Tunisie

Le projet “La Tunisie vers 30×30” : de quoi s’agit-il ?

Le projet “La Tunisie vers 30×30” a été officiellement lancé vendredi par le Centre de Coopération pour la Méditerranée de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN Med) et le Centre d’Activités Régionales pour les Aires Spécialement Protégées (SPA/RAC). D’une durée de trois ans et demie (2026-2029), le projet accompagnera la Tunisie dans le renforcement d’un réseau cohérent d’aires protégées juridiquement reconnues et efficacement gérées.


Le projet « La Tunisie vers 30×30 », qui a pour objectif de renforcer et d’élargir le réseau des Aires Marines et Côtières Protégées (AMCP) en Tunisie, a été officiellement lancé vendredi par le Centre de Coopération pour la Méditerranée de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN Med) et le Centre d’Activités Régionales pour les Aires Spécialement Protégées (SPA/RAC).

Au niveau national, le ministère de l’Environnement, qui est un membre du gouvernement de l’UICN, ainsi que l’Agence de Protection et d’Aménagement du Littoral (APAL), auront la responsabilité de coordonner la mise en œuvre de ce projet.

Cette initiative a pour but d’accélérer la contribution nationale à l’objectif 30×30 du Cadre Mondial pour la Biodiversité, qui consiste à protéger au moins 30 % des terres, des eaux douces et des océans de la planète d’ici 2030.

Le projet prévoit d’identifier et de sécuriser des zones à haute valeur biologique et écologique en Tunisie pour établir les bases de nouvelles aires protégées potentielles, tout en améliorant l’efficacité de la gestion des sites existants. Il cherche également à promouvoir l’autonomie des communautés locales et à assurer la participation de la société civile aux objectifs de conservation.

S’étendant sur une durée de trois ans et demi (2026-2029), le projet aidera la Tunisie à renforcer un réseau cohérent d’aires protégées reconnues légalement, gérées efficacement et intégrées dans leur contexte socio-économique.

La Tunisie possède une biodiversité marine et côtière riche qui contribue à la résilience côtière, à la pêche et aux moyens de subsistance locaux. Actuellement, la couverture des aires protégées est inférieure à 3 % de son territoire marin, laissant la Tunisie avec un potentiel considérable pour renforcer son réseau de protection et contribuer à l’objectif 30×30 du Cadre Mondial pour la Biodiversité.

Les aires protégées sont essentielles pour les stratégies de conservation de la biodiversité, en particulier dans le cadre de la Stratégie et du Plan d’Action Nationaux pour la Biodiversité (SPANB) 2018-2030, qui sont alignés sur le Cadre mondial pour la biodiversité de Kunming-Montréal. La cible nationale établie dans le SPANB vise à renforcer le réseau des AMCP pour améliorer leur couverture territoriale, par la création de nouvelles aires d’intérêt écologique et de diversité biologique élevée. Cette action sera accompagnée de l’élaboration de plans de gestion pour toutes les AMCP existantes afin d’en assurer le suivi et l’évaluation.

La Tunisie compte un nombre significatif d’aires protégées marines ou des zones gérées ayant une composante marine (18 sites). La plupart d’entre elles sont classées sites Ramsar (15 sites), tandis que trois sont désignées Aires Spécialement Protégées d’Importance Méditerranéenne (ASPIM). De plus, six sites sont en cours de création en tant qu’AMCP : les îles Kneiss, l’archipel de La Galite, les îles Kuriat, Zembra et Zembretta, les Ilots nord de Kerkennah et Ras R’mel à Djerba.

À cette occasion, une convention de partenariat a été signée entre le SPA/RAC, l’UICN Med et le WWF Afrique du Nord, marquant le début opérationnel du projet et renforçant une coopération stratégique en faveur de la biodiversité marine tunisienne.