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Iran : Téhéran optimiste, Washington reste méfiant après discussions.

L’Iran et les Etats-Unis ont posé mardi les bases d’un possible accord lors de nouvelles discussions indirectes en Suisse. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a salué à la télévision d’Etat une réunion « plus constructive » que celle du 6 février à Oman.


L’Iran et les États-Unis ont jeté les bases d’un éventuel accord lors de nouvelles discussions indirectes qui se sont tenues en Suisse mardi. Les deux nations évoquent des avancées, tout en admettant que leurs principaux désaccords demeurent non résolus.

Réunies près de Genève avec la médiation d’Oman, les délégations ont mis en place un cadre pour poursuivre les négociations. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a qualifié sur la télévision d’État la réunion de « plus constructive » que celle du 6 février à Oman. « Nous avons pu parvenir à un large accord sur un ensemble de principes directeurs, sur la base desquels nous avancerons et commencerons à travailler sur le texte d’un accord potentiel », a-t-il déclaré, sans donner de précisions sur le calendrier des prochaines discussions.

Du côté de Washington, la poursuite du dialogue est confirmée, mais les exigences sont réaffirmées. Le vice-président J.D. Vance a déclaré sur Fox News que « d’un côté, cela s’est bien passé » puisque les échanges vont se poursuivre. Cependant, il a souligné que « le président avait établi certaines lignes rouges que les Iraniens ne sont pas encore prêts à reconnaître », indiquant que les divergences demeurent significatives malgré les progrès diplomatiques.

Ces discussions se déroulent dans un contexte de pression militaire accrue. Les États-Unis ont déployé le porte-avions USS Abraham Lincoln à environ 700 kilomètres des côtes iraniennes, et un second navire, le Gerald Ford, doit le rejoindre. J.D. Vance a averti que Donald Trump « se réserve le droit de dire quand il jugera que la voie diplomatique aura atteint sa limite », tout en affirmant que Washington « espère ne pas en arriver là ».

Téhéran a réagi en affichant sa détermination. Le guide suprême, Ali Khamenei, a déclaré : « Un navire de guerre est certes une arme dangereuse mais l’arme capable de le couler l’est encore plus », alors que les Gardiens de la Révolution effectuent des manœuvres dans le détroit d’Ormuz, une zone stratégique pour le commerce pétrolier mondial.

Concernant le fond des discussions, l’Iran a exprimé sa volonté de coopérer sur son programme nucléaire, notamment en acceptant une « vérification », et envisage un compromis sur son stock d’uranium hautement enrichi, estimé à plus de 400 kilogrammes, à condition que les sanctions soient levées. Le chef de la diplomatie omanaise, Badr al-Busaidi, a reconnu qu’« il reste encore beaucoup à faire », tandis qu’Abbas Araghchi a admis qu’« il faudrait du temps pour réduire » l’écart entre les deux pays.