Quand la mobilité virtuelle ne crée pas de réels liens humains
UNITA propose des cours de mobilité virtuelle permettant aux étudiant·es de suivre des cours de langue romanes et spécialisés sans déplacement physique. Sonja Schreiner, responsable du Centre de langues de la HES-SO Valais-Wallis, s’engage dans UNITA depuis 2023 et a dispensé des cours de Business French en mobilité virtuelle l’année dernière.
UNITA propose des cours de mobilité virtuelle, permettant aux étudiant·es de suivre des enseignements dispensés par des enseignant·es d’universités partenaires sans nécessiter de déplacement physique. Les mobilités virtuelles incluses concernent des cours de langues romanes (espagnol, italien, portugais, roumain et français), ainsi que des cours spécialisés dans divers domaines.
Sonja Schreiner, responsable du Centre de langues de la HES-SO Valais-Wallis et maître d’enseignement, s’investit dans UNITA depuis 2023. Elle fait partie d’un groupe de travail sur l’intercompréhension et collabore à d’autres projets, notamment ceux liés à la mobilité. L’année précédente, elle a enseigné des cours de Business French en mobilité virtuelle à des étudiant·es provenant de plusieurs universités partenaires. Cette année, elle a décidé de renouveler l’expérience.
Titulaire d’un master en lettres et langues romanes, Sonja trouve dans UNITA une continuité avec son propre parcours académique, axé sur les langues et les compétences transversales. Pour elle, la mobilité virtuelle est bien plus qu’un simple outil numérique. Elle souligne l’importance du cadre académique, de la régularité et de l’engagement exigé des étudiant·es.
« Cela reste un cours, avec des objectifs et une évaluation finale. La différence, c’est qu’il est gratuit, reconnu, et dispensé par un·e professeur·e qui ne connaît pas les étudiant·es au départ. Le retour est donc très objectif. »
L’opportunité d’enseigner en mobilité virtuelle s’est développée progressivement. Sonja précise avoir été en contact avec plusieurs personnes impliquées dans UNITA, puis avoir été invitée à proposer un enseignement. Elle a bénéficié d’informations et d’un cadre clair pour l’organisation des cours, tout en ayant la flexibilité d’adapter le contenu à sa manière.
« Ce qui m’a motivée, c’est la possibilité de mettre à profit mes compétences en intercompréhension, tout en échangeant avec des étudiant·es d’autres contextes universitaires. »
Son intérêt pour l’enseignement à distance a également été déterminant. Elle pense que le virtuel peut devenir un véritable environnement pédagogique, à condition d’être réfléchi pour ce format, en prêtant attention au rythme, aux interactions, à la clarté du cadre et à la posture de l’enseignant·e. Dans ses cours de mobilité virtuelle, les retours des étudiant·es ont surtout souligné l’importance de la présence, de l’accompagnement et des échanges en direct, plus que la flexibilité des phases asynchrones.
« Quand il y a des phases en direct, les échanges avec un public international apportent quelque chose que d’autres plateformes n’offrent pas. »
Le travail avec un public international a également transformé sa méthode d’enseignement. Elle admet qu’elle était incertaine quant à ce à quoi s’attendre au départ, compte tenu de l’hétérogénéité des profils (bachelor, master et doctorat) et des attentes variées. Cette diversité a nécessité des ajustements, mais elle est vite devenue une ressource pédagogique.
Plusieurs défis émergent de son témoignage, notamment en matière de communication. Avec des étudiant·es distribués dans différentes institutions et utilisant divers outils, l’anticipation est essentielle dès la conception du cours. Elle évoque également des défis logistiques liés aux décalages horaires, gérables dans de petits groupes, mais devenant rapidement complexes dans un réseau international, devant être intégrés dans la planification des mobilités virtuelles.
Enfin, elle aborde ce qu’elle considère comme la principale valeur ajoutée d’un cours de langue aujourd’hui : le lien humain. Malgré la prolifération des outils numériques et des applications, elle estime qu’un cours structuré, dirigé par un·e enseignant·e, offre une expérience différente. Elle met en avant la pratique authentique de la langue, le gain de confiance à l’oral et les compétences interculturelles développées dans le groupe.
Bien que l’enseignement se fasse à distance, les relations humaines prennent parfois une dimension très concrète. Sonja mentionne plusieurs rencontres mémorables avec ses étudiant·es lors d’événements UNITA.
« J’ai pu rencontrer mes étudiant·es pour la première fois en vrai à Turin. On a passé la soirée ensemble. C’était un moment très fort. Ce sont des liens qui se créent et je suis encore en contact avec plusieurs étudiant·es aujourd’hui. »
Son conseil aux étudiant·es et aux enseignant·es est simple : essayer, il suffit d’avoir l’envie et la discipline nécessaires.
« Quand on a une affinité avec le digital et qu’on souhaite suivre un cours qui n’est pas proposé dans son institution, la mobilité virtuelle offre un cadre solide et une vraie reconnaissance. Il faut tenter ! C’est l’occasion de découvrir de nouvelles choses. »

