Maroc

Vernissage de l’exposition « Un étranger dans votre propre maison » de Miguel Ripoll

L’Institut Cervantes de Fès a abrité, jeudi soir, le vernissage de l’exposition « Un étranger dans votre propre maison » de l’artiste espagnol Miguel Ripoll. Cette exposition, organisée par la Fondation de la culture islamique (FUNCI), propose une série de dessins de grand format sur papier, réalisés avec l’assistance d’algorithmes génératifs, puis retravaillés manuellement.


L’Institut Cervantes de Fès a accueilli, jeudi soir, le vernissage de l’exposition « Un étranger dans votre propre maison » de l’artiste espagnol Miguel Ripoll. Cette exposition propose une immersion visuelle à l’intersection de l’intelligence artificielle et des techniques artistiques traditionnelles, inspirée par les voyages d’Ibn Battouta et l’héritage interculturel d’Al-Andalus.

Organisée par la Fondation de la culture islamique (FUNCI) en collaboration avec l’ambassade d’Espagne au Maroc, cette exposition, présentée après son passage au Musée Dar Niaba de Tanger, met en avant une série de dessins de grand format sur papier, créés avec l’aide d’algorithmes génératifs, puis retravaillés à la main.

S’inspirant des voyages d’Ibn Battouta au XIVᵉ siècle, figure emblematique du voyage médiéval, la collection explore la construction des récits d’exotisme et d’altérité à travers le temps. Les œuvres interrogent la perception même de l’ »étranger », les regards qui l’influencent et les mécanismes qui façonnent les perceptions culturelles, incitant à repenser les identités et les héritages communs entre le Maroc et l’Espagne.

Dans une déclaration à la MAP, Inés Eléxpuru, directrice de la communication à la Fondation de la culture islamique, a souligné que cette institution, association espagnole consacrée à la recherche sur la civilisation andalouse, attache une signification particulière à sa présence à Fès, célébrée comme une « ville spirituelle et culturelle par excellence ». Elle a mis en avant les liens historiques et symboliques importants qui relient les deux rives.

Elle a indiqué que l’exposition de Miguel Ripoll représente une première de grande ampleur, car elle ne se limite pas à retracer la vie du voyageur célèbre, mais aborde des thèmes universels tels que l’altérité, la migration et le récit de voyage.

Selon elle, cette démarche artistique permet d’analyser l’histoire et l’anthropologie à travers des techniques contemporaines, tout en conservant une dimension artisanale et manuelle, intégrant l’intelligence artificielle avec des méthodes traditionnelles de dessin et de peinture.

De son côté, Miguel Ripoll a affirmé que son approche artistique repose sur l’union entre intelligence artificielle et traditions artistiques, tant sur le plan conceptuel que dans le traitement des matériaux.

Il a précisé que toutes les œuvres exposées sont réalisées à la main. Selon lui, il s’agit de collages numériques conçus avec l’intelligence artificielle, puis retravaillés manuellement. Ces créations s’inspirent des voyages d’Ibn Battouta, dont les périples sont une exploration de mondes alors inconnus.

L’artiste a ajouté que l’usage de l’intelligence artificielle évoque un univers encore à découvrir, avec une technologie évoluant sans cesse, mais aussi un voyage intérieur à travers les cultures, le temps et les traditions.

Miguel Ripoll a enfin mentionné que ses œuvres ne portent pas de message explicite, mais s’inscrivent dans une démarche abstraite laissant au spectateur le soin de formuler sa propre interprétation. « Au fond, il s’agit d’une question : que voyez-vous ? Comment voyez-vous le monde ? », a-t-il conclu.

À travers cette approche physico-numérique, l’exposition va au-delà de la simple reproduction digitale pour recontextualiser carnets de voyage et chroniques historiques, tout en posant des questions éthiques sur la relation entre art et technologie. Elle offre ainsi au public fassi une lecture contemporaine des récits de voyage, où mémoire, altérité et innovation s’entrelacent dans un espace chargé d’histoire.