Donald Trump : Qui sera présent au lancement du « Conseil de paix » ce jeudi ?
Le « Conseil de paix » créé par le président américain Donald Trump tient sa première réunion ce jeudi à Washington, avec 47 pays participants, dont certains ne sont pas membres à proprement parler. Donald Trump en est le président quasiment tout-puissant et est seul habilité à « inviter » d’autres chefs d’Etat et de gouvernement.
Un club pas comme les autres. Créé pour aider à la reconstruction de Gaza, puis élargissant sa mission à la résolution des conflits, le « Conseil de paix » établi par le président américain Donald Trump tient sa première réunion ce jeudi à Washington. Voici les derniers développements.
### Quels pays participent ?
Quarante-sept pays participeront, bien que seuls certains en soient membres à part entière. L’Union européenne sera présente en tant qu’« observatrice ».
Le ministre des Affaires étrangères israélien, Gideon Saar, représentera Israël. Le Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, et le président argentin, Javier Milei, seront également présents. Plusieurs pays arabes ont rejoint l’instance, dont l’Égypte, représentée par le Premier ministre Mostafa Madbouly, et la Jordanie, par le ministre des Affaires étrangères Ayman Safadi.
Le président indonésien, Prabowo Subianto, ainsi que plusieurs dirigeants d’Asie centrale, ont également confirmé leur présence.
### Qui garde ses distances ?
La plupart des grands alliés traditionnels et rivaux des États-Unis n’ont pas rejoint le « Conseil de paix » en tant que membres fondateurs.
L’Europe est cependant divisée sur la position à adopter : certains pays non-membres, comme l’Italie et l’Allemagne, participeront en tant qu’« observateurs ». L’Union européenne, par l’intermédiaire de la commissaire Dubravka Suica, adopte la même position. La France, soutenue par l’Espagne, la Belgique et l’Irlande, a critiqué cette décision de Bruxelles. Donald Trump a retiré l’invitation au Canada, tandis que le Vatican a refusé de participer.
La Chine, invitée, a indiqué qu’elle n’avait aucune intention de participer et a réaffirmé à plusieurs reprises son attachement à un système centré sur l’ONU. Le Japon n’a pas encore pris de décision officielle concernant sa participation au « Conseil de paix », mais devrait envoyer son émissaire en charge de Gaza, selon les médias.
Donald Trump détient un pouvoir quasi absolu en tant que président de cette instance. Il est seul capable d’« inviter » d’autres chefs d’État et de gouvernement et peut également annuler leur participation.
### Sur quoi porteront les discussions ?
Le conseil se concentrera d’abord sur la reconstruction et la stabilisation du territoire palestinien. Après plus de quatre mois de cessez-le-feu, des tirs et des frappes continuent de se produire quotidiennement dans la bande de Gaza, Israël et le Hamas s’accusant mutuellement de violer la trêve.
La Maison-Blanche devrait annoncer des engagements financiers de 5 milliards de dollars pour la bande de Gaza, ainsi que l’envoi de « milliers » de militaires en tant que force de stabilisation. Jeremy Issacharoff, expert à la Reichman University, souligne pour l’AFP qu’il faudra « beaucoup plus que cinq milliards de dollars » pour reconstruire ce territoire en ruines.
### Quelle crédibilité pour cet organisme ?
« Bien malin qui peut dire » ce qu’est le « Conseil de paix », déclare à l’AFP Bruce Jones, expert de la Brookings Institution. Selon lui, c’est « un mélange confus d’ambition et de narcissisme, qui ne repose sur aucun effort de cohérence intellectuelle ». Max Rodenbeck, expert du International Crisis Group, prédit dans un communiqué que « si cette réunion (jeudi) ne produit pas des résultats rapides et concrets », notamment sur le plan humanitaire, « sa crédibilité va rapidement s’effondrer ».
### Cet organisme peut-il concurrencer l’ONU ?
Au-delà de Gaza, le « Conseil de paix » a pour mission de « garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits ». Cela pourrait, sur le papier, permettre de rivaliser avec l’ONU, que le président américain juge inefficace. Les membres permanents du « Conseil de paix » devront verser un milliard de dollars pour adhérer, ce qui soulève des critiques sur une potentielle version « payante » du Conseil de sécurité. Le président brésilien Lula a caractérisé cette initiative comme « une nouvelle ONU dont (Trump) serait le seul maître ».

