À Marseille, préparatifs pour le ramadan : entre « Rush » et « mois de repos »
Le quartier de Noailles, dans le centre de Marseille, a connu mardi, à la veille du ramadan, un peu plus d’agitation qu’à l’accoutumée. Le boulanger a revu ses plans en indiquant qu’il fera moins de sandwichs et de viennoiseries, mais qu’il compense en vendant plus de galettes de semoule de blé et de pâtisseries.
Déjà animé, le quartier de Noailles, situé au cœur de Marseille, a connu mardi, à la veille de ramadan, plus d’agitation que d’ordinaire. Les étals du marché quotidien de la place des Capucins débordent de fruits et légumes. Les boucheries signalent leurs meilleures offres avec des affichettes affichant « Promotion ramadan ».
« On travaille un peu plus que d’habitude », confirme Sofiane, cogérant de la boucherie « Service Paradis », fondée par son arrière-grand-oncle au siècle dernier. L’agneau est particulièrement recherché en cette période de fête. « Pour le ramadan, on double nos commandes en passant de 20 à 40 agneaux par semaine », ajoute ce commerçant de 32 ans. Il précise que ces agneaux proviennent d’élevages de Sisteron, en Haute-Provence, et sont protégés par une IGP.
Dans ces ruelles où se côtoient primeurs, poissonniers, marchands d’épices, boulangers ou traiteurs, tout le monde se prépare pour ce mois de jeûne. Au magasin Global discount, les provisions ont été anticipées. À l’entrée, Chtar surveille les pots XXL de yaourts turcs, ainsi que les palettes de sodas et d’huile. « On consomme un peu plus pendant le mois de ramadan, c’est normal. En particulier les dates et la semoule de couscous », qui se vend ici en sacs de plusieurs kilos.
« Ce n’est pas de tout repos mais c’est un bon moment », sourit Nora, encombrée d’un chariot et de deux sacs remplis de provisions. « Je cuisine beaucoup et encore plus pendant le mois de ramadan. C’est un peu le rush et fatiguant, mais on a l’habitude, hamdoullah », se prépare cette quadragénaire.
Un peu plus loin, le boulanger a ajusté ses habitudes. « Évidemment, on vend moins de sandwichs et de viennoiseries. Mais on compense en vendant plus de galettes de semoule de blé et de pâtisseries, comme les mille-feuilles tunisiens », souligne Slimane, 41 ans. Le salon de thé pâtisserie de la place des Capucins ne servira plus de boissons. « On ne fera plus que des gâteaux », précise son propriétaire.
Cette année, avec un mois de ramadan en plein mois de février et la nuit tombant peu après 18 heures, les commerces alimentaires n’ont pas besoin de modifier leurs horaires. En revanche, la situation est différente pour les restaurateurs. Certains prévoient de garder les rideaux tirés tout le mois de février. C’est notamment le cas de nombreux snacks et restaurants. « C’est notre mois de repos », indique une jeune serveuse du restaurant Istanbul Grill, qui fait tourner sa dernière broche de veau avant de fermer. « Certains en profitent pour partir en vacances, d’autres restent à Marseille. Ce sont nos vacances de l’année », ajoute-t-elle en accueillant des clients venus savourer un dernier iskander avant la réouverture.

