Pourquoi le rappeur Naps est-il jugé pour viol ce lundi ?
Le procès du rappeur Naps, accusé d’avoir violé dans son sommeil une jeune femme dans un hôtel en 2021, s’ouvre lundi devant la cour criminelle de Paris. Nabil Boukhobza, connu sous le nom de Naps, a également été mis en examen en juillet 2024 dans le Var pour viols et agressions sexuelles à la suite des plaintes de trois jeunes femmes.
Le procès du rappeur Naps, accusé d’avoir violé une jeune femme alors qu’elle dormait dans un hôtel en 2021, s’ouvre ce lundi devant la cour criminelle de Paris. Âgé de 40 ans et connu pour son succès « La Kiffance », Nabil Boukhobza, son nom de naissance, a également été mis en examen en juillet 2024 dans le Var pour viols et agressions sexuelles suite aux plaintes de trois jeunes femmes, qu’il conteste également.
En novembre 2024, le rappeur, qui compte plus de trois millions d’abonnés sur YouTube, avait publié un communiqué sur ses réseaux sociaux, maintenant depuis supprimé, dans lequel il affirmait être « tarpins [très] serein » face à ces accusations. Artiste prolifique, Naps collabore souvent avec des grandes figures du rap francophone telles que Ninho, Gims, Jul et Damso, et a sorti en juin 2024 son dixième album, intitulé « Mec de cité simple ».
L’affaire pour laquelle il comparaît débute avec une plainte déposée en octobre 2021. Selon le parquet, une jeune femme de 20 ans à l’époque indique avoir passé la soirée dans une discothèque du 9e arrondissement, « The Key ». Naps s’y trouvait également, accompagné de son cousin et manager, d’un garde du corps, d’un journaliste sportif et d’un ami de ce dernier. Les jeunes femmes auraient été invitées à rejoindre leur table par le rappeur.
Vers 4h30 du matin, Nabil Boukhobza propose de continuer la soirée dans son hôtel près de la gare de Lyon. Après avoir consommé du cannabis, de l’alcool et du protoxyde d’azote, au cours du trajet et dans la chambre, les amis du rappeur partent progressivement. Il se retrouve alors seul avec les trois jeunes femmes, qui avaient été priées de laisser leur téléphone à l’entrée.
À partir de ce moment-là, les témoignages divergent. Tous se couchent dans le même lit, fatigués par la nuit de fête, sans se dévêtir. Emma décrit un état de « vapes », « entre le réveil et le sommeil », lorsqu’elle sent quelqu’un lui baisser ses sous-vêtements. Elle affirme avoir été réveillée par la « douleur d’une pénétration vaginale » et avoir tenté de repousser le rappeur.
Lorsque les jeunes femmes quittent l’hôtel vers 10 heures, Emma, silencieuse, est encouragée par une de ses amies à porter plainte. Des traces d’ADN du rappeur sont retrouvées sur ses vêtements, ainsi qu’une lésion au niveau de son hymen. Pour sa part, Naps explique aux enquêteurs qu’il s’agissait d’un rapport sexuel consenti, affirmant que la jeune femme « émettait des gémissements de plaisir ». Cependant, la justice a estimé que la plaignante « était susceptible de ne pas être en état d’exprimer un consentement libre et éclairé » en raison notamment de « témoignages constants des deux témoins » attestant qu’elle dormait. Le verdict est attendu jeudi.

