Tunisie

Ils vendent la poudre, nous ne défendons pas l’avenir !

Le Président Kaïs Saïed a affirmé que « protéger l’élève, c’est protéger la nation en devenir » face à la propagation des stupéfiants dans et autour des écoles. Le Chef de l’État a également évoqué le phénomène de « l’analphabétisme masqué », soulignant que cette incapacité à penser librement contribue à la vulnérabilité face aux dépendances.


I. Il existe des luttes qui exigent un engagement total et immédiat. Celle qui s’engage aujourd’hui contre la drogue au sein de nos écoles fait partie de ces urgences où la décision politique devient un impératif. Face à la propagation insidieuse des stupéfiants dans et autour des établissements scolaires, le Président Kaïs Saïed a tiré la sonnette d’alarme : protéger l’élève, c’est protéger la nation en construction.

La drogue n’est pas seulement un poison chimique ; elle agit comme un agent de décomposition sociale. Elle ne détruit pas seulement les corps adolescents, elle altère les consciences, fragilise les familles et fissure le tissu collectif. Là où l’école devrait être un sanctuaire de connaissance, certains réseaux, sans honte ni scrupule, ont tenté d’ériger leurs comptoirs de déchéance. Il était nécessaire de désigner l’ennemi et de le confronter. C’est désormais fait.

Cependant, l’originalité de cette approche réside dans le refus de limiter la réponse à une simple dimension sécuritaire. Bien sûr, les patrouilles doivent être visibles, constantes et dissuasives. Certes, les grands trafiquants doivent être traqués, identifiés et neutralisés. L’État, dans sa mission régalienne, doit faire preuve de fermeté. Toutefois, le maintien de l’ordre public ne saurait être suffisant si l’ordre intérieur — celui des esprits — reste vulnérable.

Consacrer quotidiennement un temps pédagogique à la sensibilisation aux dangers de la drogue n’est pas un simple détail administratif : c’est une stratégie de civilisation. L’antidote véritable ne réside pas seulement dans la confiscation des cargaisons, mais dans la formation du jugement, l’apprentissage du discernement et la réhabilitation de l’éducation civique comme repère moral.

Le rappel de l’importance stratégique du secteur éducatif n’est pas anodin. Une erreur dans l’enseignement se paie sur deux décennies ; une génération mal accompagnée devient une génération vulnérable. L’« alphabétisme masqué » mentionné par le Chef de l’État — cette incapacité à penser librement malgré l’accès aux mots — constitue un terreau fertile pour toutes les dépendances, y compris celles liées aux drogues. Là où l’esprit n’est pas préparé, le poison prospère.

Il incombe désormais aux ministères concernés de maintenir la vigilance. Ouvrir un front est une chose ; le maintenir en est une autre. Nos enfants ne sont ni des statistiques ni des dommages collatéraux des économies criminelles transnationales. Ils incarnent la promesse tunisienne. Et toute politique digne de ce nom commence par honorer ses promesses.