Mort de Quentin Deranque : la famille de Raphaël Arnault en crise
Six jours se sont écoulés depuis le passage à tabac de Quentin Deranque, et l’enquête menée par la division de la criminalité territoriale a conduit à l’interpellation de onze personnes. Parmi elles, Adrian B., un ancien stagiaire de Raphaël Arnault, est soupçonné d’avoir participé directement aux violences.
Six jours ont passé depuis le passage à tabac de Quentin Deranque. L’enquête, dirigée par la division de la criminalité territoriale, a connu une avancée significative ces dernières heures. Onze personnes, impliquées à divers niveaux dans la mort du jeune nationaliste de 23 ans, ont été interpellées mardi et mercredi et placées en garde à vue. Il s’agit de huit hommes et de trois femmes, liés à la mouvance de l’ultragauche. Selon nos informations, plusieurs d’entre eux ont été membres de la Jeune Garde antifasciste, un collectif dissous le 12 juin dernier en Conseil des ministres.
Contactée par *20 Minutes*, Me Aïnoha Pascual, l’avocate du groupuscule cofondé par le député Raphaël Arnault en 2018, a refusé de commenter. « Le secret de l’enquête vous connaissez ? Je ne sais pas qui sont les avocats qui prendraient la parole durant la garde à vue de leur client, ces gens-là mériteraient d’être radiés du barreau », a-t-elle simplement déclaré avant de nous souhaiter « bon courage ». La semaine dernière, elle avait publié un communiqué indiquant que « La Jeune Garde ayant suspendu toutes ses activités », « elle ne saurait être tenue pour responsable des tragiques événements ayant eu lieu à Lyon ».
Parmi les suspects, certains sont soupçonnés d’avoir agressé Quentin Deranque lors d’une conférence de Rima Hassan à Sciences Po Lyon, où il était venu assurer la sécurité de militantes du collectif identitaire Némésis. D’autres sont soupçonnés de les avoir aidés à fuir. Certains d’entre eux font l’objet de fiches S, pour « sûreté de l’Etat », délivrées par le renseignement intérieur. Leur garde à vue peut durer 48 heures. Les arrestations ont eu lieu dans le Rhône, en Isère, dans la Drôme, à Soissons dans l’Aisne et en Haute-Loire.
Les enquêteurs ont également interpellé deux collaborateurs de l’élu LFI du Vaucluse. Âgé de 24 ans, Jacques-Elie Favrot, reconnu par les militantes de Némésis, avait, dimanche, démenti « formellement être responsable de ce drame ». Son avocat, Me Bertrand Sayn, n’a pas répondu aux demandes de *20 Minutes*. Raphaël Arnault a annoncé mardi soir avoir engagé la procédure pour « mettre fin » au contrat de son collaborateur parlementaire, qui était à ses côtés depuis 2024. Les policiers ont aussi arrêté Robin C., un jeune homme de 24 ans, qui, selon *Le Parisien*, travaille à l’Assemblée nationale avec l’élu du Vaucluse sous le pseudonyme de Robin Michel.
« J’ai vraiment envie de changer quelque chose dans ce monde, mais je pense que la politique ce n’est pas la voie la plus propice. C’est un monde sans pitié, un monde de pouvoir, ce n’est pas ce que je veux faire », avait-il déclaré en 2019 à la radio France Bleu (aujourd’hui nommée Ici), alors qu’il était encore lycéen au Puy-en-Velay.
Adrian B., un ancien stagiaire de Raphaël Arnault, figure également parmi les onze personnes interpellées, selon deux sources proches du dossier citées par l’AFP. Il est soupçonné d’avoir participé directement aux violences, tandis que Robin C. l’aurait aidé à échapper aux forces de l’ordre. Contacté par *20 Minutes*, Raphaël Arnault n’avait pas encore répondu à nos questions.

