France

Bobigny : Jugement des agresseurs de Jérémie Cohen percuté par tram.

Les deux hommes de 29 et 26 ans, mis en cause dans la mort de Jérémie Cohen, comparaîtront à partir de lundi devant la cour criminelle de la Seine-Saint-Denis, soit quatre ans jour pour jour après son décès. Le verdict est attendu le 23 février.

Un événement tragique marquera le début du procès des deux hommes âgés de 29 et 26 ans, accusés dans la mort de Jérémie Cohen. Ils comparaîtront à partir de lundi devant la cour criminelle de la Seine-Saint-Denis, exactement quatre ans après le décès de cet homme de 31 ans, percuté par un tramway à Bobigny.

Les proches de Jérémie, de confession juive et porteur d’un léger handicap, attendent ce rendez-vous judiciaire avec impatience. « Mes clients espèrent que justice sera faite. Sans cette rencontre tragique, Jérémie serait encore vivant. Ils veulent que les accusés soient condamnés en raison de la gravité des actes commis », précise leur avocat, Me Franck Serfati, à 20 Minutes.

L’accusé principal fait face à des accusations de « violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner », et risquerait jusqu’à 20 ans de réclusion criminelle. Me Kamel Derouiche, son avocat, a choisi de ne pas commenter avant l’audience. L’autre accusé, quant à lui, est jugé pour « violences en réunion sans incapacité commise en état de récidive légale », encourant 6 ans d’emprisonnement. Son avocat, Me Lucas Minkowski, n’a pas répondu à nos demandes.

« Échapper à ses agresseurs »

Les faits se sont produits le 16 février 2022, avenue Jean Jaurès, à Bobigny, vers 20 heures. Cette scène a été en partie filmée par un témoin, et la vidéo a circulé sur les réseaux sociaux. On y voit une dizaine de personnes entourant la victime près d’un immeuble. À sa sortie, Jérémie Cohen est immédiatement frappé par deux agresseurs. « Ils l’ont massacré, il a été passé à tabac, souligne Me Serfati. Avec son handicap, il ne se battait jamais. C’était un garçon docile, incapable de se défendre. Ils étaient une quinzaine contre un homme inoffensif. »

La victime parvient à s’enfuir et court entre les voitures vers les rails où le tramway, circulant à 35 km/h, le percute quelques secondes plus tard. Il décédera quelques heures après l’impact. « Sa course vers les voies du tramway est clairement la conséquence immédiate des violences qu’il subissait », soulignent les magistrates dans leur ordonnance de mise en accusation.

Des zones d’ombre

Les deux hommes, sachant qu’ils étaient recherchés, se sont présentés d’eux-mêmes aux services de police. Très vite, l’hypothèse d’une agression antisémite, relayée par certains politiques d’extrême droite, a été écartée. Cependant, plusieurs zones d’ombre subsistent. Quelle était la raison de la présence de la victime à Bobigny ce soir-là ? « Il habitait dans le 93, ce n’était pas un habitué de ce quartier », précise simplement Me Serfati.

Les raisons qui ont motivé les accusés à se déchaîner restent floues. Selon leurs dires, Jérémie Cohen se serait masturbé près d’une mère de famille et aurait ensuite agressé sexuellement la petite amie de l’un d’eux. Ils auraient alors décidé de le frapper afin de le « mettre hors d’état de nuire ». Une seconde altercation, celle qui a été filmée, aurait eu lieu peu après.

« Il n’a pu agresser personne »

« Jérémie était tout sauf un jeune homme violent. Il n’a pu agresser qui que ce soit, ni les accusés, ni une quelconque copine. Il n’avait ni la capacité physique ni mentale. Aucune action déplacée de sa part n’a été prouvée », déclare l’avocat des proches de la victime, mettant en avant des « contradictions » dans le récit des accusés. Le verdict est attendu pour le 23 février.