Rachat de SFR : Orange, Free et Bouygues en course contre-la-montre
Les opérateurs français souhaiteraient accélérer le projet de rachat de SFR, qui stagne depuis la proposition à 17 milliards de Free, Orange et Bouygues Telecom. À partir du mois d’avril, le dossier de rachat passerait plutôt entre les mains de la Commission européenne, entraînant des inquiétudes sur des potentiels retards dans le processus de décision.

Après l’annonce fin d’année d’une offre de rachat de SFR par ses trois concurrents, le projet stagne. En effet, SFR n’a pas validé l’offre de 17 milliards d’euros de Free, Orange et Bouygues Telecom.
Cependant, le temps presse et tous les acteurs impliqués souhaitent donner un coup d’accélérateur au dossier, comme le rapporte L’Informé ce jeudi 19 février.
Un agenda politique et judiciaire chargé
Le premier sujet à examiner concerne l’Autorité de la concurrence, responsable de l’évaluation de ce projet de rachat. Dans toutes les industries, lorsqu’une fusion a lieu entre des acteurs aussi importants, l’Autorité doit s’assurer que le marché reste équitable.
Pourtant, sur ce dossier, l’identité de l’autorité pourrait être modifiée dans les semaines à venir. Si le rachat devait se conclure aujourd’hui, c’est l’Autorité de la concurrence française, basée à Paris, qui serait en charge du dossier.
À partir du mois d’avril, le dossier pourrait plutôt être transféré à la Commission européenne. En effet, à partir de cette date, Orange va élargir son périmètre avec l’acquisition de MásOrange en Espagne, devenant ainsi un opérateur vraiment international : la France ne représenterait plus que 66 % de ses revenus. Ceci est déjà le cas pour le groupe Iliad, dirigé par Xavier Niel.
Conséquence : deux des trois opérateurs acheteurs seraient jugés trop importants à l’échelle européenne, nécessitant que la décision soit prise à Bruxelles plutôt qu’à Paris.
Le média rapporte les préoccupations d’un banquier d’affaires : « Si le rachat de SFR doit être évalué là-bas, il pourrait y avoir des arrêts et des reprises, allongeant le processus décisionnel, sans compter l’incertitude concernant leur position sur le passage de quatre à trois opérateurs. »
Ne pas risquer le télescopage avec 2027
Les opérateurs souhaitent avant tout éviter un dossier qui s’éterniserait. Cela pourrait créer le risque que le projet de rachat se retrouve au cœur des actualités en pleine campagne présidentielle. Cette inquiétude a déjà été exprimée auparavant.
Ils ne souhaitent probablement pas que ce sujet attire l’attention sur leurs affaires. D’autant plus que la fusion éventuelle soulevait des questions concernant l’avenir des employés de SFR. Les futurs candidats à l’élection pourraient alors s’emparer de cette problématique.

