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Latam-GPT : l’IA latino-américaine ne veut pas de stéréotypes.

Le Chili a lancé une initiative visant à doter les pays d’Amérique du Sud de son propre modèle d’intelligence artificielle, coordonnée par le Centre national d’intelligence artificielle du pays andin (Cenia). Latam-GPT a été développé avec un financement de 550.000 dollars, provenant principalement de la Banque de développement de l’Amérique latine et de ressources propres.

Le Chili a récemment introduit Latam-GPT, un projet destiné à fournir aux pays d’Amérique du Sud leur propre modèle d’intelligence artificielle, similaire à ChatGPT aux États-Unis et DeepSeek en Chine, afin de réduire certains biais et stéréotypes.

Ce projet, coordonné par le Centre national d’intelligence artificielle du Chili (Cenia), une entité privée soutenue par des fonds publics, implique des institutions de 15 pays de la région.

« Nous sommes à la table, pas au menu »

Parmi les partenaires du projet figurent des universités, fondations, bibliothèques, entités gouvernementales et organisations de la société civile d’Uruguay, du Brésil, de Colombie, du Mexique, du Pérou, d’Équateur, d’Argentine et du Chili.

Malgré son appellation, Latam-GPT ne vise pas à être un agent conversationnel pour le grand public, mais plutôt un modèle linguistique qui servira de fondation à des applications régionales. Il sera accessible gratuitement et en open source pour les entreprises et administrations publiques. Son entraînement a été réalisé en espagnol et en portugais, afin de mieux correspondre aux spécificités locales.

« Grâce à Latam-GPT, nous positionnons la région comme un acteur actif et souverain dans l’économie du futur. Nous sommes à la table, pas au menu », a affirmé le président Gabriel Boric lors de la présentation du projet sur la chaîne publique Television Nacional.

Briser certains « préjugés »

En effet, lors d’une interrogation adressée à ChatGPT sur la représentation d’un « Chilien », l’agent a produit l’image d’une personne en tenue traditionnelle autochtone devant la cordillère des Andes, ce qui illustre les stéréotypes que les promoteurs du projet entendent réduire. Ils soutiennent que ce type de représentation est le résultat d’une sous-représentation des données latino-américaines dans les systèmes d’intelligence artificielle actuels.

Aucune possibilité de rivaliser avec les grands modèles d’IA

Alors que le développement des grands modèles d’IA est largement dominé par des acteurs issus des États-Unis, de Chine et d’Europe, des initiatives régionales comme Latam-GPT, ainsi que Sea-Lion en Asie du Sud-Est ou UlizaLlama en Afrique, s’efforcent d’adapter ces technologies à des contextes culturels spécifiques.

Latam-GPT a été entraîné sur plus de huit téraoctets de données, ce qui équivaut à des millions de livres. Son développement a été financé à hauteur de 550.000 dollars, principalement grâce à la Banque de développement de l’Amérique latine et à des fonds propres.

Certains experts estiment que cet écart de ressources avec les grands projets internationaux constitue une limitation majeure. « Il n’y a aucune possibilité que (Latam-GPT) puisse rivaliser avec les grands modèles d’IA », a déclaré Alejandro Barros, professeur au département d’ingénierie industrielle de l’Université du Chili.