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Victoires de la musique 2026 : Sam Sauvage, révélation de l’année ?

Cet article a été publié le 30 janvier 2026 et traite de la carrière de Sam Sauvage, qui a été primé aux Victoires de la musique le 13 février. À 24 ans, Sam Sauvage a été nommé en révélation masculine aux Victoires de la musique 2026 et a sorti son album intitulé Mesdames, messieurs ! vendredi, après deux EP.

Cet article a été publié le 30 janvier 2026. Nous vous proposons de le redécouvrir après que Sam Sauvage a été primé aux Victoires de la musique, le 13 février.

« Je ne suis pas dans un état de transe en imaginant avoir un trophée », confie Sam Sauvage, 24 ans, à propos de sa nomination en tant que révélation masculine aux Victoires de la musique 2026. Le chanteur reconnaît néanmoins : « C’est une reconnaissance pour les dix ans passés à chanter dans les bars et à écrire des chansons pour en arriver aujourd’hui à être pro et à faire une tournée. Et puis c’est génial car j’ai un album, que j’ai envie de faire connaître à tout le monde. »

Intitulé Mesdames, messieurs !, cet album est sorti vendredi, après deux EP. « C’est une injonction : « Écoutez-moi, s’il vous plaît ! » », sourit-il. Les treize titres insufflent une nouvelle énergie à la pop française. La voix grave de l’artiste apporte à chaque morceau une ampleur et une singularité aux tonalités rock ou électro. Ce mélange renforce son statut de solide promesse de la musique tricolore. Son allure de dandy sixties, avec son costume noir et ses chaussettes écarlates, accentue sa nonchalance joueuse.

Il a commencé la musique « pour les mauvaises raisons »

Nulle nostalgie dans ce choix. « Je ne suis pas dans le « c’était mieux avant ». Ce que j’aime dans le costard, c’est le côté uniforme intemporel », affirme-t-il. La coolitude est indéniable. Sam Sauvage avoue d’ailleurs qu’il est venu à la musique pour cette raison. « J’ai commencé pour les mauvaises raisons : à 15 ans, j’avais besoin de me trouver une place. Comme beaucoup d’ados, j’étais mal dans ma peau avec l’acné, la voix qui mue… J’étais une grande perche, c’était un peu compliqué », raconte-t-il.

Sa vocation a émergé après avoir « par hasard » visionné une performance de Bob Dylan au Newport Folk Festival. Pour ce fils d’une institutrice et petit-fils de gérants de camping, n’ayant pas grandi dans un univers musical, cette découverte illumine son quotidien d’adolescent de Boulogne-sur-Mer. « Sur le moment, j’ai pensé : voilà un gars cool que tout le monde aime. Naïvement, je me suis dit que c’était ça qu’il fallait que je fasse. Avec le temps, j’ai compris à quel point il était compliqué d’être Bob Dylan », plaisante-t-il.

Celui qui, en classe de français – où il excelle – se fait appeler Hugo Brebion, commence à apprendre la guitare. Il monte des groupes de rock et écrit ses propres chansons. Une évidence s’impose : « ça me plaisait, il me semblait être doué pour ça, ça venait tout seul. »

L’effet Instagram

C’est à ce moment qu’il choisit le pseudonyme de Sam Sauvage. Au départ, c’était pour « [se] donner un genre », comme « une carapace ». De scène en scène, il réalise qu’il ne s’agit pas d’un simple alter ego scénique : « Aujourd’hui, je peux dire que je suis redevenu Hugo Brebion sous le nom Sam Sauvage. »

Après le baccalauréat, sa mère, qui le voit bien devenir avocat, l’encourage à poursuivre des études. Moins enthousiaste, il obtempère et part étudier l’industrie culturelle à Lille : « J’y ai passé trois ans, mais j’y ai surtout fait de la musique. Et la fête dans les bars. »

Ensuite, direction Paris, où tout en jouant de bistrot en bistrot, il travaille comme régisseur au théâtre. Il a la sensation de stagner. L’élan vient d’une amie, qui lui assure qu’il ne percerait jamais sans les réseaux sociaux. Il commence alors à utiliser Instagram : « Un jour, en octobre 2023, une vidéo a pris. Je me suis réveillé avec des notifications par centaines. Cela a été un coup d’accélérateur qui n’a jamais cessé. »

Sam Sauvage est rapidement courtisé par plusieurs maisons de disques. Il signe chez Cinq7, un label de Wagram, qui représente des artistes qu’il admire tel que Philippe Katerine, Pierre de Maere ou Solann, et qui garantit, selon lui, son « indépendance ».

Il « vole » des phrases pour s’inspirer

Il puise souvent son inspiration dans des phrases qu’il « vole » dans des bars. « Par exemple, une amie disait à une pote : « ça n’a pas marché parce que je ne l’aimais pas. C’est juste qu’on n’a pas le même langage de l’amour ». J’aimais beaucoup cette phrase, qui a donc donné naissance à la chanson Le langage de l’amour. D’autres fois, tout commence avec une production. Pour Les gens qui dansent, j’avais cette ligne de basse dont je ne savais pas quoi faire. Ça ne marchait pas en chantant. Je me suis mis à prononcer des mots aléatoirement et ça a fonctionné !

Il y a aussi le cas particulier d’Il pleut des femmes. « J’ai perdu une amie en décembre 2024. Elle a été tuée par son ex. En suivant Nous Toutes sur Instagram, j’ai découvert que mon amie, Lison, était un numéro. Elle était la 161e victime d’un féminicide de l’année. Et ça m’a transpercé. J’ai l’impression que tout ce que je peux faire, moi, c’est une chanson. Pour essayer de sensibiliser – ce n’est peut-être pas le bon mot. »

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Le chanteur précise qu’il refuse de se poser en « donneur de leçon ». Bien qu’il soit arrivé à la musique par le rock, il ne se retrouve pas dans son côté « rebelle ». C’est ironique pour un Sauvage, mais il semble bien engagé sur la voie de séduire les oreilles du grand public.