Maroc

Éloges et critiques sur la réactivité des autorités face aux défaillances.

Le Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) a salué la réactivité exemplaire des autorités face aux inondations dévastatrices qui ont submergé récemment les villes du Nord du Royaume, tout en notant des fragilités telles qu’une urbanisation anarchique en zones à risque. Le CNDH a également préconisé le renforcement des systèmes d’alerte précoce au niveau local et l’intégration des enjeux climatiques dans les projets d’aménagement du territoire.


Le Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) a salué la réactivité exemplaire des autorités face aux inondations dévastatrices qui ont récemment touché les villes du Nord du Royaume, mettant en avant un modèle de résilience proactive. Cependant, cette crise a mis en lumière certaines fragilités, notamment une urbanisation anarchique persistant dans les zones à risque, des inégalités territoriales dans la distribution des aides, et une intégration insuffisante des défis climatiques dans les stratégies d’aménagement du territoire.

Le CNDH a également apprécié le lancement des opérations de retour progressif des populations évacuées suite à ces inondations. Après avoir réhabilité plusieurs zones sinistrées et rétabli des conditions de vie conformes à la dignité humaine, les autorités publiques ont instauré un dispositif logistique multidimensionnel pour faciliter le retour des citoyens dans leurs villes d’origine.

Dans son rapport préliminaire sur cette catastrophe naturelle, le CNDH a mis en lumière divers indicateurs positifs concernant la gestion de cette crise, tels que la rapidité d’intervention des autorités locales, soutenues par les Forces Armées Royales, la Gendarmerie Royale, la Sûreté nationale, la Protection civile et les Forces auxiliaires. Par exemple, à Ksar El-Kébir, au début du mois de février, plus de 180.000 personnes ont été évacuées dans les provinces de Larache, Kénitra, Sidi Kacem et Sidi Slimane, dans le cadre de l’opération préventive la plus large menée lors d’une catastrophe naturelle au Maroc, tout en mettant en place des installations temporaires, bien que des insuffisances notables aient été relevées en matière de confidentialité, d’accès à l’eau et d’assainissement.

Le rapport a aussi mis en avant la continuité du droit à l’éducation, grâce à l’enseignement à distance et à des solutions temporaires pour favoriser une reprise progressive des activités scolaires. De plus, le droit à la santé a été protégé, avec une attention particulière portée sur les femmes enceintes, les personnes âgées, celles en situation de handicap et les malades chroniques, ainsi que l’organisation de campagnes médicales mobiles multidisciplinaires, et la distribution urgente de denrées alimentaires et d’eau potable, impliquant des acteurs institutionnels et associatifs.

Le CNDH a signalé l’efficacité de la communication institutionnelle et la large diffusion des bulletins d’alerte, tout en notant la circulation de contenus numériques trompeurs, parfois générés par intelligence artificielle, destinés à amplifier ou déformer certains faits.

Malgré les éloges justifiés émis par le CNDH concernant la gestion de cette crise par les autorités marocaines, certaines faiblesses persistent, et le CNDH appelle à agir avec détermination. L’institution a exhorté tous les acteurs concernés à renforcer la préparation anticipative à travers une série de mesures structurantes, en s’appuyant sur les expériences acquises par le pays en matière de gestion des catastrophes naturelles.

Elle a recommandé l’élaboration de plans locaux intégrés, aux niveaux régional, provincial et communal, pour la gestion des risques d’inondation. Ces plans devraient adopter une approche basée sur les droits humains et définir clairement les rôles et responsabilités des différents intervenants.

Le Conseil a aussi préconisé de renforcer les systèmes d’alerte précoce au niveau local, les liant à des mécanismes de communication directe avec les populations, afin d’assurer une diffusion rapide et efficace des informations lors des catastrophes naturelles.

De plus, il a souligné l’importance d’un contrôle stricte du respect des lois en matière d’urbanisme et l’interdiction effective des constructions dans les zones sujettes aux inondations.

L’institution a également appelé à réviser la vision gouvernementale concernant les stratégies de lutte contre les changements climatiques et le réchauffement. Elle a précisé que ces transformations ne se limitent pas à une succession d’années de sécheresse, mais englobent aussi des épisodes de pluies extrêmes susceptibles de provoquer des crues significatives. Elle a en outre attiré l’attention sur les risques potentiels de phénomènes marins extrêmes dans les zones basses le long du littoral, de la Méditerranée à l’Atlantique.

Un point essentiel relevé par le CNDH dans son rapport est l’intégration des enjeux climatiques, qu’il s’agisse de sécheresse ou d’inondations, dans les projets d’aménagement du territoire, touchant aux zones côtières, montagneuses ou oasiennes.

**Elias Rayane**