Importation contre spéculation : réduire les prix, un enjeu crucial
Ni le contrôle économique actuel, ni les sanctions prévues par les lois ne dissuaderont les spéculateurs de s’adonner à leurs pratiques illicites. Le prix de la viande rouge, si elle est importée d’un marché européen, ne dépasserait pas les 35 ou 40 dinars sur nos marchés.
Tout a été mis en œuvre pour contrer les spéculateurs et la hausse continue des prix.
On s’en doutait, la lutte était vouée à l’échec. Ces “criminels” disposent de plusieurs atouts. Ils maîtrisent les subtilités du marché et savent s’en sortir quoi qu’il en coûte.
La Presse —Ni le contrôle économique tel qu’il est pratiqué actuellement, ni les sanctions prévues par la législation ne parviendront à les dissuader de poursuivre leurs activités illégales.
Le constat est sans appel. L’augmentation des prix n’est pas prête de s’arrêter.
De plus, tous les produits, sans exception, connaissent une hausse. Que des plafonds soient fixés ou que les marges bénéficiaires soient limitées, cela ne changera rien. Chacun a pu le constater lors de précédentes mesures similaires.
Briser l’échine des spéculateurs
Aucune des méthodes appliquées jusqu’à présent n’a réussi à stabiliser les marchés.
Ces experts en manipulations commerciales ont perfectionné l’art d’éviter toutes les mesures officielles destinées à “protéger le pouvoir d’achat des citoyens”.
Ainsi, de telles dispositions ne suffiront pas à mettre un terme à cette dérive. Il est nécessaire d’agir financièrement contre ceux qui ne se conforment pas aux règles, de manière ferme.
L’État a le droit de prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir le respect scrupuleux des lois. Cela pourrait inclure le recours à l’importation. Oui. Cette option pourrait inciter plus d’un à réfléchir avant de se livrer à des pratiques spéculatives. Cela concerne même certains agriculteurs qui collaborent avec ces hors-la-loi.
L’importation massive de produits de base, comme certains légumes (pommes de terre, par exemple) ou viandes rouges, pourrait s’avérer moins coûteuse. Ce n’est en aucun cas un crime d’envisager cette solution. Le prix de la viande rouge, importée d’un marché européen, ne dépasserait pas 35 ou 40 dinars sur nos marchés. Actuellement, sur place, ce produit est aux alentours de dix euros. À la fin janvier, le prix au kilo en France variait entre 9,95 € et 11,70 €.
Les actions de la société Ellouhoum n’ont eu aucun impact sur le prix des viandes rouges. Les quantités importées demeurent insignifiantes par rapport à la demande. Les profiteurs continuent d’accaparer d’importantes quantités, ne laissant que des miettes aux simples citoyens.
Du côté des pommes de terre, les prix ne dépassent pas 0,4 €. Cela équivaut à peine à 1 D 200.
À notre avis, il est plus judicieux d’importer ces produits que des bananes ou d’autres fruits exotiques superflus.
Vigilance et contrôle strict
Il est important de signaler que cette approche ne doit viser qu’à exercer une pression maximale sur les profiteurs et leurs complices pour les inciter à respecter la réglementation.
Les mesures en question resteront en place tant que ces acteurs ne se conformeront pas aux exigences.
Les produits importés seront donc vendus dans les grandes surfaces, qui devront jouer un rôle actif dans la réussite de l’opération.
Parallèlement, une vigilance accrue sera nécessaire pour empêcher toute tentative de détournement des marchandises vers d’autres circuits. En d’autres termes, il faut veiller à ce que les spéculateurs n’achètent pas ces produits pour les revendre à des prix plus élevés. Cela a déjà été observé précédemment avec l’huile d’olive (entre autres) vendue à 12 d 500, qui a été “raflée” et réintroduite sur les marchés parallèles à des prix bien plus élevés.
Il faut également mettre un terme à la prétendue liberté des prix. Ce concept est détourné par nos bouchers. En réalité, cela devrait se traduire par des hausses ou des baisses des prix de la viande en fonction de l’offre et de la demande. Cependant, les bouchers ne semblent appliquer qu’une seule règle : celle de l’augmentation continue.
Il serait également judicieux de solliciter la vigilance des organisations qui se présentent comme les défenseurs des consommateurs. De plus, les services de contrôle économique doivent alléger les formalités et faciliter l’accès des citoyens à leurs services.
Aujourd’hui, un lanceur d’alerte ne peut pas garantir l’anonymat lorsqu’il souhaite signaler une anomalie ou une infraction. Cela constitue une entrave à la coopération des consommateurs dans la lutte contre la spéculation.

