États-Unis. Une journaliste de la chaîne de télévision hispanophone Univision, qui suivait l’affaire de près, a retrouvé le couple et ses enfants, qui avaient été « pratiquement abandonnés » par les autorités. La famille a pu se payer une chambre d’hôtel mais envisage de partir rapidement.

« Le bébé et sa famille ne peuvent pas rester au Mexique. Ils ont fui le pays pour une raison précise et ils comptent se rendre au Guatemala, pays d’origine du père de Juan Nicolás », a expliqué la journaliste sur Instagram. « Ils pensent y être en sécurité. Ils doivent donc réunir les fonds nécessaires pour pouvoir s’y rendre et recommencer leur vie à zéro. » Une cagnotte en ligne a été lancée pour aider la famille expulsée, et elle a déjà collecté près de 85.000 dollars.

L’état de santé du bébé, qui a passé la moitié de sa vie en détention, se serait dégradé pendant sa captivité. De nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer les conditions de vie dans le centre de Dilley. Les personnes emprisonnées signalent un environnement insalubre et une eau contaminée. Une épidémie de rougeole s’est également déclarée dans le centre de détention ces dernières semaines.

Interrogé par la chaîne News 4, le sénateur républicain John Cornyn a rejeté les critiques en affirmant que « la plupart des témoignages que vous entendez relèvent de ce que j’appellerais des histoires d’horreur, largement inventées par les grands médias ». Il a également rappelé qu’une Vénézuélienne de sept ans, récemment libérée du centre de Dilley, vit désormais dans la région d’Austin avec sa mère sous le statut de demandeurs d’asile.

De son côté, le DHS répond qu’il est « de pratique courante de fournir des soins médicaux complets dès l’entrée en détention d’un étranger par l’ICE ». « Cela comprend des services médicaux, dentaires et de santé mentale, selon les disponibilités, ainsi que l’accès à des rendez-vous médicaux et à des soins d’urgence 24 h/24. Il s’agit des meilleurs soins de santé que de nombreux étrangers aient jamais reçus. »

Ce n’est pas la première fois qu’une polémique éclate autour de la détention d’enfants par l’ICE. En janvier dernier, les images de l’arrestation du petit Liam, 5 ans, et de son père dans les rues enneigées de Minneapolis avaient fait le tour du monde. Ils avaient été libérés quelques jours plus tard et avaient pu rentrer chez eux. Une fillette de 18 mois, gravement malade, a quant à elle été renvoyée en détention au Texas, sans médicaments ni appareils respiratoires.