Municipales 2026 à Paris : propositions des candidats pour le vélo.
Le 15 mars prochain, le premier tour des élections municipales 2026 à Paris se déroulera, et la maire actuelle Anne Hidalgo ne se représente pas au terme de son second mandat. Selon l’association Paris en Selle, à la fin janvier 2026, le taux de réalisation du Plan vélo 2021-2026 n’est que de 43 %.

Le 15 mars prochain, le premier tour des élections municipales 2026 à Paris sera plus significatif que celui de 2020. En effet, la maire actuelle Anne Hidalgo ne se représente pas à l’issue de son second mandat.
Après 10 ans à la Mairie, elle est perçue comme celle qui a transformé la capitale en une ville favorable au vélo, améliorant la circulation à vélo électrique et mécanique. Mais quel est l’état des lieux aujourd’hui ? Quelles sont les propositions des candidats pour les cyclistes à Paris ?
Évolution de Paris pour les cyclistes entre 2020 et 2026
Chaque candidat a sa propre perspective sur les développements passés, mais nous allons ici résumer les faits et les engagements de l’équipe actuelle. Selon l’association Paris en Selle, à la fin de janvier 2026 – soit 98 % du mandat d’Anne Hidalgo –, le taux de réalisation du Plan vélo 2021-2026 n’est que de 43 %.
Cela correspond à près de 78 km d’infrastructures cyclables sur les 180 km prévus (y compris 38,4 km de nouvelles pistes cyclables sur 130 km). À cela s’ajoute « plus de 1 000 km d’aménagements cyclables, dont plus de 300 km de pistes et 52 km de pistes provisoires réalisées après le premier confinement », selon la Mairie de Paris. Cette dernière avait promis 250 millions d’euros d’investissement.

Concernant le stationnement des vélos, l’équipe d’Anne Hidalgo avait promis « 30 000 nouvelles places en arceaux », en plus des 60 000 déjà existantes, ainsi que « 40 000 nouvelles places sécurisées à proximité des gares ou aux points intermodaux. » Bien qu’il n’existe pas de statistiques précises à ce sujet, on note la création du plus grand parking vélo de la région à la Gare du Nord, qui compte près de 1 200 places.
Paris s’était engagée à sécuriser les aménagements via des “carrefours « à la hollandaise » et des îlots protecteurs”, des “actions de sensibilisation et communication”, le traitement des “points noirs”, ainsi qu’un nettoyage des pistes. Bien que le sentiment de sécurité à vélo semble s’améliorer à Paris, les conflits avec les autres usagers de la route sont encore trop fréquents. L’événement le plus tragique est le décès de Paul Varry, tué par un automobiliste en octobre 2024, et plus récemment, une cycliste a perdu la vie à cause d’un chauffeur de poids lourd en janvier 2026.

En revanche, la ville a gagné plusieurs distinctions internationales, notamment celle de meilleure ville cyclable au monde selon un classement américain. Le système de vélos partagés Vélib’ est également le plus utilisé en Europe, avec 49 millions de trajets réalisés en 2024 selon une étude, grâce à ses 20 000 vélos et 1 500 stations. Cependant, ce système présente des lacunes qui suscitent des critiques chez plusieurs candidats.
Emmanuel Grégoire (Union de la gauche) : infrastructure cyclable complète et coopérative vélo
Emmanuel Grégoire représente le Parti socialiste.
En réponse au faible avancement du plan vélo, son programme promet la « finalisation du réseau cyclable ». Il y est indiqué : « aménagement des grandes avenues, fin des pistes sur les trottoirs et sécurisation des carrefours et lieux accidentogènes. » Il s’engage à « développer le cyclotourisme francilien, avec la Grande Boucle Verte de Paris au Havre, afin d’achever les 500 km de continuités marchables et cyclables le long des boucles de la Seine. »


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Le candidat veut établir « une vélo-école dans chaque arrondissement » ainsi qu’une « Coopérative vélo ». Selon lui, cette initiative permettrait « à ses adhérents de disposer, sur une longue durée, d’un vélo avec une assurance à prix abordable, et de le changer en fonction de leurs besoins (vélo-cargo, vélo pour enfants, vélo adapté PMR…). »
Emmanuel Grégoire ajoute vouloir « un service Vélib’ performant » grâce à « des tarifs accessibles à toutes et à tous », tout en « imposant des objectifs de résultats et des pénalités fortes à l’opérateur en cas de manquements. »
Cependant, il n’a pas proposé d’initiatives concernant le stationnement des vélos, se limitant à « des tarifs de stationnement résidentiels (voitures, deux-roues, vélos) attractifs dans les parkings souterrains. ». Enfin, son programme évoque « de nouvelles brigades spécialisées », incluant « des vélos d’interception pour lutter contre les infractions routières ».
Pierre-Yves Bournazel (Renaissance/Horizons) : plus de pistes, moins de fatbikes et meilleurs arceaux
Pierre-Yves Bournazel, candidat centriste/macroniste, est moins en vue qu’Emmanuel Grégoire. Cependant, il présente de nombreuses propositions dans son programme pour le vélo.
Il considère que « la Mairie a trop souvent privilégié la communication à la qualité, avec des dispositifs parfois inadaptés voire dangereux. » D’ici 2032, il veut « atteindre réellement les 1 680 km d’aménagements cyclables séparés et sécurisés pour les cyclistes » et sécuriser « en priorité les 200 carrefours les plus accidentogènes », selon l’association Paris en Selle.
Il propose également « un revêtement de couleur unique », moins de nids-de-poule, et « des ronds-points hollandais quand c’est pertinent ». Il souhaite également développer « massivement les sas vélos protégés ». Bournazel promet un meilleur stationnement pour les vélos, via des arceaux plus espacés (au moins 65 cm, contre 55 cm aujourd’hui).
Il est le seul candidat à aborder la question de la répression, par « une brigade spécialisée » et « la vidéoprotection » pour les infractions. Il est aussi le seul à cibler certaines catégories de véhicules : « Les fatbikes, trottinettes puissantes et gyropodes ne rouleront plus sur les pistes cyclables. »

Cependant, cette mesure pourrait s’avérer difficile à appliquer et/ou incomplète, soulevant un débat au Conseil de Paris fin 2024. Comment différencier un fatbike légal d’un fatbike illégal, ou un vélo électrique légal d’un vélo électrique illégal ? De plus, que signifie « trottinette puissante »? Comment exclure les gyropodes, considérés comme des EDPM ? « Ils seront immatriculés, contrôlés, vidéoverbalisés » et, avec la Police nationale, la police municipale effectuera des opérations de saisie des véhicules illégaux, précise le candidat.
Enfin, Pierre-Yves Bournazel souhaite instaurer une « offre Vélib’ 2.0 », incluant « des arceaux modernes » et des « vélos cargos et vélos équipés de sièges enfants ». Il mettra également fin au contrat avec l’opérateur actuel Smovengo « avant 2032 pour ne pas aggraver le déficit financier de Vélib’. »
Rachida Dati (LR/MoDem/UDI) : une politique vélo vague et ambiguë
Candidate de la droite classique, Rachida Dati fait peu de propositions concrètes pour les cyclistes dans son programme.
« Je préserverai la place du vélo à Paris », assure-t-elle, « en renforçant et sécurisant les pistes cyclables sur les axes sous-dotés », sans précisions. « Nous développerons, avec la région, un réseau de pistes cyclables qui connecte Paris au reste de l’Île-de-France. », ajoute-t-elle, ce qui pourrait être en lien avec le réseau VIF (ex-RER vélo) ?

En revanche, elle exprime le souhait de revenir sur la limite de vitesse de 30 km/h, de supprimer l’accès aux berges pour les cyclistes, et « d’expérimenter le retour des automobilistes parisiens rue de Rivoli pour la desserte locale, notamment pour les commerces », comme le rapporte cet article du Parisien.
Sarah Knafo (Reconquête) : suppressions d’axes vélos et amélioration du Vélib’
Candidate qui s’est déclarée tardivement en janvier 2026 et députée européenne, Sarah Knafo n’a pas d’offres cyclables générales dans son programme.
Elle cible cependant un projet très médiatisé et polémique : « Rendre les voies sur berge aux voitures ». Cette bande de 2 km située rive gauche sur le quai Pompidou, inaugurée en 1967, avait été fermée à la circulation automobile en 2018, permettant aux cyclistes et utilisateurs de trottinettes d’y circuler.
En contrepartie, elle veut « construire la plus belle promenade du monde pour les piétons et les cyclistes au-dessus » de la circulation automobile. Petit hic, le visuel communiqué ne représente pas la promesse d’« une piste confortable séparée des voitures » et ne comporte aucun cycliste. Autre retour en arrière concerne la rue de Rivoli, avec une nouvelle voie pour automobiles, tout en maintenant « une piste cyclable bidirectionnelle permettant à deux vélos d’évoluer de front dans chaque sens. »

En ce qui concerne le vélo, Sarah Knafo souhaite « améliorer le service Vélib’ ». Critiquant Anne Hidalgo comme étant idéologique, elle propose de revenir à un opérateur public pour « un système plus fiable et plus robuste, ainsi qu’une meilleure disponibilité des vélos en station. »
Sophia Chirikou (La France Insoumise) : sécuriser la vie à vélo et soutenir la cyclologistique
Comme Pierre-Yves Bournazel et Sarah Knafo, la candidate LFI veut retourner à un service public pour le service Vélib’, notamment pour une « baisse des tarifs » et « une garantie de vélos fiables », ainsi que « des stations pleinement opérationnelles. »
En évoquant la mort de Paul Varry, elle souhaite « sanctuariser les budgets d’investissement et de maintenance vélo », du fait de l’arrêt du plan vélo national. Elle ajoute vouloir « sécuriser en priorité les carrefours et axes déclarés comme étant les plus dangereux à pied et à vélo », « transformer les bandes cyclables sur trottoirs en pistes sécurisées sur chaussée » et « protéger les trottoirs et les pistes cyclables de toute occupation abusive par les véhicules de livraison. »

Sophia Chirikou paraît la plus attentive aux enjeux du vélo d’un angle professionnel, en « priorisant la cyclologistique (vélos cargos) ». Elle souhaite « mettre en place une offre municipale mutualisée de vélos-cargos pour les livreurs », en soutenant « les coopératives de livraison à vélo » et « les luttes syndicales des travailleurs du vélo. »
Quid des autres candidats ?
Voici d’autres candidats aux élections de la Mairie de Paris en 2026, qui n’ont pas ou peu exprimé de propositions cyclables ou de politique vélo dans leurs programmes, ou n’ont pas communiqué de programme complet :
- Thierry Mariani (Rassemblement National) : le programme du candidat RN manque de précisions, hormis un « moratoire et audit des nouvelles pistes cyclables afin de les sécuriser, ou de revoir la répartition de l’espace (comme rue de Rivoli). » Il souhaite également « réviser le plan de circulation » et réinstaurer « le retour des 50 km/h sur les grands axes », ce qui déplaît aux associations cyclistes.
- Antonin Duarte (Union des centristes et écologiques) : pas de programme explicite mais des publications sur les réseaux sociaux, où il mentionne que « seulement 1/3 du plan vélo a été mis en œuvre à Paris et qu’il reste mal coordonné avec le Grand Paris », évoquant un « fiasco du Vélib’ » et plaidant pour « une politique cohérente et durable pour le vélo. »
- Blandine Chauvel (Nouveau Parti anticapitaliste)
- Marielle Saulnier (Lutte Ouvrière)
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