Six suspects mis en examen pour homicide volontaire après la mort de Quentin Deranque.
L’enquête autour de la mort de Quentin Deranque a conduit à la mise en examen de six hommes pour « homicide volontaire » et d’un assistant du député LFI Raphaël Arnault pour « complicité ». Au total, onze personnes ont été arrêtées, dont sept pour « homicide volontaire », « violences aggravées » et « association de malfaiteurs », tandis que quatre autres ont été remises en liberté.
L’enquête sur la mort du militant nationaliste Quentin Deranque, agressé mortellement il y a une semaine à Lyon, avance. Jeudi soir, six hommes, soupçonnés de l’avoir frappé à mort, ont été mis en examen pour « homicide volontaire », ainsi qu’un assistant du député LFI Raphaël Arnault pour « complicité ».
Le procureur de la République Thierry Dran avait précédemment demandé, lors d’une conférence de presse, la mise en examen de sept suspects et leur détention provisoire. Finalement, deux d’entre eux ont été placés en détention : Jacques-Elie Favrot, 25 ans, collaborateur de Raphaël Arnault, et Adrian Beysseyre, 25 ans, un proche du député. L’avocat de Favrot, Me Bertrand Sayn, a indiqué que le chef d’inculpation retenu à son encontre confirme qu’il « n’a pas donné de coups directs susceptibles d’avoir causé le décès ».
D’après les déclarations du procureur, « certains des suspects font partie d’associations et trois affirment faire partie ou être proches de la mouvance ultragauche ». Le profil des suspects, âgés de 20 à 26 ans, montre qu’ils sont principalement étudiants ou employés dans le privé, tandis que l’un est sans emploi et un autre est assistant parlementaire.
Lors des interrogatoires, deux suspects ont refusé de s’expliquer sur les faits. Selon Thierry Dran, « les autres ont reconnu leur présence sur les lieux, certains ont admis avoir porté des coups à Quentin Deranque et à d’autres victimes. Cependant, ils ont tous nié toute intention de tuer ». Malgré cela, le parquet a ouvert une information judiciaire pour homicide volontaire, incluant trois circonstances aggravantes, notamment le fait que certains suspects étaient armés.
Bien que la plupart des suspects n’aient pas de casier judiciaire, deux d’entre eux sont connus des services de police pour usage de stupéfiants, vol et port d’arme. Thierry Dran a également précisé qu’un des inculpés fait l’objet d’un contrôle judiciaire suite à des violences aggravées en raison de la race, de l’ethnie ou de la religion. Il a demandé la détention provisoire de ces sept personnes à cause des risques de troubles à l’ordre public, de concertation frauduleuse, de déperdition des preuves et pour les maintenir à disposition de la justice.
Concernant la conférence de presse, Thierry Dran a noté que « l’identification des personnes présentes sur les lieux avait été difficile » et qu’il restait encore plusieurs personnes à identifier. Grâce à « l’exploitation des témoignages », « les éléments matériels et techniques », ainsi que les vidéos, sept personnes ont été identifiées dans un « contexte sensible ». Une opération policière de grande envergure a eu lieu entre mardi soir, 18 heures, et mercredi matin, 9 heures, entraînant des interpellations dans plusieurs départements (l’Aisne, la Drôme, Haute-Loire, Isère, Rhône).
Au total, onze personnes ont été arrêtées : sept pour « homicide volontaire », « violences aggravées » et « association de malfaiteurs », et quatre autres (dont trois femmes) pour « recel de malfaiteurs ». Thierry Dran a précisé que ces dernières ont été remises en liberté mais seront convoquées ultérieurement par la justice.
« Nous n’avons pas encore identifié l’ensemble des personnes présentes sur les lieux, ni l’ensemble des personnes ayant porté des coups à Quentin Deranque », a souligné le procureur, ajoutant que les juges d’instruction examineront tous les faits. Pour l’instant, les sept personnes mises en cause le sont uniquement pour les faits ayant conduit à la mort de Quentin Deranque.

