Lyon : Agression d’un jeune de 23 ans, impliqué avec Nemesis
Quentin, un jeune homme de 23 ans, a été grièvement blessé à la tête lors d’une rixe entre des membres du collectif identitaire Nemesis et des militants antifascistes jeudi soir quai Fulchiron, à Lyon. Son pronostic vital est engagé et il se trouve dans un état désespéré après avoir été passé à tabac par une dizaine d’individus, selon son avocat Fabien Rajon.
Lors d’une altercation entre des membres du collectif identitaire Nemesis et des militants antifascistes, un jeune homme de 23 ans, Quentin, a été gravement blessé jeudi soir quai Fulchiron, dans le 5e arrondissement de Lyon.
S’étant vu asséner plusieurs coups à la tête, notamment avec des poings américains, il a été transporté à l’hôpital où son état est toujours critique. *20 Minutes* fait le point.
**Que s’est-il passé ?**
Des partisans du collectif identitaire Nemesis s’étaient réunis jeudi soir devant l’Institut d’Études Politiques (IEP) de Lyon pour s’opposer à une conférence de l’eurodéputée LFI Rima Hassan, d’après la présidente du collectif, Alice Cordier.
Selon elle, les membres de Nemesis ont été « pris à partie » par des militants antifascistes. Une « altercation violente » a suivi, durant laquelle le jeune homme a été frappé à plusieurs reprises.
« Il y a eu des échauffourées et une rixe entre des militants d’extrême droite et d’extrême gauche », indique une source proche de l’enquête, notant que de tels incidents se produisent « très régulièrement » sur le campus de l’Université Lyon 2 et devant l’IEP. Les policiers sont intervenus une première fois, entraînant la dispersion des participants.
Alice Cordier a dénoncé des membres de la Jeune Garde, un collectif antifasciste lyonnais, créé en 2018 et dissous le 12 juin 2025 pour des « agissements violents » répétés. Elle a identifié un agresseur, « un homme du nom de Jacques Elie Favrot, collaborateur du député LFI Raphaël Arnault et actif au sein de la Jeune Garde ».
**Que faisait la victime à cet endroit ?**
Quentin, la victime, a été décrit comme un « proche du collectif identitaire Nemesis », faisant partie de son service d’ordre informel. Il se trouvait là pour assurer la sécurité des militantes présentes devant l’IEP, selon Alice Cordier.
Accompagné d’un ami d’une vingtaine d’années, également légèrement blessé, il aurait tenté de fuir « pour se mettre à l’abri » après la rixe, avant d’être pris en charge par les pompiers. Cet autre jeune homme, âgé de 22 ans, a subi des blessures mineures. D’autres sources évoquent des traumatismes crâniens graves chez Quentin.
« À ce stade, le contexte et les circonstances de ces faits doivent être déterminés », a précisé le parquet dans un communiqué, soulignant que l’enquête a été confiée à la Direction interrégionale de la police.
Quentin est actuellement hospitalisé et son état est critique. « Il se trouve dans un état désespéré après avoir été passé à tabac par une dizaine d’individus », a déclaré son avocat, Fabien Rajon.
**Quelles sont les réactions ?**
« Une enquête a immédiatement été ouverte par le parquet de Lyon du chef de « violences aggravées ». À ce stade, le contexte et les circonstances de ces faits doivent être déterminés », a indiqué le parquet à l’AFP, en soulignant que l’enquête a été confiée à la Direction interrégionale de la police. « La thèse de la simple « rixe » entre deux groupes rivaux ne semble pas correspondre à la réalité des faits : il s’agirait plutôt d’un lynchage gratuit de la part de plusieurs individus, en surnombre et armés, qui se seraient acharnés sur la victime isolée », a affirmé l’avocat Fabien Rajon.
Rima Hassan, eurodéputée LFI, a condamné « fermement » des « faits extrêmement graves et inacceptables ». Le maire écologiste de Lyon, Grégory Doucet, a également condamné « avec la plus grande fermeté la rixe d’une extrême violence qui s’est déroulée à Lyon. Rien ne peut justifier de tels affrontements », a-t-il déclaré.
Le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, a imputé l’agression à La Jeune Garde, qualifiant l’impunité de l’extrême gauche de « doit cesser ». Marine Le Pen a demandé au gouvernement de considérer les « milices d’extrême gauche » comme « des groupes terroristes ».
Le député Manuel Bompard, coordinateur de LFI, a lui aussi condamné « avec la plus grande fermeté toute violence physique », affirmant qu’aucun membre de l’équipe de Rima Hassan ou de son parti n’avait « eu de contact avec les groupuscules fascistes qui ont tenté de perturber » sa conférence. « Personne ne doit perdre la vie pour ses idées », a-t-il ajouté.

