L’USFP définit une économie productive et équitable pour la croissance.
Lors de la réunion du secteur ittihadi de l’enseignement supérieur, le Premier secrétaire de l’Union socialiste des forces populaires, Driss Lachguar, a présenté une vision politique axée sur une économie productive, compétitive et équitable. L’USFP souligne que l’effort budgétaire de l’État doit générer des effets multiplicateurs visibles et durables sur le tissu productif et sur la cohésion sociale.
Dans la vision politique de l’Union socialiste des forces populaires (USFP), exposée par le Premier secrétaire, Driss Lachguar, lors de la réunion du secteur ittihadi de l’enseignement supérieur, l’économie ne peut être considérée comme une simple rubrique programmatique ou comme un domaine technique parmi d’autres. Elle fait partie intégrante des sept engagements majeurs autour desquels le parti souhaite établir un véritable contrat de gouvernance, s’accompagnant de décisions claires à prendre dès les cent premiers jours d’exercice des responsabilités. Cette approche représente un changement significatif, en rupture avec les promesses sans hiérarchie ni calendrier, et privilégie une démarche ordonnée, basée sur des priorités établies, des échéances définies et des mécanismes d’exécution mesurables.
Parmi ces engagements clés, celui d’une économie productive, compétitive et équitable se révèle être un élément central. Il ne s’agit pas d’un simple ajustement cosmétique ou d’une retouche technique du modèle existant, mais d’une orientation stratégique visant à corriger des déséquilibres qui se sont enracinés, voire aggravés, au fil des années. Alors que la croissance affichée peine à se traduire par une amélioration tangible du pouvoir d’achat et par une stabilisation durable de l’emploi, l’USFP choisit de poser la question essentielle que tout débat économique sérieux devrait aborder sans détour : « Chaque dirham investi doit contribuer à élargir la base productive et à réduire les inégalités ». Quelle valeur ajoutée produisons-nous réellement et selon quelles règles de distribution ?
Il ne s’agit pas de minimiser les efforts réalisés en matière d’investissement public ou de diminuer l’importance des ressources mobilisées pour les infrastructures, les zones industrielles ou les stratégies sectorielles successives. Le véritable débat se joue ailleurs, dans l’architecture même du modèle économique. Car derrière les chiffres affichés subsistent des fragilités structurelles. L’économie nationale est souvent caractérisée par des phénomènes de concentration excessive, par des mécanismes de rente altérant la concurrence loyale et par une distribution inégale des opportunités. Dans un tel cadre, la compétitivité est évoquée en principe, mais difficilement traduite en dynamique réellement partagée et accessible à tous les acteurs.
La réflexion mène inévitablement au cœur du sujet : celui de la production elle-même. Produire quoi, au profit de qui et selon quelles règles ? Une économie véritablement productive ne peut se mesurer uniquement à l’expansion des flux ou à l’augmentation mécanique des échanges. Elle se définit par sa capacité à améliorer la qualité de son offre, à intégrer l’innovation en tant que moteur permanent, à ancrer son activité territorialement tout en articulant de manière cohérente l’industrie, l’agriculture et les services à haute valeur ajoutée. Il est également nécessaire que l’investissement public soit perçu non plus sous un angle strictement quantitatif, mais comme un levier stratégique orienté vers la structuration du tissu productif et la création d’emplois durables et qualifiés.
La vulnérabilité du marché du travail marocain n’est pas seulement une question conjoncturelle. Elle est le résultat de déséquilibres plus profonds inscrits dans la structure même du modèle productif. Une part importante des emplois créés est marquée par la précarité, par une protection sociale limitée et par des niveaux de rémunération non garantissant ni stabilité ni projection sereine dans l’avenir. Le chômage persistant des jeunes diplômés illustre une inadéquation durable entre les parcours de formation et les véritables exigences du tissu économique, nourrissant une frustration sociale silencieuse et parfois explosive. Dans ce contexte, invoquer la compétitivité sans remettre en question la qualité et la dignité de l’emploi relève d’une lecture partielle de la réalité.
C’est ici que l’approche sociale-démocrate de l’USFP introduce une inflexion majeure. La compétitivité ne doit plus être fondée sur la compression salariale continue ou sur la fragilisation des droits sociaux. Elle doit s’appuyer sur l’élévation des qualifications, l’amélioration de la productivité et la consolidation de la stabilité professionnelle. L’idée défendue par le parti de la Rose est claire : l’aide publique ne peut être distribuée sans contreparties sociales précises. Les incitations fiscales doivent être conditionnées à la création effective d’emplois stables. Les mécanismes d’appui doivent être évalués non pas uniquement sur le volume des crédits mobilisés, mais sur leur impact réel sur le tissu productif et sur le pouvoir d’achat.
Dans cette vision ittihadie du redressement économique, le tissu des petites et moyennes entreprises (PME) est d’une importance stratégique. Il constitue la base réelle de l’emploi national, mais il est confronté à des contraintes persistantes : difficultés d’accès au financement, délais de paiement fragilisant la trésorerie, ou concurrence déséquilibrée face à des groupes disposant de moyens disproportionnés. Renforcer les PME ne relève pas d’une simple déclaration de principe, mais représente un choix structurant qui implique une réorientation des marchés publics, une simplification des procédures administratives et une transparence rigoureuse dans l’octroi des avantages fiscaux, de sorte que l’effort national bénéficie prioritairement à ceux qui créent de la valeur et des emplois durables.
Au-delà des mécanismes techniques et des ajustements réglementaires, le projet de « Premier contrat stable » proposé par l’USFP exprime la volonté de rompre avec la banalisation de la précarité. L’entrée sur le marché du travail ne peut se réduire à une suite d’expériences fragiles et mal protégées. Elle doit offrir une perspective, garantir une protection effective et affirmer la dignité du travail. Cette approche n’est pas un luxe idéologique ; elle constitue une condition essentielle de stabilité économique et sociale. Une société où la jeunesse doute durablement de son avenir ne peut soutenir un cycle de croissance long et équilibré.
L’analyse économique appelle également à s’interroger sur la nature et la finalité de l’investissement public. L’effort budgétaire considérable fait par l’État ne peut être justifié que s’il engendre des effets multiplicateurs visibles et durables sur le tissu productif et sur la cohésion sociale. Cependant, la perception d’une concentration des bénéfices dans certains segments alimente un sentiment d’injustice. L’USFP pose donc une question cruciale : comment s’assurer que chaque dirham investi contribue réellement à élargir la base productive et à réduire les inégalités territoriales et sociales ? Cette interrogation pointe vers la nécessité d’une évaluation indépendante, rigoureuse et régulière des politiques économiques, loin des présentations flatteuses et des bilans auto-satisfaits.
Dans cette optique, l’économie cesse d’être un domaine purement technique et redevient un espace de choix politiques assumés. Gouverner ne consiste pas uniquement à gérer des équilibres budgétaires, mais à arbitrer entre différents modèles de répartition des richesses et des opportunités. Sur ce terrain, l’USFP adopte une position claire : refuser d’assimiler la croissance à l’accumulation de privilèges et promouvoir une économie où la performance découle d’une concurrence ouverte, régie par des règles justes, garantissant un accès équitable aux marchés et aux opportunités.
À l’approche des échéances électorales, le débat économique ne pourra être évité. Les déclarations d’intention et les formules consensuelles ne suffiront plus à convaincre un électorat désormais soucieux des mécanismes concrets, des calendriers réalistes et des engagements réalisables. L’alternative proposée par l’USFP réclame cette exigence de clarté. Le parti ne diabolise pas les grandes entreprises, mais il s’oppose à la captation de la réussite par des mécanismes improductifs et à la confusion entre puissance économique et privilège. Il ne remet pas en question la nécessité de la compétitivité, mais affirme qu’elle doit viser à renforcer la cohésion nationale et à consolider un développement partagé.
Gouverner autrement pour produire autrement, tel est l’enjeu. Une économie productive, compétitive et équitable ne peut être réduite à une formule électorale destinée à rythmer un discours de campagne. Il s’agit d’un projet de société, engageant la stabilité sociale, la crédibilité internationale et la confiance des citoyens dans l’action publique. Dans un contexte marqué par un endettement croissant et une érosion persistante du pouvoir d’achat, cette refondation du modèle économique apparaît moins comme une option parmi d’autres que comme une exigence stratégique pour préserver l’équilibre du pays et préparer son avenir avec lucidité et responsabilité.
Le temps n’est plus aux effets d’annonce ni aux bilans embellis. Il est temps de choisir entre la continuité d’un modèle ayant montré ses limites et l’ouverture d’un nouveau cycle, fondé sur la production réelle, la stabilité de l’emploi et l’exigence de justice économique. Lors de ce rendez-vous décisif avec les urnes, le parti de la Rose assume une orientation cohérente et claire : celle d’une croissance concrète, qui se réalise dans la vie quotidienne des Marocaines et des Marocains.
Mehdi Ouassat

