Trump partage une vidéo raciste : Obama dénonce un « spectacle de clowns ».
L’ex-président Barack Obama s’est exprimé dans un podcast diffusé samedi soir, où il a fait état de ses inquiétudes concernant la « dégradation du discours » politique américain. Dans cette même interview, il a critiqué les actions de la police de l’immigration (ICE) et des agents fédéraux, évoquant des comportements « profondément préoccupants et dangereux ».
Plutôt rare dans les médias, l’ex-président démocrate (2009-2017) s’est exprimé lors d’un podcast politique diffusé samedi soir, exprimant ses inquiétudes concernant les dérives aux États-Unis sous son successeur républicain.
Le commentateur politique de gauche Brian Tyler Cohen l’interroge sur la « dégradation du discours » politique américain, évoquant comme exemple la vidéo largement critiquée comme raciste, qui a été diffusée puis supprimée du compte de Donald Trump au début du mois sur le réseau Truth Social.
M. Obama répond que la majorité des habitants des États-Unis « trouve ce comportement profondément troublant », sans faire explicitement référence à la vidéo ni à son successeur républicain.
Il poursuit : « Il y a une sorte de spectacle de clowns qui se déroule sur les réseaux sociaux et à la télévision, et ce qui est vrai, c’est que ça ne semble provoquer aucune honte parmi les gens qui, auparavant, estimaient qu’il fallait faire preuve d’une certaine décence, d’un sens des convenances et de respect pour la fonction, n’est-ce pas ? Cela s’est perdu. »
La vidéo, à laquelle il n’avait pas encore réagi, montre les visages de Barack Obama, premier président noir des États-Unis, ainsi que celui de son épouse Michelle Obama, sur des corps de singes, suscitant de vives critiques tant chez les démocrates que chez certains républicains.
Donald Trump a minimisé les critiques, affirmant qu’il n’avait pas vu la partie problématique de la vidéo, tandis que la Maison Blanche a déclaré qu’un membre de son personnel était responsable de la publication.
Le milliardaire entretient une animosité particulière à l’égard de Barack Obama, une figure très appréciée par les Américains. Il ne l’appelle que « Barack Hussein Obama », utilisant son deuxième prénom, et a contribué à propager des théories du complot sur la nationalité de l’ancien président.
Durant sa campagne, le dirigeant républicain avait multiplié les déclarations violentes contre les immigrés et diffusé de fausses informations aux connotations racistes.
Dans la même interview, Barack Obama critique vivement les actions de l’ICE (Agence des douanes et de la protection des frontières des États-Unis) et de la police des frontières à Minneapolis, alors que leur déploiement se terminait cette semaine.
Il déclare : « Le comportement dévoyé d’agents du gouvernement fédéral est profondément préoccupant et dangereux », évoquant des comportements « que nous avons vus par le passé dans des pays autoritaires et dans des dictatures. »
Depuis décembre, plusieurs milliers de policiers fédéraux, souvent masqués, ont intensifié les raids anti-migrants et les arrestations, ce qui a provoqué la révolte de nombreux habitants de ce bastion démocrate, devenu le centre de l’opposition à la politique migratoire répressive du président américain.
Deux citoyens américains, Renee Good et Alex Pretti, qui tentaient de s’opposer aux actions de l’ICE, ont été tués par balles par des agents fédéraux le mois dernier.
M. Obama avait précédemment critiqué les actions de l’ICE, appelant à un « sursaut » des citoyens alors que les valeurs fondamentales étaient « attaquées ».
Dans le podcast, il salue la résistance à ces opérations : « Ce sont des citoyens qui disent, de manière systématique et organisée : ‘ce n’est pas l’Amérique en laquelle nous croyons’, et nous allons résister, nous allons riposter avec la vérité, et avec des caméras et avec des manifestations pacifiques. »
Il ajoute : « Ce type de comportement héroïque et persistant de la part de gens ordinaires, malgré les températures négatives, devrait nous donner de l’espoir. »
Tom Homan, bras droit du président Donald Trump, a annoncé la fin de l’opération menée dans le Minnesota. L’opposition démocrate continue d’exiger d’importantes réformes de l’ICE, notamment la fin des patrouilles volantes, l’interdiction pour les agents de dissimuler leur visage, et l’obligation d’obtenir un mandat judiciaire avant l’arrestation d’un migrant.
À cet effet, les chefs démocrates au Congrès refusent d’approuver le projet de financement 2026 du ministère de la Sécurité intérieure (DHS).

