Ukraine : le défi des mères face à la guerre et aux bombes
Anastasia s’apprête à donner naissance à son troisième enfant, une petite fille, après deux garçons, dans une salle de travail de Kiev. Jaroslava et Vyacheslav découvrent leur nouveau-né, arrivé prématurément, après un accouchement précipité par le stress des derniers jours.
Pas simple d’accoucher en Ukraine. Cela peut se passer dans l’angoisse des bombardements.
Anastasia s’apprête à donner naissance à son troisième enfant, une petite fille après deux garçons. Mais dans cette salle de travail de Kiev, l’émotion se mêle à l’inquiétude. * »J’ai peur. Mon aîné me demande tout le temps, maman, quand la guerre va-t-elle se terminer ? Et lui, il n’a que 10 ans, »* confie la jeune mère.
Dans une chambre voisine, Jaroslava et Vyacheslav découvrent leur nouveau-né, arrivé prématurément. Le stress des derniers jours a précipité l’accouchement. * »On était tout le temps stressés avec toutes les alertes. Chez moi, dans ma région, c’est un peu mieux. Mais ici à Kiev, j’étais très stressée, »* explique Jaroslava.
### Des maternités transformées en bunkers
### Entre survie et espoir d’avenir
Le retour à domicile inquiète autant que l’accouchement lui-même. Jaroslava et son mari Vyacheslav redoutent les coupures d’électricité et le froid pour leur bébé prématuré. * »C’est effrayant, mais nous trouverons des solutions. Il y a des générateurs. Le bébé est tout petit, il a besoin de chaleur, »* déclare la jeune mère.
Vyacheslav, lui, craint d’être mobilisé et de laisser sa famille sans soutien. * »J’ai peur. Je suis le seul soutien de la famille, donc pour l’instant, j’aimerais ne pas être mobilisé et rester chez moi, »* avoue-t-il. Une angoisse partagée par de nombreux pères ukrainiens, tiraillés entre devoir patriotique et responsabilités familiales.
### Donner la vie comme acte de résistance
Malgré les difficultés, certaines femmes font le choix délibéré de la maternité en temps de guerre. Fayna, enceinte de son premier enfant et séparée de son mari mobilisé, assume sa décision. * »Face aux pertes dans notre pays, je souhaite que l’Ukraine soit plus grande, avec plus d’enfants. Or, si nous n’avons pas d’enfants, nous serons moins nombreux, »* explique-t-elle.
Quelques heures plus tard, Anastasia donne finalement naissance à sa fille Eva. Un moment d’émotion pure dans un contexte dramatique. * »On dit que quand il y a plus de filles qui naissent que de garçons, c’est signe de paix, »* confie-t-elle, portée par un espoir fragile mais tenace. Le personnel médical partage cet optimisme prudent : * »C’est le cas pour l’instant. Nous espérons que cette paix viendra bientôt. On est optimistes. »*

