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JO 2026 – Biathlon : « Ça peut sembler bizarre et injuste »… Retirer la poursuite ?

La poursuite de biathlon aura lieu ce dimanche à 11h15 et à 14h45. Selon Ondrej Rybar, le directeur sportif du biathlon tchèque, des discussions ont eu lieu autour du maintien de cette course, surtout aux JO de Vancouver 2010.

De notre envoyé spécial à Anterselva,

Précaution essentielle : la poursuite est très appréciée, moment fort d’une saison de Coupe du monde de biathlon. La question n’est pas là, tant l’excitation des remontées et la dimension tactique importante rendent ce format de course extrêmement divertissant. L’attractivité de cette épreuve est indéniable, surtout à l’approche des JO de Milan-Cortina 2026, qui présentent une offre très riche.

Cependant, cette poursuite (prévue ce dimanche à 11h15 et 14h45) pose une problématique : son départ, son déroulement et sa conclusion dépendent clairement d’une course précédente ayant abouti à des médailles olympiques, le sprint. Cela constitue une véritable spécificité du biathlon. En effet, alors qu’une manche de slalom en ski alpin ou un programme court en patinage artistique peut conférer un avantage pour une victoire finale, aucun titre de champion olympique n’est engagé auparavant.

Le sprint introduit en 1980, la poursuite en 2002

Il convient également de noter que ce format n’a été intégré au programme olympique (pour les hommes et les femmes) qu’en 2002, soit 42 ans après l’épreuve masculine individuelle, 34 ans après le relais masculin et surtout 22 ans après le sprint masculin. Ces compétitions, souvent perçues comme similaires, ont donc mis un certain temps à se retrouver ensemble aux JO.

En résumé : un vainqueur de sprint, ravi d’avoir conquis l’or (la veille ou l’avant-veille), et qui bénéficie en plus d’un temps d’avance sur ses rivaux, se retrouve logiquement parmi les favoris pour le podium. En effet, 6 sur 12 vainqueurs du sprint olympique entre 2002 et 2022 (hommes et femmes) ont ensuite terminé leur poursuite sur le podium (dont 3 avec un doublé en or). Cela représente symboliquement 50 % d’une possible dimension « inéquitable » due au sacre sur le sprint.

La poursuite menacée en 2010

Bien sûr, si Quentin Fillon Maillet parvient à décrocher une 8e médaille aux Jeux ce dimanche, il n’y aura pas de cri de scandale. Le directeur sportif du biathlon tchèque, Ondrej Rybar, a confié à 20 Minutes que cette poursuite olympique a rapidement été sujette à des discussions sur son maintien.

« Des débats ont souvent eu lieu concernant le maintien ou non de cette course, particulièrement aux JO de Vancouver 2010, indique-t-il. Comme le sprint devait se dérouler cette année-là sous de très mauvaises conditions météo, les organisateurs ont hésité à annuler la poursuite, afin d’éviter de trop fortes répercussions sur les Jeux. »

Ah, ces départs avec un léger décalage lié aux résultats du sprint, ça reste un sacré kif. Deuxième sur ce format aux JO de Pékin 2022, la Suédoise Elvira Oberg est ici devant Dorothea Wierer.
Ah, ces départs avec un léger décalage lié aux résultats du sprint, ça reste un sacré kif. Deuxième sur ce format aux JO de Pékin 2022, la Suédoise Elvira Oberg est ici devant Dorothea Wierer. - B.Strong/UPI/Newscom/SIPA

Finalement, la poursuite a été maintenue à Vancouver, et Vincent Jay a décroché le bronze. Parmi les biathlètes que nous avons interrogées samedi après le sprint, le consensus semble être de « ne pas toucher à notre précieuse poursuite ». L’Italienne Michela Carrara a ainsi déclaré : « C’est quand même une merveilleuse course à regarder, et nous avons très envie d’y participer. »

« J’espère que cette épreuve restera aux Jeux »

Linn Gesblom partage cet avis : « Cela fait partie de notre sport toute l’année, tant en Coupe du monde qu’aux Championnats du monde. C’est vraiment l’un des plus grands événements du biathlon, l’une des courses les plus amusantes, même si on n’est pas dans le haut du classement. J’espère que cette épreuve restera aux Jeux. »

Cependant, la Suédoise, classée 22e au sprint, précise : « Cela peut sembler étrange et même injuste aux JO, oui, je peux le comprendre. » Julia Simon, qui a indéniablement été efficace lors de l’individuel de mercredi, a connu une mauvaise journée samedi sur le sprint (34e). Lançée presque 2 minutes après la Norvégienne Maren Kirkeeide au départ ce dimanche, ses chances d’un nouveau titre olympique semblent réduites.

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Quant à Justine Braisaz-Bouchet, elle est totalement privée d’une course dans cet événement qu’elle attendait depuis quatre ans, ayant terminé au-delà du Top 60 samedi (62e). « On verra à quel point les écarts sont infimes malgré tout entre les meilleurs dimanche, affirme Ondrej Rybar. La poursuite reste une course très intéressante pour les spectateurs et les téléspectateurs. Ce n’est pas comme si nous envisagions d’introduire le relais mixte simple aux JO. » Dans ce cas, nous n’aurions pas besoin de préambule à notre article.