Belgique

Guerre en Ukraine : terminés selon médias russes, pourparlers avec Russie, Ukraine, États-Unis

Les pourparlers entre Ukrainiens, Russes et Américains ont pris fin mercredi matin à Genève après une brève rencontre lors de la seconde journée de discussions. Selon l’armée de l’air ukrainienne, la Russie a lancé un missile ballistique et 126 attaques de drones sur l’Ukraine dans la nuit de mardi à mercredi.


Les discussions entre les délégations ukrainienne, russe et américaine se sont conclues mercredi matin à Genève après une rencontre rapide lors de leur deuxième jour de pourparlers, visant à mettre fin à quatre ans de conflit en Ukraine. Moscou et Kiev ont qualifié ces négociations de « difficiles« . Le chef de la délégation russe, Vladimir Medinski, a indiqué : « Les négociations se sont déroulées pendant deux jours, elles ont duré très longtemps hier, sous formats différents, et environ deux heures aujourd’hui« , ajoutant qu’elles étaient « difficiles, mais professionnelles« .

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a également qualifié les négociations de mercredi à Genève de « difficiles« , accusant Moscou d’essayer de les « faire traîner en longueur« .

Les Ukrainiens et les Russes ont repris leurs pourparlers à Genève, sous médiation américaine, pour tenter de trouver une solution à la guerre en Ukraine, après une session la veille qui n’avait pas montré de progrès notable, conjointe à une nouvelle série de frappes russes nocturnes sur l’Ukraine.

Cette rencontre a été convoquée alors que la Russie aurait lancé un missile balistique et effectué 126 attaques de drones sur l’Ukraine durant la nuit de mardi à mercredi, selon des sources de l’armée de l’air ukrainienne.

Mercredi matin, les trois délégations se sont retrouvées à huis clos à l’hôtel InterContinental de Genève, après des échanges considérés comme « très tendus » la veille, d’après une source proche de la délégation russe.

Des « conseillers » de quatre pays européens, soit l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni et l’Italie, étaient également présents à Genève mardi, bien que leur présence n’ait pas été confirmée mercredi matin.

Pression américaine

Les négociations ont été menées sur la base d’un plan américain divulgué plusieurs mois auparavant, qui prévoit des concessions territoriales de l’Ukraine en échange de garanties de sécurité occidentales. Les discussions patinent sur la question du Donbass, le grand bassin industriel de l’est de l’Ukraine : Moscou exige que les forces ukrainiennes se retirent des zones qu’elles contrôlent encore dans la région de Donetsk, ce que Kiev refuse.

Les pourparlers de Genève font suite à deux sessions récentes à Abou Dhabi, aux Émirats arabes unis, qui n’avaient pas abouti à des avancées significatives. Steve Witkoff, émissaire de la Maison Blanche, a toutefois salué mercredi le progrès que représente la poursuite du processus de négociation entre Russes et Ukrainiens.

« Le succès du président Trump à réunir les deux parties de cette guerre a apporté un progrès significatif« , a déclaré le négociateur sur X après la première journée de discussions. « Les deux parties ont convenu d’informer leurs dirigeants respectifs et de continuer à travailler en vue d’un accord« , a-t-il ajouté.

Donald Trump exerce des pressions pour obtenir une solution diplomatique au conflit déclenché par l’invasion russe de l’Ukraine en février 2022. « L’Ukraine ferait mieux de venir à la table des discussions, et rapidement« , a insisté le président américain lundi soir, après avoir affirmé la semaine précédente que la Russie souhaitait « conclure un accord« .

Concessions demandées à Kiev

Volodymyr Zelensky a exprimé à plusieurs reprises ses doutes sur la volonté du Kremlin de négocier et a exclu, à ce stade, de céder des territoires à la Russie, qui occupe 19,5 % de l’Ukraine depuis la mi-février.

Le président ukrainien a jugé « pas juste » que Donald Trump appelle l’Ukraine et non la Russie à faire des concessions pour parvenir à la paix, dans une interview accordée à Axios. Il a ajouté espérer que cette pression accrue sur Kiev « soit juste sa tactique et pas une décision« .

La politologue Tatiana Stanovaïa a noté que le choix de Vladimir Medinski, historien nationaliste, pour diriger la délégation russe à Genève illustre le « retour des exigences politiques au centre des discussions« .

La Russie avait auparavant exigé une réduction des effectifs de l’armée ukrainienne et un engagement de Kiev à ne pas entrer dans l’OTAN.

Environ 100.000 personnes à Odessa (sud) étaient encore privées d’électricité mercredi matin après des frappes russes massives dans la nuit de lundi à mardi, d’après les autorités locales. La Russie a intensifié depuis plusieurs semaines ses frappes dévastatrices sur les infrastructures ukrainiennes pour faire pression sur Kiev.