Un « ministère du sexe » pour les « femmes insatisfaites » en Arménie ?
En Arménie, le taux de fécondité est passé sous la barre de deux enfants par femme, alors qu’il frôlait cinq enfants par femme en 1960. Depuis 2022, la population de l’Arménie est également tombée en dessous de trois millions d’habitants.
En Arménie, des femmes blanches d’âge moyen s’engageraient sur le plan politique en réaction à une insatisfaction liée à leur vie sexuelle. Cette situation serait également à l’origine de la baisse continue de la natalité dans le pays. Pour résoudre ces deux problèmes, la création d’un ministère du sexe aurait été évoquée. Cette analyse sociologique, soutenue par des arguments solides, a été partagée dans un podcast animé par Sargis Karapetyan, fils du milliardaire pro-russe Samvel Karapetyan, qui vise le poste de Premier ministre.
Samvel Karapetyan, dirigeant du groupe Tashir, est un homme d’affaires arménien dont la fortune est estimée à plus de quatre milliards de dollars. Ce sexagénaire d’origine russo-arménienne, qui a des liens pro-russes, est actuellement sous le coup de sanctions financières en raison du conflit en Ukraine. Emprisonné pour « appel à l’insurrection », il s’est néanmoins engagé dans la politique avec l’ambition de remporter les élections législatives de juin prochain. Ce succès lui permettrait de remplacer Nikol Pashinyan, le Premier ministre en fonction depuis 2018 et favori pour une nouvelle candidature. Pour atteindre cet objectif, Samvel Karapetyan a fondé le parti « Arménie forte », dont il est le président. En août dernier, il a également lancé le mouvement « notre voix », dont Sargis anime le podcast.
Dans un épisode de ce podcast diffusé le 31 janvier, Sargis et son invité, le sociologue Armen Khachikyan, ont abordé des sujets controversés. Selon OC-Media, le sociologue a déclaré que le manque de satisfaction sexuelle des Arméniennes « à partir de 40-50 ans » les conduit à « canaliser cette énergie » vers l’activisme politique, notamment sur les réseaux sociaux. Sargis a répondu en affirmant qu' »avec Arménie forte, il n’y aura plus de femmes insatisfaites ». Il a ajouté que « le problème démographique ne se résoudrait pas sans sexe », en réclamant une réponse du gouvernement qui promeut la PMA pour augmenter la population. Pour « centraliser ces questions », le co-animateur du podcast a proposé la création d’un ministère, ce à quoi le sociologue a réagi par un interrogatif : « Un ministère du sexe ? »
Suite à ces déclarations, de nombreuses voix féminines se sont élevées, dont celle de la députée du parti au pouvoir, Sona Ghazaryan, qui a dénoncé des propos « sexistes » sur sa page Facebook. Elle a déclaré : « Priver les femmes de leur statut de citoyennes en les rabaissant au niveau des fantasmes masculins et de promesses vulgaires, c’est répugnant. »
Bien que cette proposition n’ait pas été reprise par le candidat d’Arménie forte, ce dernier devra néanmoins s’attaquer à la problématique de la baisse préoccupante de la natalité. Alors que le taux de fécondité atteignait presque cinq enfants par femme en 1960, il est désormais inférieur à deux. Depuis 2022, l’Arménie a également vu sa population descendre sous la barre des trois millions d’habitants, avec une poursuite de la chute et un vieillissement démographique.

