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La Suède envisage d’abaisser l’âge pénal à 13 ans.

Le gouvernement suédois a officialisé, le 26 janvier, sa volonté d’abaisser l’âge de la responsabilité pénale à 13 ans pour les crimes les plus graves. Selon un sondage publié le 13 février, 42% des personnes interrogées se disent favorables à l’abaissement de l’âge de la responsabilité pénale, contre 41% qui y sont opposées.


Le gouvernement suédois a confirmé, le 26 janvier, son intention de réduire l’âge de la responsabilité pénale à 13 ans pour les crimes les plus graves, selon la chaîne publique SVT. Cette initiative, qui doit encore être examinée par le Conseil législatif avant d’être soumise au vote au Parlement, s’inscrit dans un durcissement général de la politique pénale initiée par la coalition au pouvoir depuis octobre 2022.

Actuellement fixé à 15 ans, l’âge de la responsabilité pénale serait abaissé à 13 ans pour des infractions passibles d’une peine minimale de quatre ans de prison, ainsi que pour les tentatives, la préparation et la complicité de ces crimes. Parmi ces infractions figurent le meurtre, le viol aggravé, l’enlèvement et certaines infractions liées aux armes à feu.

La réforme entrerait en vigueur pour une durée de cinq ans, à compter du 1er juillet 2026. Le gouvernement prévoit que les jeunes de 13 et 14 ans reconnus coupables bénéficieraient d’une réduction significative de leur peine en raison de leur âge. Ils pourraient être placés sous tutelle ou sous surveillance renforcée, et, dans les cas les plus sérieux, incarcérés dans des unités spécialisées pour mineurs au sein de l’administration pénitentiaire.

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Cependant, la proposition ne fait pas l’unanimité, notamment au sein des institutions. L’administration pénitentiaire suédoise a déclaré ne pas être « ni préparée ni équipée » pour accueillir des enfants de 13 ou 14 ans en détention, mettant en garde contre d’éventuelles conséquences négatives pour ces jeunes.

Néanmoins, des avancées sont en cours. Isabella Thunberg, directrice adjointe des services pénitentiaires, a présenté les lieux prévus pour accueillir ces mineurs à Kumla, au centre du pays. « Tous les objets coupants sont attachés, » indique-t-elle, afin qu’ils ne puissent pas « blesser quelqu’un d’autre. » Les jeunes ne disposeront « pas de réseaux sociaux, pas de téléphone personnel » et seront encadrés en permanence par le personnel.

Les cellules, dotées d’une douche et de toilettes, seront fermées chaque nuit. « Nous ouvrirons à sept heures du matin et nous fermerons à huit heures du soir, » précise-t-elle, soit onze heures d’enfermement quotidien. « Leur tâche principale ici sera d’aller à l’école, » ajoute-t-elle.

Reste que, selon Le Monde, la direction de la police a estimé que la réforme pourrait entraîner l’implication d’enfants « beaucoup plus jeunes » dans les réseaux criminels. Le ministère public craint que des enfants de 11 ou 12 ans soient utilisés à la place des adolescents plus âgés.

Des experts, comme Fredrik Hjulström, responsable des politiques sociales à l’Association suédoise des universitaires, ont critiqué auprès de SVT l’absence « d’arguments factuels » en faveur de la réforme, insistant sur le fait que les enfants devraient être pris en charge plutôt que punis. De son côté, Unicef Suède a exprimé sa « profonde préoccupation » face à une évolution considérée comme plus répressive envers les mineurs.

Selon un sondage publié par la chaîne publique le 13 février, 42% des personnes interrogées se déclarent favorables à l’abaissement de l’âge de la responsabilité pénale, contre 41% qui s’y opposent. Les différences sont marquées entre les blocs politiques : 75% des électeurs des partis de la coalition Tidö, à l’origine de la réforme, soutiennent celle-ci, contre 15% des électeurs de l’opposition.