JO 2026 – Biathlon : le vent a-t-il ruiné la mass-start ?
Fabien Claude, Nicola Romanin et Campbell Wright ont franchi la ligne d’arrivée de la course masculine de biathlon de 15 kilomètres avec départ groupé aux Jeux olympiques d’hiver de 2026 à Anterselva, en Italie, le vendredi 20 février 2026, avec un retard de près de six minutes sur le vainqueur Johannes Dale-Skjevdal. Les Norvégiens ont placé leurs quatre biathlètes dans les huit premières places de cette mass-start, avec le duo Dale-Skjevdal – Laegreid en tête.
De notre envoyé spécial à Anterselva,
Et si Fabien Claude, Nicola Romanin et Campbell Wright avaient organisé un sprint amusant pour établir qui serait dernier de la course lors de cette mass-start olympique ? Avec près de six minutes de retard sur le vainqueur du jour, Johannes Dale-Skjevdal, les trois biathlètes ont vécu un véritable calvaire au stade d’Antholz, entre de nombreux échecs au tir et des passages répétés sur l’anneau de pénalité.
Leur principal adversaire, comme pour de nombreux participants, était le vent tourbillonnant du Sud-Tyrol, ce vendredi, lors de la dernière épreuve masculine de biathlon des JO de Milan-Cortina 2026. Dans cet exercice, Fabien Claude a manqué 9 tirs sur ses 20 tentatives. À ses côtés, Campbell Wright a réussi un 0/5 lors de son premier tir debout (totalisant 7 échecs).

« Une cible qui fait la taille d’un CD à 50 m »
Pour l’Italien Nicola Romanin, qui découvre la Coupe du monde cette année et n’avait jamais participé à une mass-start à ce niveau, l’expérience a été brutale, avec huit passages sur l’anneau de pénalité. « C’était difficile mais pas impossible de bien s’en sortir sur le pas de tir aujourd’hui, note-t-il. Dale a fait 20/20, ça montre que ce n’était pas impossible. Le vent changeait beaucoup, c’est vraiment ça qui était difficile à gérer. Et puis c’est très dur de retrouver aussi souvent l’anneau de pénalité. » Ce dernier a été particulièrement fréquenté, car les erreurs se sont multipliées, avec seulement 6 biathlètes sur 29 ayant échoué à moins de trois balles sur 20.
En lice pour un podium, Emilien Jacquelin a connu un premier passage debout catastrophique avec un 1/5. Sur Eurosport, il a parlé de la difficulté extrême de cet exercice : « T’es en train de tirer à 170, t’as ton canon qui bouge comme ça et il faut aller tirer sur une cible qui fait la taille d’un CD à 50 mètres : quel enfer ! ». En zone d’interview, le médaillé de bronze de la poursuite a évoqué son éternel dilemme : rester en mode « champagne » ou s’adapter aux conditions très particulières de la course ?

« Sur ce premier debout, j’essaie de bien tenir la carabine en raison du vent difficile, explique-t-il. Je pense que j’ai voulu trop bien faire et j’ai perdu mes automatismes. Sur mon deuxième passage debout, j’étais beaucoup plus détendu, j’y suis allé à fond car il n’y avait plus rien à jouer. Je l’ai fait plus pour le public, et j’ai réussi 4/5. Peut-être que même dans le vent, je dois rester moi-même. »
Les Norvégiens bien plus adroits que les Français
Lors de son dernier passage debout, il a fait preuve d’audace et de spontanéité. Finalement 12e à 2’39 », Emilien Jacquelin a terminé devant un autre Français médaillé dans ces Jeux, Eric Perrot (20e à 3’44 »). « J’ai essayé de livrer une bonne course, raconte le jeune Savoyard. Mais j’étais trop épuisé, notamment par le relais. Avec le vent, la situation peut vite devenir catastrophique. Je n’ai pas réussi à prendre mes repères et j’ai loupé plusieurs tirs (7 au total). J’ai vraiment eu du mal sur le pas de tir. En fait, c’était la « dégringolada » au lieu de la remontada. »

Cette situation illustre bien le final olympique des Français à Anterselva, sauf pour Quentin Fillon Maillet et sa médaille de bronze historique. Sur les quatre coureurs engagés, au total, 26 balles (sur 80) ont été tirées hors des cibles. Très loin de l’efficacité des Norvégiens, à l’exception de Johan-Olav Botn (cinq fautes). Au final, les Norvégiens ont placé leurs quatre biathlètes dans les huit premières places de cette mass-start, avec le duo Dale-Skjevdal – Laegreid en tête.
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Son principal rival français était très loin derrière. « Avec une piste qui ne glissait pas beaucoup, ajoutée à la fatigue des semaines, les émotions et ces conditions extérieures, c’était vraiment une course de costauds. Pour les autres, on a essayé de s’amuser comme on a pu, » conclut Eric Perrot. À cela s’ajoute le forfait en pleine course de l’Italien Tommaso Giacomel, qui était en tête après les tirs couchés, ce qui montre que cette mass-start masculine ne restera pas dans toutes les mémoires. Enfin, sauf pour Quentin Fillon Maillet et son fameux record de neuf médailles, évidemment.

