Iran : Trump ne menace pas Téhéran avec un « changement de régime » et pression militaire
La tension est montée d’un cran entre les Etats-Unis et Téhéran ce vendredi, avec Donald Trump évoquant l’hypothèse d’un renversement du pouvoir en Iran. Selon Human Rights Activists News Agency, au moins 7.008 personnes ont été tuées lors des protestations début janvier et plus de 53.000 arrêtées.
La tension entre les États-Unis et Téhéran s’est intensifiée ce vendredi. Depuis la base militaire de Fort Bragg en Caroline du Nord, Donald Trump a évoqué la possibilité d’un renversement du pouvoir en Iran, dans un contexte de négociations sensibles concernant le programme nucléaire et les capacités balistiques de la République islamique.
Lors d’une question sur un éventuel « changement de régime », le président américain a déclaré : « Il semble que ce serait la meilleure chose qui puisse arriver ». Il a également critiqué l’attitude des dirigeants iraniens depuis la Révolution islamique en affirmant : « Depuis 47 ans, ils parlent et parlent et parlent. Et pendant ce temps, nous avons perdu beaucoup de vies », a-t-il ajouté en quittant la base.
Deuxième porte-avions déployé dans le Golfe persique
En parallèle, Donald Trump a confirmé le déploiement « très bientôt » d’un deuxième porte-avions américain dans la région, après le positionnement de l’USS Abraham Lincoln en janvier. Le Gerald Ford doit rejoindre le Golfe persique à une date encore indéterminée. Les cibles potentielles d’une éventuelle intervention n’ont pas été spécifiées, mais le président a menacé l’Iran de conséquences « traumatisantes », en rappelant le bombardement des sites nucléaires iraniens lors d’une guerre de douze jours déclenchée par Israël en juin.
Les discussions indirectes entre les deux pays ont repris le 6 février à Oman, sans assurance de succès. Washington, poussé par Israël, souhaite que tout accord futur inclut les missiles balistiques et le soutien iranien à des groupes armés régionaux tels que le Hamas ou le Hezbollah. De son côté, Téhéran affirme ne vouloir négocier que sur le nucléaire et insiste pour maintenir ses capacités d’enrichissement d’uranium.
Un accord « possible » selon l’AIEA
Sur le plan diplomatique, le secrétaire général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, a déclaré vendredi qu’un accord concernant les inspections était « possible », mais « terriblement difficile ». L’Iran avait refusé en novembre que l’AIEA examine plusieurs sites bombardés en juin.
Parallèlement, la contestation intérieure en Iran demeure forte. Reza Pahlavi, fils exilé du dernier chah d’Iran, a appelé à des manifestations samedi à Munich, Toronto et Los Angeles, exhortant les Iraniens à participer depuis l’intérieur du pays. Selon Human Rights Activists News Agency, au moins 7.008 personnes ont été tuées lors des manifestations début janvier et plus de 53.000 ont été arrêtées. Les autorités iraniennes, quant à elles, avancent un bilan de plus de 3.000 morts, qu’elles attribuent à des « terroristes » soutenus, selon elles, par Israël et les États-Unis.

