Le miracle de Pékin : dépollution de l’air en 10 ans grâce à une méthode stricte.
En 2013, les autorités chinoises ont imposé des politiques drastiques pour améliorer la qualité de l’air, avec des résultats notables en 2024, où les concentrations de PM2,5 à Pékin s’établissaient autour de 30 microgrammes par mètre cube d’air (µg/m³). La qualité de l’air à Pékin, qui ne comptait qu’une dizaine de jours par an avec un « ciel bleu » auparavant, en compte désormais près de 300 par an.

Il fut un temps où la Chine, particulièrement sa capitale, Pékin, était tristement reconnue pour la mauvaise qualité de son air. Cela remonte au début des années 2010.
À cette période, la qualité de l’air était si altérée que certains vols étaient annulés, la visibilité étant insuffisante pour les atterrissages. Pékin et d’autres grandes villes étaient souvent enveloppées d’un épais brouillard gris. Les répercussions sur la santé de la population étaient inévitables.
En 2013, les autorités ont enfin pris cela en considération et ont mis en place des mesures drastiques. Une décennie plus tard, l’air est devenu plus pur. Bien que le problème ne soit pas totalement résolu, la situation a connu des améliorations significatives. Pékin, auparavant connue pour avoir seulement une dizaine de jours par an avec un « ciel bleu », en compte désormais près de 300.
Une pollution causée par le charbon et les véhicules à essence
Derrière ce ciel gris des années 2010 se trouvaient les fameuses particules fines, notamment les plus nocives : les PM2,5. Ayant un diamètre inférieur à 2,5 micromètres, elles sont jusqu’à trente fois plus petites qu’un cheveu humain et pénètrent profondément dans les voies respiratoires. Leur taille minuscule leur permet de traverser toutes les barrières naturelles du corps, atteignant ainsi la circulation sanguine. Les PM2,5 sont associées à des maladies respiratoires, des affections cardiovasculaires et à un risque accru de certains cancers.


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Parmi les polluants générant ces particules, les scientifiques identifient particulièrement le dioxyde de soufre (SO₂), issu principalement des centrales au charbon et des véhicules à combustion. Une fois émis, ce gaz réagit chimiquement avec d’autres composés pour former des particules sulfates, ce qui augmente la concentration de PM2,5.
Des mesures politiques pour améliorer la qualité de l’air
Pour assainir l’air, la Chine devait soit réduire sa consommation de charbon, soit réduire les émissions de SO₂. Étant donné la difficulté de la première option à court terme, le pays a choisi en 2013 d’agir sur les rejets de dioxyde de soufre.
Les centrales à charbon ont ainsi commencé à être équipées de systèmes de désulfuration. Installés dans les cheminées, ces dispositifs injectent du calcaire dans les fumées. Cela permet de capter jusqu’à 95 % des émissions de SO₂ avant leur rejet dans l’atmosphère.
Parallèlement, le gouvernement a intensifié le retrait des véhicules anciens, particulièrement polluants, tout en encourageant le développement de véhicules électriques. Cette transition a été facilitée par un déploiement rapide des infrastructures de recharge à l’échelle nationale.
Dans le centre de Pékin, les scooters à essence sont interdits : tous les deux-roues sont désormais électriques. Les voitures hybrides rechargeables et électriques (avec plaques vertes) bénéficient également de facilités de circulation, ce qui contribue au calme qui règne lorsque les feux passent au vert. De plus, on note une augmentation significative du nombre de vélos dans la capitale.
À noter aussi que le nombre de centrales photovoltaïques et d’éoliennes a explosé, permettant à la Chine de décarboniser son électricité de manière rapide, même si elle part d’une situation défavorable.
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Ces efforts ont porté leurs fruits. En 2024, les concentrations de PM2,5 à Pékin étaient d’environ 30 microgrammes par mètre cube d’air (µg/m³), contre des pics pouvant atteindre 550 µg/m³ une décennie auparavant. Bien que ce niveau soit encore supérieur aux recommandations de l’OMS (5 µg/m³), il est incomparable avec la situation passée.

Assainir l’air pourrait-il accélérer le réchauffement ?
Depuis l’application de ces politiques, certains chercheurs ont noté un phénomène inattendu : une légère accélération du réchauffement climatique. Dans un podcast de The Conversation, la météorologue Laura Wilcox évoque une augmentation d’environ 0,07 °C en Asie, liée à la réduction des émissions de SO₂.
Effectivement, les particules sulfates en suspension ont un effet de refroidissement, car elles réfléchissent une partie du rayonnement solaire vers l’espace et augmentent la capacité des nuages à renvoyer la lumière. Par conséquent, moins d’énergie solaire atteint la surface de la Terre.

Cependant, il est important de comprendre que ces particules n’ont en aucun cas favorisé le réchauffement climatique. La météorologue a d’ailleurs été claire sur ce point : « ce que nous observons ici n’est pas un nouveau réchauffement, nous supprimons simplement un effet refroidissant qui masquait un réchauffement déjà présent », a-t-elle souligné.

