Affaire Epstein : Charles III soutient-il l’enquête sur Andrew ?
Le roi Charles III a réagi à l’annonce de la garde à vue de son frère Andrew en affirmant : « La justice doit suivre son cours. » Il a également déclaré avoir appris « avec la plus profonde inquiétude » les soupçons d’abus concernant Andrew Mountbatten-Windsor dans un communiqué publié jeudi.

« La justice doit suivre son cours. » C’est la réaction formelle et sans émotion du roi Charles III après l’annonce, jeudi, de la garde à vue de son frère Andrew, ancien prince déchu impliqué dans l’affaire Epstein. Arrêté suite à des allégations de « faute dans l’exercice de fonctions officielles » en lien avec le criminel sexuel américain, il a été relâché dans la soirée, en attendant les suites de l’enquête.
Cette arrestation, inédite pour la monarchie britannique depuis le XVIIe siècle, a suscité une réaction de Charles III en moins de deux heures : « J’ai appris avec la plus profonde inquiétude la nouvelle concernant Andrew Mountbatten-Windsor et les soupçons d’abus dans l’exercice d’une fonction officielle », a-t-il déclaré dans un communiqué publié jeudi. Il y affirme « son soutien et sa coopération » aux autorités britanniques. Une communication brève et neutre qui suscite des interrogations, analysée ici par Olivia Micenmacher, reporter pour le magazine Point de vue, spécialiste de la famille royale britannique.
Quelle est l’explication du ton adopté par le roi Charles III ?
Ce ton est tout à fait conforme au style des Windsor et à la manière dont il entend régner, en suivant son propre chemin tout en ignorant les scandales. Sa réaction, qui se manifeste par un communiqué sans affection pour son frère et sans inquiétude, hormis celle relative à la loi, n’est pas surprenante. Charles III évoque son rôle de souverain, plaçant les intérêts de la couronne avant ceux de sa famille.
De plus, il réagit au fait criminel – au moins qualifié ainsi – ce qui prend le pas sur tout autre commentaire superflu.
Il convient également de noter qu’il s’agit de l’un de ses premiers messages en tant que roi où il ne mentionne pas Camilla [sa femme]. Il commence souvent par « ma femme et moi », mais cette fois, c’est clairement lui, Charles III, qui s’exprime. C’est son frère, son affaire, et il prend note de son arrestation, portant seul le poids du communiqué de soutien à la police, sans inclure Camilla.
Est-il surprenant que Charles III réagisse ?
Il est vrai qu’il a émis des messages lors de catastrophes, de meurtres, de décès notables ou encore à Noël. Mais concernant sa propre famille, les commentaires sont rares. Par exemple, il n’a pas réagi officiellement aux propos de Harry depuis son départ du Royaume-Uni. Ainsi, sa réaction concernant Andrew est liée à l’enquête en cours, ce qui ne lui laisse pas d’autre choix.
Ceci s’inscrit dans la continuité de ses déclarations du 8 février, lorsqu’il avait affirmé qu’il était prêt à collaborer avec la justice dans le cadre de l’enquête. Toutefois, il y aura des limites, et bien qu’il ouvre peut-être des archives ou fournisse des documents, il ne témoignera pas oralement contre son frère.
Charles III n’avait par conséquent pas d’autre choix…
Il est également sous pression de l’opinion publique lorsqu’il est en sortie. Cependant, la monarchie et le roi ne réagissent pas exclusivement en fonction de l’opinion. Cette fois, sa réaction découle des révélations concernant des documents contenant vraisemblablement des informations confidentielles liées à la couronne, envoyés à une personne totalement extérieure à la couronne, en l’occurrence une Américaine, ce qui constitue un délit, voire un crime.
Ce n’était pas le cas précédemment : même si le nom d’Andrew figure dans les dossiers Epstein liés au volet sexuel, la qualification n’existait pas, et aucune enquête n’était ouverte puisque les faits sont pour le moment prescrits. Le volet sexuel reste en suspens, mais les implications financières ont contraint le roi à réagir, étant donné qu’il s’agit de secrets d’État. En tant que chef d’État, il a été obligé de réagir en fonction des circonstances.

