Union socialiste des forces populaires : rester utile à la gauche et au pays.
L’Union socialiste des forces populaires élabore un programme électoral et de développement en 20 points, qui se veut lisible, chiffré et directement connecté aux préoccupations réelles des citoyens. Selon Mohamed Assouali, Secrétaire provincial de l’Union socialiste des forces populaires à Tétouan, « redevenir utile au pays, ou disparaître du débat » est désormais l’alternative à laquelle le parti doit faire face.
A l’approche des élections, dans un contexte politique marqué par la méfiance et la banalisation du discours, une question se pose : quelle est l’utilité des partis politiques ? Pour l’Union socialiste des forces populaires, cet enjeu est crucial. Il ne s’agit pas seulement d’une élection ou d’un réajustement de l’organisation, mais d’une bataille politique significative : redonner du sens à l’engagement, replacer la justice sociale au cœur des débats et offrir une alternative crédible face à l’épuisement du modèle actuel.
**Les inégalités sociales : une ligne de fracture politique**
La question est claire : l’Union est-elle disposée à faire des inégalités sociales la base de son projet politique ? Ce combat n’est pas nouveau ni opportuniste. Il fait partie intégrante de l’histoire du parti et constitue sa critique des déséquilibres du modèle de développement. L’heure n’est plus à énoncer des principes, mais à élaborer un projet global dans lequel la lutte contre les inégalités conditionne les politiques publiques : éducation, santé, emploi, logement, justice fiscale et équité territoriale. Dans cette perspective, l’Union prépare un programme électoral et de développement en 20 points, conçu pour être clair, chiffré et en adéquation avec les préoccupations des citoyens.
**Rompre avec les formes usées sans renier l’identité**
Une autre question se pose : l’Union ne se limite-t-elle qu’aux anciennes méthodes d’organisation et de communication qui ne suffisent plus ? Les années récentes, marquées par le douzième congrès national, ont établi un choix clair : celui d’une réforme progressive mais assumée. La réorganisation interne, la clarification de la ligne politique, le renouvellement partiel des élites et la modernisation des outils de communication témoignent d’une volonté d’adaptation. Le courage politique réside non pas dans le bruit, mais dans l’évolution tout en maintenant son cap et ses valeurs.
**Transformer l’héritage en alternative crédible**
L’Union peut-elle aller au-delà de la simple gestion de son héritage pour bâtir un projet d’avenir ? Un parti qui se limite à défendre son passé est condamné à l’immobilisme. En revanche, un parti qui s’appuie sur son histoire pour comprendre le présent et formuler des réponses concrètes se tourne vers l’avenir. C’est l’objectif de la note politique, économique et sociale actuellement en préparation, fondée sur des données chiffrées qui montrent l’échec de la majorité gouvernementale et affirment la cohérence d’un projet socialiste réaliste, juste et politiquement validé.
**Unité, débat interne et reconquête de la confiance**
La cohésion organisationnelle acquise récemment est une avancée. Toutefois, elle ne pourra devenir une force politique réelle que si elle est accompagnée d’un débat interne dynamique, de l’acceptation de la critique et de l’ouverture aux initiatives intellectuelles et citoyennes proches du parti. L’unité doit produire des idées, des débats et une mobilisation active.
**Conclusion – Sortir de l’ambiguïté**
L’Union socialiste se trouve aujourd’hui devant un choix historique. Elle peut choisir de remplir pleinement son rôle de force de transformation sociale, en s’attaquant aux inégalités, en désignant les responsabilités et en proposant une orientation claire. Sinon, elle risque de se contenter de gérer son existence politique dans un système en déclin.
Les demi-mesures, les calculs internes et les conflits personnels n’ont plus leur place. Dans un pays doit faire face à la fracture sociale, à l’érosion de la classe moyenne et à la perte de confiance en la démocratie, l’ambiguïté équivaut à un abandon.
L’histoire du parti est limpide : chaque fois que l’Union a choisi la clarté, l’unité et l’ancrage social, elle a su résister et avancer. Aujourd’hui, ce choix est plus pertinent que jamais. Redevenir utile au pays, ou disparaître du débat : telle est désormais l’alternative.
**Mohamed Assouali**
*Secrétaire provincial de l’Union socialiste des forces populaires – Tétouan*

