Anders et Groen dénoncent l’ambassadeur américain, le PTB exige une réunion urgente.
La sortie de l’ambassadeur US continue de secouer la classe politique, avec des reproches concernant une interférence dans la séparation des pouvoirs. Groen demande l’ouverture d’une enquête déontologique à l’encontre du député fédéral Michael Freilich (N-VA) pour son comportement et ses interactions avec des acteurs étrangers.
La réaction de l’ambassadeur américain continue de susciter des remous au sein de la classe politique. Des critiques s’expriment concernant une possible tentative d’interférence dans la séparation des pouvoirs. « Il n’appartient pas aux ambassadeurs étrangers de s’immiscer publiquement dans les débats juridiques ou éthiques internes. La diplomatie suppose un respect mutuel des processus décisionnels nationaux« , a déclaré Anders dans un communiqué.
Le parti souligne également d’autres principes fondamentaux, affirmant que les actes médicaux tels que la circoncision « relèvent de la responsabilité des médecins et de l’éthique médicale« , et que les convictions religieuses « ne sont pas au-dessus de la loi. »
Le débat a également pris une tournure impliquant directement un élu de la N-VA, Michael Freilich, qui se trouvait à Washington lors des perquisitions menées chez plusieurs rabbins de la région d’Anvers pratiquant la circoncision.
Les libéraux flamands ont été les premiers à mettre en lumière le rôle possible de cet élu dans la controverse actuelle. Michaël Freilich lui-même a affirmé qu’il n’avait pas sollicité les Américains pour « faire pression« , mais plutôt pour « chercher une solution » concernant la législation sur la circoncision pour raisons religieuses.
Le président d’Anders, Frédéric De Gucht, a réagi en déclarant : « Il est particulièrement problématique que des mandataires belges, comme Monsieur Freilich, utilisent des canaux politiques étrangers pour influencer le débat belge. Les discussions démocratiques se tiennent ici, et non par le biais d’interventions étrangères. »
Il a ajouté que « notre démocratie n’a pas besoin d’ingérence étrangère, mais d’une discussion ouverte, sereine et de principe dans les contours de notre État de droit. »
L’ambassadeur Bill White a maintenu son propos mardi, après avoir pris connaissance de la réaction indignée de Maxime Prévot, en affirmant que la poursuite des circonciseurs rituels juifs relevait d’une question d’antisémitisme.
L’opposition écologiste a aussi demandé mardi l’ouverture d’une enquête par la commission fédérale de déontologie concernant le député fédéral Michael Freilich (N-VA). Selon Groen, la commission devrait examiner le comportement de Freilich, qui serait, selon Mme Almaci, un représentant pro étranger : « Freilich ne se comporte pas comme un représentant du peuple belge. Il a un historique de loyauté envers l’étranger et de défense des intérêts israéliens et américains. Un député qui mobilise des acteurs étrangers pour influencer notre système judiciaire affaiblit la souveraineté de ce pays. C’est plus qu’un pont trop loin. »
Par ailleurs, le PTB a exigé mardi une réunion d’urgence de la commission des Relations extérieures de la Chambre en présence du ministre des Affaires étrangères Maxime Prévot, au sujet des déclarations controversées de l’ambassadeur américain. Raoul Hedebouw, président du parti marxiste, a indiqué sur les réseaux sociaux que « l’ingérence de l’ambassadeur US dans l’enquête judiciaire et ses déclarations concernant (le ministre fédéral de la Santé Frank) Vandenbroucke sont inacceptables. » Il a souligné que « il est une fois de plus évident que les États-Unis ne sont pas un allié et cherchent à nous imposer leur volonté et au reste du monde. »

