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Mort de Robert Duvall : 10 rôles emblématiques de sa légende

Robert Duvall s’est éteint dans son ranch de Virginie, loin de Hollywood. Il est associé à deux rôles emblématiques : Tom Hagen dans Le Parrain et le lieutenant-colonel Kilgore dans Apocalypse Now.


Il s’est éteint paisiblement dans son ranch en Virginie, loin du tumulte de Hollywood, dont il fut l’une des figures emblématiques. Avec Robert Duvall disparaît un chapitre fondamental du cinéma américain contemporain.

L’art de l’intériorité

Formé à l’Actors Studio, il a été un compagnon de route d’une génération qui a transformé le jeu à l’écran. Il faisait partie de ces acteurs dont la force ne repose jamais sur le spectaculaire, mais sur un naturalisme profond et une densité intérieure dans leur manière d’interagir avec les personnages.

Robert Duvall n’a jamais été un acteur de démonstration : il était de ceux qui captent la lumière sans l’aspirer, capables de voler une scène en quelques minutes et de redéfinir, par leur seule présence, l’équilibre d’un moment.

Deux rôles pour l’éternité

Le grand public l’associera pour l’éternité à deux figures devenues légendaires : Tom Hagen dans Le Parrain, conseiller discret, intelligence sereine au cœur de la tragédie mafieuse, et le lieutenant-colonel Kilgore d’Apocalypse Now, silhouette fascinante surgissant au milieu du chaos guerrier, chapeau de cavalerie sur la tête et passion pour le napalm à l’aube. Deux rôles, deux mythes, qui illustrent déjà l’étendue d’un acteur capable de conjuguer maîtrise la plus intériorisée et une forme d’excès presque théâtral.

Entre ces deux extrêmes se déploie une œuvre d’une cohérence rare : le poignant murmure de Tendre bonheur, qui lui valut l’Oscar, la fièvre mystique de Le Prédicateur, la mélancolie lumineuse de Lonesome Dove, autant de portraits d’hommes d’autorité marqués, fiers et cabossés, qu’il n’a cessé d’explorer. Pour lui, l’émotion était engendrée par un rythme, une façon d’occuper l’espace, une vérité presque documentaire.

Un retour sur ses plus grands rôles permet de traverser une certaine histoire du cinéma américain : un septième art adulte, crépusculaire et habité. Une leçon de jeu, de rigueur et de simplicité, et le portrait en creux d’un acteur qui a fait de la discrétion une forme de légende.